04 mars 2009

Ensemble, défendons la culture du vin!

Depuis quelques années, en France, le produit «vin» subit une campagne de dénigrement systématique. Des lobbys anti-alcool puissants se sont assuré le soutien de relais importants au sein du ministère français de la Santé et même de la presse.

Ils ne reculent devant rien pour faire triompher leur prétendue vérité.
Alors qu’une loi est actuellement à l’étude au Parlement français, qui pourrait encore compliquer la communication des producteurs de vin, en interdisant notamment les dégustations gratuites sur le lieu de vente, et alors que le sort de la presse du vin n’est toujours pas tranché, une des têtes de cette hydre prohibitionniste, l’Institut National du Cancer (INCa), vient de lancer une nouvelle bombe.
S’appuyant sur un rapport datant de deux ans, mais exhumé fort opportunément, l’INCa proclame à qui veut l’entendre – et la presse française s’en fait complaisamment l’écho, «que la consommation quotidienne, même modérée, d’alcool, est celle qui présente le plus de risques. Et qu’à aucune dose, aussi minime soit-elle, l’alcool n’induit un quelconque bénéfice».
Dans le même temps, la Ministre française de la Santé entend interdire la vente de toute boisson alcoolisée aux mineurs, même sous la surveillance de leurs parents, ce qui pose le problème de l’éducation au vin, et puis généralement, à l’alcool. On notera que le vin est très rarement la boisson prisée par les jeunes en mal de «défonse» alcoolique.

Une chose est de s’indigner de ces manœuvres. Une autre, plus constructive, est de réfuter l’argumentation des prohibitionnistes, sur la base de données scientifiques. C’est ce qu’ont fait, notamment, nos confrères de Decanter, en donnant la parole à un des grands spécialistes du sujet, Roger Corder, Professeur au William Harvey Research Institute de Londres, et auteur de «The Wine Diet».

Des arguments contre l’étude mise en avant par l’INCa, le  Professeur n’en manque pas.
«Ce rapport ne s’appuie pas sur des données françaises, il agglomère des données récoltées un peu partout dans le monde. De plus, il s’intéresse à l’alcool en général, et non au vin en particulier. On ne peut baser une politique publique de santé sur des telles recherches, faute d’une analyse détaillée de l’influence des habitudes de consommation des différentes boissons alcoolisées. D’autant plus que l’on exclut du champ d’étude des éléments comme le tabagisme et la qualité de l’alimentation. Bon nombre d’études ont été réalisées sur ce thème, et c’est la première fois que j’en vois une qui aboutit à une conclusion aussi catastrophiste sur les risques d’une consommation modérée. Cet organisme est pourtant bien placé pour savoir qu’on ne peut baser des conseils de santé que sur des analyses statistiques prenant en compte tous les risques. A l’inverse, toutes les études à grande échelle ont mis en évidence qu’une consommation modérée de vin était associée à une moindre mortalité pour toutes sortes de causes, et notamment le cancer et les maladies cardio-vasculaires».

Autre pièce à verser au dossier, cette déclaration de Xavier de Volontat, rresponsable du mouvement coopératif français: «La consommation de vin a diminué de moitié sur les 20 dernières années en France, mais le cancer, lui a progressé.» Une démonstration par l’absurde de ce que les Américains appellent le «French Paradox».

Enfin, on rappellera que l’interdiction aboutit souvent à l’inverse du but recherché – la Prohibition américaine l’a prouvé. L’interdiction légale, qui déresponsabilise les éducateurs (au premier rang desquels les parents) dans leur rôle d’éducation à l’alcool, est contre-productive. Sans compter qu’un Etat qui respecte les libertés individuelles n’a pas pour vocation de penser à la place des citoyens ni de leur imposer les vues de quelques-uns, fussent-ils des mieux intentionnés – ce qui reste à prouver.

Qu’on ne s’y trompe pas, cette entreprise de démolition ne concerne pas que la France. Des lois entendent encadrer toujours plus strictement la consommation d’alcool –et donc de vin– dans bon nombre de pays du monde, et des projets sont à l’étude dans bon nombre d’autres pays. Elles s’appuient pour la plupart sur des études tronquées, ou qui mélangent vin et alcools forts. Elles s’appuient aussi sur la peur et le fameux principe de précaution, qui peut servir à justifier tout et son contraire.



Je pense qu’une information honnête sur ce sujet mérite d’être diffusée de la manière la plus large possible, et qu’il est urgent de proposer une réponse concertée à ces attaques.

C’est pourquoi, chers amis blogueurs, je vous demande, si vous en avez la possibilité

1° de diffuser tout ou partie de cette chronique (ou au moins d'insérer un lien) au travers de vos propres blogs

2° de la compléter par vos propres réflexions, ou de celles de vos amis

Nous n’avons comme armes dans cette véritable guerre de l’information que la logique, le bon sens, la vérité. Ce sont des armes qu’il convient d’utiliser à bon escient. Il n’est pas question  de recommander une consommation immodérée d’alcool et notamment de vin. Ni de nier les méfaits d’une consommation déraisonnable, ou encore les risques d’une consommation à des moments inappropriés, notamment sur la route.

Vous le savez si vous lisez ce blog, j'ai à cœur de défendre une culture, tout autant qu’un produit, et cette culture sous-entend une consommation responsable. La presse vineuse n’a pas vocation à développer les volumes de ventes de vins, ni même le nombre de consommateurs ; en bon journaliste, je souhaite voir se développer la qualité du produit auquel nous nous intéressons, et la connaissance de ceux qui l’apprécient. Je souhaite aussi que sa consommation s’insère harmonieusement dans la vie des consommateurs. Et que soit respectée leur liberté de consommer en connaissance de cause.

J'espère pouvoir continuer longtemps à défendre la culture du vin. C’est pourquoi je vous demande aujourd’hui votre aide.

06:35 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin, france | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |

03 mars 2009

Mieux vaut saoul...

A Oussouye, en basse Casamance (Sénégal), était organisée voici quelques jours la 4ème fête du vin. Vin de palme, s'entend, puisque c'est la production locale. La cérémonie d'ouverture du festival a réuni autorités politiques, administratives et militaires du département, notables de toutes sensibilités religieuses et un public nombreux dans les jardins de la Mission catholique.

Outre ce bel oecuménisme autour du vin, ce qui a attiré mon attention, c'est un des slogans affichés à Oussouye: "C’est mieux d’être saoul que con, ça dure moins longtemps".

Ah, la sagesse africaine...

Plus d'info: www.oussouye.org

 

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06:57 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |