10 juin 2009

Marianne Fischer Price

Eric Boschman nous donne son avis sur la querelle du rosé. Avec lui, ça gratte toujours là où ça fait mal...

 

Et ben voilà, on a gagné, on a gagné, on a gaaaaaaagnéééééééé ! 

Moi je dis, quel talent, quelle pression dans les bars, personne te pousse à boire, chacun fait ce qui lui plait. Grâce aux grognements de milliers de vignerons, d’instances dirigeantes, de syndicalistes en colère, de journalistes et chroniqueurs, l’ignominie a reculé. Le spectre de l’immonde coupage est repoussé aux calendes grecques. Au minimum. C’est con, j’ai les lèvres gercées en ce moment parce que sinon je sonnerai bien un ou deux coups de clairons à la victoire.

Heu, quelle victoire, au juste Auguste ? Ben celle de la démocratie, de la vox populi contre les ignobles eurocrates bruxellois pondeurs de règlements obscènes. C’est le moment de relire Queneau pour savoir que mon cul c’est du poulet. Parce que cette histoire de rosé, c’est le roseau qui cache la forêt. Où se situe le problème? C’était quoi cette histoire de rosé, d’abord?

En deux mots, dans le cadre de la nouvelle organisation des marchés vinicoles, il aurait été possible de mélanger des vins rouges et des vins blancs afin de fabriquer des rosés. Arghhhh, arrière, vade retro Satanas, et quoi encore ? Ben oui, en Champagne par exemple, comment élabore-t-on le rosé d’après vous ? Aie, et dire que d’aucuns sont persuadés qu’il ne serait pas possible de «fabriquer» de bons rosés en coupant le vin. Moche pour le marketing champenois, en fait. Le problème du coupage est un problème philosophique, pas technique. C’est plus une question de volonté.

Ou l’on accepte l’idée que le vin soit un produit alimentaire comme les autres, entre la limonade et le lait enrichi aux vitamines ou pas. Un truc, un machin, que l’on pourra formater en dépit des circonstances climatiques, organiques, biologiques et j’en passe et des meilleures. Certes, un tas de vins dans le monde sont déjà «construits» pour correspondre au monstre du Loch Ness que l’on nomme le goût du client. C’est comme ça que l’on imagine les vins du «Nouveau Monde», en fait. Techniquement parfaits et basta.

Mais les vins du Nouveau Monde ne viennent pas qu’en dehors d’Europe. Ils viennent de partout, même de chez nous. La question se trouve dans ce que nous voulons que nos vins soient. Sommes nous prêts à aimer des choses un rien plus complexes, un rien plus chères parfois, à nous cultiver un peu pour comprendre un peu plus plutôt que de formater, d’industrialiser, d’interdire et de réglementer à qui mieux mieux ? C’est une vaste question. Bien plus profonde et grande que de savoir si le rosé doit être coupé, comme disait mon ami le Rabbin.

Eric Boschman

19:08 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Power List

Je ne peux m'empêcher de réagir à la dernière "Power List" du magazine Decanter, qui classe les 50 personnalités les plus influentes du vin.

Passons sur la vision très anglo-saxonne du monde et le côté "Tableau d'Honneur". On peut discuter la place de tel ou tel, mais plus fondamentalement, ce besoin de tout classer, de donner des points, des étiquettes, cela me gonfle. Je ne sais si c'est anglais ou américain (sans doute pas, puisque la RVF nous a gratifiés d'un classement similaire il y a quelques mois); mais pour moi, c'est hors de propos.

Et puis, voir apparaître Nicolas Sarkozy et Angelo Gaja dans le même "classement", c'est à pleurer. On peut penser ce qu'on veut de Gaja, mais au moins, il fait du vin.

Je songeais à lancer un Club des Cons du Vin, mais je crois que je vais renoncer. J'avais déjà énormément de candidats possibles dans la sphère de la production et de la communication, mais si je dois rajouter les politiques, alors là, je ne pourrai plus gérer.

Bon, quand est-ce qu'on parle vraiment du vin?

 

 

10:12 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |