07 août 2009

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les concours de vin (ou presque)

Des concours de vin, les consommateurs ne voient généralement que les médailles collées sur les bouteilles; mais ils ignorent leur mode de fonctionnement (et leur objet). Alors, les concours sont-ils des révélateurs de talent… ou des machines à vendre ?

Sur la sellette

Connaissez-vous le California State Fair Competition ? Probablement pas. Il est vrai que sa notoriété ne dépasse guère les Etats-Unis.
Pourtant, ce concours a récemment défrayé la chronique des plus grands magazines vineux de la planète. C’est que le sérieux Journal of Wine Economics avait consacré une étude statistique à sa dernière édition. Le concours s’en serait bien passé: elle révélait en effet que seul un juré sur dix avait été capable de reconnaître un même vin servi à trois reprises au cours de la compétition. Les autres jurés avaient tous donné des points différents au même vin. Ce qui, selon le Journal, jette un sérieux doute sur la valeur des médailles.
Même si l’on admet que l’ordre de service des vins influence l’analyse sensorielle,  voilà en effet qui peut choquer les non-initiés. Pourtant, le reproche n’est qu’à moitié fondé – les guides d’achat, les magazines, les critiques, personne ne peut prétendre à une totale objectivité, et l’erreur humaine fait partie du jeu de la dégustation.
En matière de concours, les vraies questions sont d’un tout autre ordre.

Une véritable entreprise

Il y a plusieurs types de concours. Ceux qui sont organisés par les producteurs eux-mêmes, leurs appellations ou régions, n’ont  pas pour but de générer un profit; l’aspect promotionnel y prime sur l’aspect financier. Les dégustations se limitent à une appellation ou une région.
Les autres concours, qu’ils soient de taille nationale ou internationale, ont une autre logique, car il s’agit d’abord d’entreprises commerciales.  Leur première obligation est donc de couvrir leurs frais.
Et il y en a: location de locaux, hébergement des dégustateurs, logistique, dédouanement, sommeliers, communication... Le point de rentabilité s’atteint avec le volume ; du nombre de vins à juger dépend le nombre de jurys, et donc de dégustateurs, la taille des locaux, le nombre de chambres d’hôtel et de billets d’avion…
Tout cela se prépare des mois à l’avance, avec une équipe de permanents, assistés de démarcheurs dans les différents pays producteurs.

Les ressources financières sont diverses:
-parrainages commerciaux (verres, eaux, cafés, accessoires du vin…),
-parrainages institutionnels des régions d’accueil et des appellations, qui allouent un budget ou organisent à leur frais des dégustations, dîners et visites annexes.
-droits payés par les producteurs pour la soumission d’échantillons
-vente des macarons aux gagnants.

Derrière ces concours se profilent aujourd’hui souvent des sociétés d’organisation d’événements plus ou moins importantes (Reed, par exemple, pour l’International Wine Challenge), des éditeurs (Decanter, Meininger, Vinopres), des foires (Mâcon, Verona…) ou des institutions.

 

Retrouvez la suite de ce texte dans IVV 137.

16:36 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 août 2009

Modernité (2)

Pour plus de visibilité, je me permets de publier le commentaire d'Iris, de Lisson, à propos de mon dernier post... C'est bien vu, non?

"Cela me rappelle un peu les vinifications en cuves béton en forme d'œuf - inspirées des amphores pour la forme et agrémentées d'un zeste d'ondes telluriques (ou d'autres sources obscures) pour servir les mythes champêtres, qui aident à vendre aux urbains en manque...

Un signe, que modernité et mode sont étroitement liés et que le marketing moderne sert tous les goûts...

Plus le problème est grave (comme le varroa pour les abeilles) ou la crise du marché du vin, plus en cherche des solutions "miracle" - les uns en adoptant le progrès de la technicité, qui promet toujours, d'augmenter la "productivité", donc diminuer les coûts, les autres en ressortant la "méthode ancestrale", qui permet d'ouvrir des nouveaux marchés de niche..."

Iris
http://lisson.over-blog.com

12:31 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |