04 avril 2009

Vin et Santé : une nouvelle étude favorable à une consommation modérée

Fort à propos, la Sopexa me fait parvenir ce communiqué plein d'espoir...

"Une récente étude* publiée dans le numéro de mars de la revue américaine Gastroenterology démontre qu'une consommation modérée de vin offre une protection contre l'oesophage de Barrett, une complication du reflux gastro-oesophagien chronique qui prédispose au cancer de l'oesophage. Les sujets qui consomment entre 7 et 14 verres de vin par semaine diminuaient respectivement de 19 et 56% le risque de développement de la maladie.

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Bon appétit... et santé!

 

Cela n'est pas sans rappeler le fameux French paradox. Concept né il y a près de vingt ans lorsque statisticiens et cardiologues ont souligné la relation entre une consommation régulière et modérée de vin et la diminution des risques cardio-vasculaires. Le phénomène a été baptisé ainsi, essentiellement parce qu'en France, en dépit de facteurs de risque identiques, le nombre d'accidents cardiaques est l'un des plus faibles de tous les pays industrialisés. Une énigme qui, pour certains chercheurs, trouve son explication -entre autres- dans la culture française du vin...

Précisons néanmoins que cette étude américaine montre aussi qu'une consommation d'alcool au-delà des 2 verres par jour, accroît de 44% les risques de développer la maladie".

*L'étude a été menée par Kaiser Permanente à Oakland (Californie) auprès de 953 patients hommes et femmes qui ont été interrogés sur leurs habitudes de consommation de boissons alcoolisées.

10:20 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 mars 2009

De la déontologie et autre signes extérieurs de richesse morale

La semaine dernière, j’ai assisté à une conversation fort édifiante entre deux confrères étrangers à propos de la publicité dans les revues de vin. L’un des deux protagonistes indiquait qu’il avait obtenu un budget d’une région de production, mais sans contrepartie visible dans son magazine. Le client lui avait demandé de publier un dossier sur les vins de sa région, mais lui laissait carte blanche quant à la rédaction, ne demandant aucun droit de relecture. Belle preuve de désintéressement!

Mon deuxième confrère semblait pourtant sincèrement outragé. Pour lui, cette publicité masquée était pire que la publicité visible – même si elle ne donnait lieu à aucune dérive rédactionnelle. Pardon, se faire payer pour le choix d’un dossier, pour lui, c’était déjà une dérive.
Il faut dire que notre homme est un puriste. Il est d'une grande rectitude morale; il réprouve les compromissions en général, et la publicité en particulier. C’est son droit.

 

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Photo: Wikipedia

Cette discussion m’a interpellé, comme on dit dans les commissariats. C’est que la vérité est un peu des deux côtés. Je connais bien le magazine dont il était question, et c’est tout sauf un vendeur de soupe pour annonceurs.
Mais je constate aussi qu’il n’est pas le plus favorisé en matière de financement, ces derniers temps. Sans doute en bonne partie à cause de son intégrité. Ce qui, par voie de conséquence, entraîne une moindre agressivité commerciale.
Mais à moins de multiplier par dix ou quinze le prix de ses abonnements – ce qui lui ferait perdre tout son lectorat -  je ne vois pas comment il pourrait se passer de la publicité.

Je ne peux m’empêcher de regarder ce qui se passe dans certaines revues concurrentes, qu'elles soient nationales ou internationales, qu'elles soient indépendantes ou appuyées sur un grand groupe de presse - et donc à une grosse régie publicitaire.

Toutes ne sont pas sur la même ligne.
Dans certaines, chaque article où presque consacré à une appellation ou un domaine donne lieu à un placard publicitaire. "Et pourtant, elles tournent !" Je veux dire, ces revues ne semblent pas souffrir d’une désaffection de leur public.

Dans d’autres, au contraire, le flux de publicités est tel (pour des vins de prestige, mais aussi pour des voitures, des montres ou autres articles liés à une clientèle aisée) que la rédaction peut se permettre le luxe (c'est le cas de le dire) d’une totale indépendance. Il n’y a pas de règle.

La déontologie journalistique est une très belle chose en soi, et ce n’est pas moi qui inviterai à y renoncer. D’un autre côté, comme disait Brel, « Le monde est plein de polissons ».
A titre personnel, certains collègues n’hésitent pas à se faire payer pour cautionner tel ou tel vin, commentaires à l’appui. En admettant même que leurs commentaires de ces vins soient sincères, de quelle crédibilité disposent-ils encore par rapport aux marques qui les paient, et par rapport à la concurrence ?
Le journaliste est comme la femme de César, le soupçon, c’est déjà trop.

Mon propre parcours professionnel, dans d’autres secteurs de l’édition, m’a fait côtoyer de près le monde publicitaire. J’en ai gardé une grande méfiance pour l’influence de l’argent sur la presse. Combien de fois ai-je dû expliquer à des annonceurs potentiels que les lecteurs demandaient d’un article sur eux la plus grande part de vérité, et non le profil le plus avantageux ? Je n’ai pas toujours été convaincant, j’ai dû parfois accepter des compromis. Mes collègues de la publicité ne m’en ont pas toujours été reconnaissants, et le soutien de mes lecteurs n’a pas été déterminant. Bref, j’ai changé de voie, et je m’en félicite tous les jours. Mais je connais trop bien l’envers du décor, le côté obscur de la force financière, pour me satisfaire de belles déclarations.

Les lecteurs soupçonnent sans doute une influence diffuse de l’économie sur la presse, ils sont loin d’en connaître toute l’étendue, et c’est peut-être bien ainsi. Les blogs s’en tirent mieux, parce qu’il ne coûtent rien à produire, mais ils ne rapportent rien non plus. On ne peut donc pas en vivre.

Bref, je trouverais dommage que par intégrisme (l’intégrité poussée jusqu’au vice, en quelque sorte) un magazine respectable ne disparaisse quand d’autres moins regardants prospèrent, ou en tout cas, survivent, non seulement aux difficultés économiques, mais même aux soupçons de bidouillage publicitaire. En l'espèce, je plaiderai donc pour un peu de souplesse. Etre une revue respectée, c'est bien, mais pas au risque d'être une revue délaissée. La pub, c'est un peu comme l'amour chez Maupassant: les femmes qu'on admire ne sont pas forcément celles avec lesquelles on a envie de coucher.

A dessein, je n’ai pas cité de titre. Non que j’ai peur de le faire, mais parce que ce n’est pas mon propos de donner à tel ou tel un brevet d’honnêteté, ou de le retirer à d’autres.
Ceux qui ont vendu leur âme n’ont que faire de ma "bénédiction".

06:32 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |