29 septembre 2009

Mariages vineux, mariages heureux?

Nouvelle concentration dans le négoce bourguignon: Antonin Rodet, vénérable maison de négoce de la Côte Chalonnaise, mais également propriétaire des Châteaux de Rully et de Mercey (à Mercurey), ainsi que du Clos de Thorey, à Nuits, entre dans le giron du Groupe Boisset, troisième groupe viticole privé en France.

Rodet était jusqu'ici dans les mains du groupe papetier Sequana.

On ignore si cet accord concerne les partenaires dont Antonin Rodet avait jusqu'ici la distribution des vins, comme les domaines de la famille Devillard (Château de Chamirey à Mercurey, Domaine des Perdrix en Côte de Nuits et Domaine de la Ferté à Givry. Sans oublier le Domaine Jacques Prieur, à Meursault.

En 2006, Rodet avait lui-même repris la maison nuitonne Dufouleur & Fils.

Autre type de fusion, plus charnelle, on l'espère, et toujours liée au Groupe Boisset: le 26 septembre dernier, Jean-Charles Boisset, héritier de la famille éponyme, a convolé en justes noces avec la jolie Gina Gallo. Le mariage s'est déroulé à San Francisco. Rien de plus logique, puisque les deux familles ont des vignobles en Sonoma. Mon message aux jeunes mariés: "Meilleurs voeux et meilleurs vins!"

07:49 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 septembre 2009

Pourquoi tant de haine

Je lis sur le blog d'Olif, blogueur jurassien anti-gourous, une violente altercation entre Olif et ses supporters, d'une part, et Michel Bettane. Voici le lien.

http://www.leblogdolif.com/archive/2009/09/03/le-mur-du-bio-con.html

Chacun est libre d'avoir sa vision du vin, et même de ne pas apprécier les opinions des autres. Mais là, les noms d'oiseaux fusent, et on est loin de l'esprit qui faisait dire à un auteur dont j'ai oublié le nom que l'eau sépare les gens, mais que le vin les unit.

Quelle cause mérite qu'on s'attaque ainsi aux hommes derrière les idées?

Accessoirement, la revue pour laquelle je travaille, In Vino Veritas, est citée dans le cours des "échanges". Nous ne comprenons rien aux vins nature, nous dit-on. Et nous nous disputons entre nous à leur sujet. La première affirmation nous fait sourire. La deuxième, nous la revendiquons. Notre pluralisme est nécessaire dans un monde de diversité.

A propos des vins nature, soyons clairs: nous ne pouvons promouvoir un concept, aussi séduisant soit-il, sans nous intéresser aux vins qu'il produit. Il y a un tri à faire parmi les vins nature comme parmi les autres; parce que toute oeuvre humaine est sujette à caution, parce qu'il y a de bons vignerons nature et d'autres moins bons.

A priori, tout ce qui est proche de la nature, et contribue à réaliser des vins sincères et fidèles à leur lieu de naissance (s'ils le revendiquent), en un mot authentiques, nous séduit infiniment plus que l'approche industrielle; encore faut-il que nous puissions en toute honnêteté recommander les vins aux consommateurs, qui sont aussi ceux qui paient les vins.

On nous dit que les vins nature sont à boire plus qu'à comprendre. Le journalisme ne peut se contenter de cette idée, même si elle séduit le buveur; c'est pourquoi nous continuerons à essayer de comprendre, et d'expliquer les vins, nature ou pas. Sans haine, de préférence.

Parce qu'il n'y a pas les méchants d'un côté et les bons de l'autre; parce qu'il faut cultiver différence et tolérance comme des fleurs rares.  Qui voudrait d'un monde industriel aux mains de quelques grands groupes, avenir que nous promet le productivisme capitaliste? Pas nous.

Laissons donc chacun faire son vin et en parler à sa manière. Pourquoi aimons-nous le vin: pour sa part de culture, de convivialité, sa valeur comme base d'échanges, avant tout!

08:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |