10 juillet 2009

Le bon vin, ça s’enseigne !

«A bon vin point d’enseigne», dit le dicton. C’était peut-être vrai au temps des hommes des tavernes. Aujourd’hui, faire du bon vin ne suffit plus, il faut savoir le vendre.
Certains vignerons ont la bosse du commerce et des relations publiques, d’autres moins. D’autres, encore, ne voient pas le problème. A tous les niveaux – viticulture, commerce, sommellerie, on peut se poser la question de la formation.
Mais une anecdote vaut mieux qu’un long discours.

 

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A bon vin point d'enseigne?

Caveau de vente… et de dégustation


La semaine dernière, j’accompagnais dans le Midi une petite cohorte de journalistes vineux, pour un voyage centré sur l’oenotourisme. Les visites s’enchaînaient, sans problème, jusqu’à ce que nos pas nous conduisent au «Caveau de vente & de dégustation» d’une coopérative locale.
Il faut d’abord que je vous décrive l’endroit. Nous sommes au bord de la nationale, dans une vague zone artisanale de style giscardo-mitterrandien. Pas une vigne à l’horizon, mais sur le parking, face à l’entrée du «caveau», une caravane de friterie. C’est sans doute pour bien marquer qu’on a affaire à des vins de gastronomie.

Poussons la porte: nous avons été annoncés à l’avance par le bureau de tourisme local (la visite est arrangée depuis un mois) ; malheureusement, le responsable n’est pas encore là. Le temps qu’il arrive, nous méditons sur la relativité du temps dans l’espace occitan. Le voici. Il n’a rien préparé. Il nous ouvre les bouteilles, un peu au hasard, genre «qu’est-ce qui ferait plaisir à ces Messieurs-Dames?».
Evidemment, les blancs sont chauds. Les rouges mériteraient d’être aérés. Plus grave, le «caveau» (un bâtiment préfabriqué, sans cave) s’ouvre sur un entrepôt et des toilettes d’où nous arrivent des effluves de javel et de chlore (au mieux).
Et ce n’est pas fini : nous demandons au responsable quelques détails sur la production, la localisation des différentes appellations. Il ne sait pas répondre, «il faut demander au syndicat». Par contre, il nous propose un vin bio. Nous le goûtons. Il nous paraît moins expressif que la cuvée conventionnelle du même vin. Il s’en explique : «Nous n’avons pas beaucoup de parcelles en bio, ça se ressent ; on peut plus facilement faire des sélections qualitatives en conventionnel». Belle franchise. Mais alors, pourquoi proposer ce bio-là à des dégustateurs professionnels ?
Bref, une dégustation mémorable. Attention, notre hôte n’était pas méchant, il a fait ce qu’il a pu. Le problème, c’est qu’il n’était pas formé. Il ne sait sans doute pas ce qu’attendent des professionnels. Notez que même des particuliers auraient trouvé à redire. Pour eux aussi, le laisser–aller de l’accueil augure toujours mal de la qualité des vins.

Il y a pire, me dit-on : mon copain belge Eric Boschman effectue de temps à autre des descentes de caves avec des copains sommeliers, au titre de la formation. En Bourgogne, l’an dernier, il s’est fait carrément fait insulter parce qu’au sortir d’une dégustation, le sympathique propriétaire trouvait que le groupe n’avait pas acheté assez – bref, il avait perdu son temps. Il est vrai que les vins n’étaient pas très bons, d’après Eric. Alors, en définitive, tout le monde avait perdu son temps, et celui du client n’est pas le moins précieux…

Morale de ces deux histoires ? Aujourd’hui où le travail est si difficile à trouver, personne ne devrait être obligé de remplir une fonction qui ne lui convient vraiment pas. Si le vigneron n’aime pas vendre, qu’il ne vende pas. Si la cave ne sait pas recevoir des professionnels, qu’elle ne le fasse pas.

A chacun son métier

Toute l’année, nous remontent les plaintes de vignerons méritants, de caves qualitatives, qui peinent à subsister sur des marchés de prix. Nous compatissons parce que nous avons le sens des valeurs. Nous nous insurgeons de temps à autre. Comment peut-on trouver dans le hard discount  du rosé à 69 centimes d’euros la bouteille? On a d’autant plus de mal à justifier cette production qu’elle alimente les soirées biture des étudiants bretons -voir à ce propos l’excellent article paru dans Ouest France du 24 mai.
Bref, nous trouvons toutes les circonstances atténuantes possibles aux sans-grade de la viticulture qui se donnent du mal pour produire bon.

Mais comment assurent-ils la fonction «vente» ? Choisissent-ils le bon personnel? Le bon circuit de vente ? Savent-ils expliquer leur produit à ceux qui seront chargés, en aval, de le vanter puis de le vendre ?  «Vaste programme», comme aurait dit de Gaulle. Alors, autant commencer tout de suite.

Hervé Lalau

 

Chronique parue sur www.vitisphere.com dans la rubrique "Point de vue/images du vin"

02:38 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : economie, vin, reflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 juillet 2009

Yves Bénard cumule les présidences

Déjà président du Comité vins de L'INAO, le Français Yves Bénard a été élu à la présidence de l'Organisation internationale de la vigne et du Vin. Il succède à l'Australien Peter Hayes. Il ne semble pas qu'il y ait eu d'autres candidats pour le poste.
L'OIV est une organisation technique intergouvernementale, composée de 44 Etats membres - dont les principaux pays producteurs de raisins (et aussi de vin). Elle n'a pas de pouvoirs réels de régulation. Son siège est à Paris.

Sa gestion journalière est assurée par l'Italien Federico Castellucci.

 

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |