21 décembre 2008

Métaux lourds, étude légère?

 

home_haut

 

Je reçois ce jour de Fabrice Delorme, le dynamique président de l'association "Les 4 Vérités sur le Vin", ce texte pour le moins interpellant, notamment en ce qui concerne la compétence de la gent journalistique (ou sa crédulité):

"Selon une étude* largement reprise par les médias et sur Internet, les vins français seraient contaminés par des métaux lourds. Or, en y regardant d'un peu plus près, il s'avère que cette étude est loin d'être fiable. Des membres de l'association "Les 4 véritéssur le vin" ont mené l'enquête."

Un certain nombre de commentateurs en ont profité pour laisser entendre ou simplement écrit que les bienfaits sur la santé d’une consommation modérée de vin étaient donc annulés par cette contamination. Notre groupe Les 4 vérités sur le vin a été alerté par plusieurs bizarreries dans cette étude et a voulu en savoir plus.
Fidèle à notre méthode, nous avons voulu savoir si cette étude avait été publiée dans une revue scientifique répondant à nos critères d’Impact Factor (IF) de 5 000 et faisait partie des 10 premières revues dans sa spécialité ; or cette revue, qui ne publie qu’en ligne, n’est pas encore classée, elle est sans Impact Factor car créée en 2007.
Comme l’étude est en fait une méta-analyse (étude de plusieurs autres études), nous sommes allés voir comment étaient classées les études qui ont servi de base de recherche.
Pour faire simple nous nous sommes contentés d’étudier les trois études qui scrutaient les vins français.
Aucune de ces études n’avait été publiée dans une revue avec un Impact Factor d’au moins 5000 et aucune ne faisait partie du premier décile.
Malgré tout, nous avons continué à chercher en nous disant qu’il fallait tout de même voir comment avaient été faites ces études et quels étaient leurs résultats.
Nous avons été très surpris de voir qu’une des deux études qui parlait de vins non effervescents (aussi appelé tranquilles dans le jargon de la profession), l’étude slovaque, avait établi ses conclusions sur 3 vins blancs achetés dans un magasin à Bratislava: on ne pourra pas dire qu’il s’agisse d’un échantillon représentatif de la production viticole française.
La deuxième étude, espagnole celle-ci, avait étudié les effervescents espagnols et français, et la méthode utilisée ainsi que l’instrument de mesure portent fortement à caution.
La troisième étude est une étude portugaise où les vins français tranquilles étudiés et contaminés au plomb avaient été produits avant 1992, date à laquelle les capsules de bouchage au plomb ont été interdites justement à cause de ce risque même, les chercheurs portugais s’excusant d'utiliser de si vieilles analyses.


Conclusion 1 : au final, toutes nos craintes se sont avérées fondées : cette étude sur les métaux, en plus du parti pris de ne prendre que les vins de l’ancien monde (aucun vin des USA, Australie, Afrique du Sud ou Argentine !) n’est vraiment pas réalisée avec un protocole sérieux et les conclusions sont tout sauf fiables.


Conclusion 2 : les organes de presse anglo-saxons n’ont rien gagné à diffuser une information si peu fiable, quant aux organes de presse et blogs français ils n’ont pas brillé par leur prudence (une étude qui stigmatise seulement les vins de l’ancien monde ça ne vous parait pas curieux, Mesdames et Messieurs les journalistes ?)


Conclusion 3 : il serait temps de l’avouer : une étude dite scientifique peut tout à fait manquer de sérieux voire être de parti pris, il serait judicieux d’adopter une grille de hiérarchisation des études, le groupe Les 4 vérités sur le vin en propose une pour tout ce qui peut avoir une relation avec la santé humaine : publication dans une revue avec IF de 5 000 au moins et qui figure dans le 1er décile de sa spécialité ; autant être très exigeant quand il s’agit de santé humaine.


Conclusion 4 : le thème santé est repris par tous les groupes français de l’agro-alimentaire (en particulier les groupes laitiers), sauf par ceux qui veillent sur la réussite de la filière vin, bien sûr. C’est dommage pour la viticulture qui a pourtant là un support de communication de très grande qualité.


Conclusion 5 : nous aurions été bien inspirés de consulter les spécialistes mondiaux des aspects vin et santé (Curtis Ellison, Serge Renaud, Dominique Lanzmann et Joël de Leiris) au lieu de laisser la rumeur enfler sur les vins français, si vous voulez avoir une idée de celle-ci: faites une recherche Google ou Yahoo avec les mots clés suivants : vins français+métaux lourds. Le bruit fait autour de cette étude est vraiment dommageable pour les vignerons français.


Conclusion 6 : on peut continuer à consommer de façon modérée du vin français et profiter de ses bienfaits sur la santé ! Nous vous invitons à consulter nos cahiers et notre blog pour avoir plus de précisions sur ce dernier point http://web.mac.com/quatreverites


                                                                                                    Fabrice Delorme


* Référence de l’étude : Naughton DP, Petroczi A. "Ions de métaux lourds dans le vin: une méta-analyse de quotients de risque ciblés révèle des risques pour la santé".

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

16 décembre 2008

France vs California

In Decanter, recently, the Californian Wine Intitute director's made this interesting comment:

'The Californians do very well what the French don't do very well, which is to find out what the customer wants.'

This rings so true. But what could possibly do the Californians, except market their wines the best they can to please the average consumer, when so few people know of their vineyards, their history, their values? If they have any. Which does not mean that their sales increase in the UK is not impressive.

But Decanter readers are not really into £3-£8 wines, are they?
So I'll stick to the "bad marketing" of the French (or Italians, for that matter), whose range is so diverse that I can always find a wine to suit my tastes. They don't have to market them for me, I like them the way they are, I'm glad I can still be surprised by such an old-fashioned "offer". And wines made by winemakers the way they believe the wines should be, reflecting their soils and traditions, not the way I want them.

And what would I want? Life is too short to drink one kind of predefinite wine with one kind of "suitable" dish... I don't buy "good-for-pasta" wines, nor Fat Bastard wines (see, some French do "market' their wines, but not always the best). "A bon vin point d'enseigne?"

But of course, I do not shop at Tesco's or Asda's, where wine must sell itself, fit in categories, answer a specific demand, address a specific customer base, with appropriate labels. There, a kangaroo  has more impact than a cru.

It takes all kinds of customers to make a wine market!

09:33 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |