22 octobre 2008

Sinfin

Au Concours International des Vins de Séville (CINVE), auquel j'ai été convié comme juré, les vins sud-américains étaient très bien représentés. J'ai notamment pu y faire la connaissance d'une bodega argentine au nom évocateur: Sinfin.

Sinfin, c'est le nom espagnol de la vis sans fin, qui pousse le raisin hors des conquets de réception. Mais c'est aussi et surtout, au second degré, un fameux engagement, une recherche d'absolu.

Pour une fois, le slogan trouve un écho dans le vin.

J'ai surtout apprécié le "Sinfin Guarda" Cabernet Sauvignon 2005.

Comme je n'ai pas visité le domaine (c'est un peu trop loin pour un week-end), je m'en remets à la fiche technique; celle-ci nous dit qu'il s'agit de vignobles d'altitude (1050m), à Tupungato, dans la province de Mendoza. Vendanges manuelles, élevage en cuves inox puis 8 mois en fûts de chêne, dont 50% de chêne français... Rien de surprenant, mais à l'arrivée, un vin d'une exceptionnelle élégance.

La bouche est bien mûre, mais pas confiturée, les fruits rouges sont abondants, mais frais - j'ai perçu surtout de la framboise et de la groseille. Ils tapissent aussi la bouche, enrobés de tannins très suaves et d'épices (poivre gris, herbes de la garrigue, à défaut d'hierba maté); en finale apparaissent quelques notes discrètes de vanille, mais qui ne masquent pas le vin. Et cette finale est vraiment presque... sin fin.

Ce qui frappe, dans ce seigneur des Andes, c'est l'improbable équilibre entre délicatesse du fruit et puissance de la structure. De la belle ouvrage, vraiment, un réglage au millimètre de la part de l'équipe de vinification!

La bodega propose aussi un malbec, assez expressif, mais un tantinet plus rustique.

 

sinfin

07:54 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

19 octobre 2008

Brave New World of Wine

Une étude réalisée par le marchand de vin londonien Berry Bros & Rudd s'intéresse à l'avenir du secteur vin dans le monde, et plus précisément, à l'horizon 2058. Si certaines conclusions semblent logiques, d'autres étonnent...

Ainsi, selon cette étude, en 2058, le n°1 du vin en termes de volume produit sera... la Chine.

D'autres pays émergents devraient jouer un rôle majeur dans cette nouvelle planète vin, comme l'Ukraine, la Pologne ou la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, les grands producteurs actuels auront certainement délocalisé leur production vers de nouvelles régions moins chaudes.

Pas étonnant, compte tenu de ces bouleversements annoncés, que l'origine des vins passe au second plan. Le facteur déterminant de l'achat de vin, en 2058, sera la marque (à l'image de ce que l'on observe aujourd'hui dans les cigarettes ou les soft drinks).

Côté contenant, le plastique aura certainement remplacé le verre, trop fragile et trop couteux.

Parmi les grands enjeux futurs, on trouve aussi l'"amélioration génétique" des cépages, qui devrait permettre de mieux répondre à la demande de nos successeurs, notamment en ajoutant des arômes nouveaux au vin.

Pas sûr que nous trouvions notre place dans ce nouveau monde du vin, mais bon, en 2058, à moins d'une formidable "amélioration génétique" de nos propres cellules, le problème ne nous concernera plus guère...

 

 

09:51 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |