16 juin 2009

Quinta de Roriz change de mains

C'est une petite révolution pour le Douro; la célèbre Quinta de Roriz, dans les mains de la famille Van Zeller depuis 6 générations, vient d'être cédée par Joao van Zeller à une autre grande famillie du Porto: les Symington. Ceux-ci étaient déjà partenaires de Roriz depuis 1994.

Les Symington ont de grandes ambitions pour cette quinta historique, fondée avant même la fameuse démarcation de la dénomination Porto. Non seulement en ce qui concerne les Portos (Quinta de Roriz et Prado de Roriz), mais aussi pour le vin non mûté. Le Douro haut de gamme de Symington, Chrysea, élaboré en collaboration avec Bruno Prats, sera dorénavant issu des raisins de Roriz.

Anecdote amusante: les Symington sont d'origine écossaise; tout comme le fondateur de la Quinta de Roriz, Robert Archibald. Slainthe!

 

Quinta de Roriz

11:06 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 juin 2009

Olif et la RVF

C'est un scoop: Olif, mon confrère blogger du Blog d'Olif a acheté la dernière RVF. Et, même, il l'a lue!

Vous pouvez lire son commentaire sur http://www.leblogdolif.com

Ca déménage, comme on dit chez Fedex! Notamment quand Olif relève une certaine forme de condescendance de la RVF vis-à-vis des bloggers - comme ceux invités aux agapes vineuses des dernières Primeurs, par exemple.

Moi qui suis assis entre deux chaises, celle du journaliste de presse papier et celle du blogger assidu, je compte les points tout en essayant de garder mon équilibre instable. Notez bien qu'il m'étonnerait fort que la RVF daigne répondre à Olif. Question de standing.

Mais au risque de déplaire à mes confrères de la presse papier: Olif a raison. On ne reviendra jamais en arrière, la blogosphère a ouvert la critique vineuse bien au-delà des medias traditionnels. Rien ne sert de se draper dans un quelconque statut.

Nos commentaires ne sont pas forcément meilleurs parce qu'il sont imprimés, ni parce que nous avons une carte de presse. Il faut voir comment certains journalistes du vin en sont arrivés là! Passer de la rubrique politique ou des chiens écrasés à la critique des grands crus, oui, c'est possible. Mon confrère Alain Leygnier me racontait même il y a quelques semaines qu'en France, les gros bataillons de la critique vineuse étaient issus des purges anti-collaborationnistes des rédactions de l'après-guerre. Travail, Famille, Terroir...

Je me souviens encore avec délectation d'un commentaire de dégustation paru dans un journal très respectable, sous la plume d'un journaliste politique reconverti (mais comme c'est beaucoup plus récent, le Maréchal n'y est pour rien): "Nous avons pu déguster les meilleurs cépages d'Espagne, le tempranillo, la garnacha et la crianza".

En définitive, les seuls véritables atouts que nous avons, nous autres dégustateurs professionnels, sur les bloggers amateurs, c'est de pouvoir déguster souvent, de voyager, de pouvoir comparer, de nous former en travaillant, et sans payer nos bouteilles. Mais un mauvais palais reste un mauvais palais, une mauvaise plume reste une mauvaise plume, un con reste un con, oui, même avec beaucoup d'entraînement. Bref, à bas les faux dieux, les gourous, les maîtres à penser! Notez qu'il a aussi des bloggers pontifiants, personne n'a l'exclusivité de la vanité.

Moi aussi, à mes heures, je lis la RVF - j'ai même parcouru son dernier supplément Oenotourisme - assez léger, en vérité. Et j'en tire une belle phrase de Chapoutier qui dit en substance que "Comme on n'a pas besoin d'être gynécologue pour faire l'amour, on n'a pas besoin d'être oenologue pour apprécier le bon vin". Je complèterai: on n'a même pas besoin d'un Lalau pour savoir quel vin on aime.

N'y voyez aucune fausse modestie. Juste du respect pour le goût des autres.

 

 

09:13 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |