11 juillet 2009

A wine blog: what for?

Pour ceux qui apprécient l'anglais, voici mes réponses à un questionnaire sur les blogs de vin, rédigé dans cette langue. Rien de révolutionnaire ni d'inédit, j'en ai bien peur, mais ceux qui souhaiteraient sauter le pas y trouveront peut-être matière à réflexion. Evidemment, à chacun son approche du blog...

When I created my blog, my aim was to be able to share my thoughts on wine, and also to publish articles or summaries more rapidly than a magazine can.

I dedicate roughly two hours a day to my blog. I update it everyday, except when I am on a wine trip.

My average of visitors is 500 a day. I don’t have a counter for pages.

My blog’s readership is composed of colleagues journalists, importers, producers or wine lovers.
There are readers from France, Belgium, Switzerland, Luxembourg, Spain and Italy, mainly, plus a small amount of readers from the UK, Denmark and the Netherlands.

The originality of my blogs derives from my work. It is a reflection of my personality: I am interested in wine as a product, and as a market, so I write about both. I also try not to take myself too seriously, so you will often find some humour in my posts.

I believe blogs are a real revolution in the wine world: information is circulating more rapidly, more freely, also. They are a complement to the magazines and sites on wine, as they are usually more personal in their approach to wine.
Blogs also allow information from other countries to circulate, which would otherwise be blocked: no all the press communiqués are translated in all languages; a good blogger can do that for no cost, just for the sake of information.

People feel what is written on blogs is more sincere. There are less or no commercial ties, since there is no cost for publication.

I think paper magazines can cohabitate with blogs. Some quote blogs, as well as blogs quote magazines. Some magazines have even developed their own blogs (in Belgium, for instance, In Vino Veritas does), which allows them to respond more quickly to their readers, maintain a closer link with them. Others encourage their writers to create their own blogs, also.

If blogs frighten the paper press, this is because the paper press is too dependent on the producers’ money. Nobody ever said that the people in wine clubs, who share opinions on wine, frighten the wine press – blogs are just another, more modern media for people to express and share their thoughts, no more.

16:40 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

10 juillet 2009

Le bon vin, ça s’enseigne !

«A bon vin point d’enseigne», dit le dicton. C’était peut-être vrai au temps des hommes des tavernes. Aujourd’hui, faire du bon vin ne suffit plus, il faut savoir le vendre.
Certains vignerons ont la bosse du commerce et des relations publiques, d’autres moins. D’autres, encore, ne voient pas le problème. A tous les niveaux – viticulture, commerce, sommellerie, on peut se poser la question de la formation.
Mais une anecdote vaut mieux qu’un long discours.

 

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A bon vin point d'enseigne?

Caveau de vente… et de dégustation


La semaine dernière, j’accompagnais dans le Midi une petite cohorte de journalistes vineux, pour un voyage centré sur l’oenotourisme. Les visites s’enchaînaient, sans problème, jusqu’à ce que nos pas nous conduisent au «Caveau de vente & de dégustation» d’une coopérative locale.
Il faut d’abord que je vous décrive l’endroit. Nous sommes au bord de la nationale, dans une vague zone artisanale de style giscardo-mitterrandien. Pas une vigne à l’horizon, mais sur le parking, face à l’entrée du «caveau», une caravane de friterie. C’est sans doute pour bien marquer qu’on a affaire à des vins de gastronomie.

Poussons la porte: nous avons été annoncés à l’avance par le bureau de tourisme local (la visite est arrangée depuis un mois) ; malheureusement, le responsable n’est pas encore là. Le temps qu’il arrive, nous méditons sur la relativité du temps dans l’espace occitan. Le voici. Il n’a rien préparé. Il nous ouvre les bouteilles, un peu au hasard, genre «qu’est-ce qui ferait plaisir à ces Messieurs-Dames?».
Evidemment, les blancs sont chauds. Les rouges mériteraient d’être aérés. Plus grave, le «caveau» (un bâtiment préfabriqué, sans cave) s’ouvre sur un entrepôt et des toilettes d’où nous arrivent des effluves de javel et de chlore (au mieux).
Et ce n’est pas fini : nous demandons au responsable quelques détails sur la production, la localisation des différentes appellations. Il ne sait pas répondre, «il faut demander au syndicat». Par contre, il nous propose un vin bio. Nous le goûtons. Il nous paraît moins expressif que la cuvée conventionnelle du même vin. Il s’en explique : «Nous n’avons pas beaucoup de parcelles en bio, ça se ressent ; on peut plus facilement faire des sélections qualitatives en conventionnel». Belle franchise. Mais alors, pourquoi proposer ce bio-là à des dégustateurs professionnels ?
Bref, une dégustation mémorable. Attention, notre hôte n’était pas méchant, il a fait ce qu’il a pu. Le problème, c’est qu’il n’était pas formé. Il ne sait sans doute pas ce qu’attendent des professionnels. Notez que même des particuliers auraient trouvé à redire. Pour eux aussi, le laisser–aller de l’accueil augure toujours mal de la qualité des vins.

Il y a pire, me dit-on : mon copain belge Eric Boschman effectue de temps à autre des descentes de caves avec des copains sommeliers, au titre de la formation. En Bourgogne, l’an dernier, il s’est fait carrément fait insulter parce qu’au sortir d’une dégustation, le sympathique propriétaire trouvait que le groupe n’avait pas acheté assez – bref, il avait perdu son temps. Il est vrai que les vins n’étaient pas très bons, d’après Eric. Alors, en définitive, tout le monde avait perdu son temps, et celui du client n’est pas le moins précieux…

Morale de ces deux histoires ? Aujourd’hui où le travail est si difficile à trouver, personne ne devrait être obligé de remplir une fonction qui ne lui convient vraiment pas. Si le vigneron n’aime pas vendre, qu’il ne vende pas. Si la cave ne sait pas recevoir des professionnels, qu’elle ne le fasse pas.

A chacun son métier

Toute l’année, nous remontent les plaintes de vignerons méritants, de caves qualitatives, qui peinent à subsister sur des marchés de prix. Nous compatissons parce que nous avons le sens des valeurs. Nous nous insurgeons de temps à autre. Comment peut-on trouver dans le hard discount  du rosé à 69 centimes d’euros la bouteille? On a d’autant plus de mal à justifier cette production qu’elle alimente les soirées biture des étudiants bretons -voir à ce propos l’excellent article paru dans Ouest France du 24 mai.
Bref, nous trouvons toutes les circonstances atténuantes possibles aux sans-grade de la viticulture qui se donnent du mal pour produire bon.

Mais comment assurent-ils la fonction «vente» ? Choisissent-ils le bon personnel? Le bon circuit de vente ? Savent-ils expliquer leur produit à ceux qui seront chargés, en aval, de le vanter puis de le vendre ?  «Vaste programme», comme aurait dit de Gaulle. Alors, autant commencer tout de suite.

Hervé Lalau

 

Chronique parue sur www.vitisphere.com dans la rubrique "Point de vue/images du vin"

02:38 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : economie, vin, reflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |