19 octobre 2009

Les plus critiques ne sont pas ceux que l'on pense...

Très intéressante chronique de mon confrère Bernard Burtschy, dans le Figaro (et oui, certains journaux français se remettent à parler du vin), où l'on découvre (?) que les plus critiques ne sont pas toujours ceux qu'on pense:

"En 1980, la France comptait 19 millions de consommateurs réguliers. Aujourd'hui, une bonne moitié a disparu. Corollaire, la consommation occasionnelle monte en flèche, répartie à part à peu près égale entre hommes et femmes, ce qui est en soi une information importante. Et les attentes de ces consommateurs ont fortement évolué, car ils ont changé. Jeunes, urbains, ouverts, ils possèdent quelques moyens et sont prêts à de nouvelles expériences. Pour en avoir le cœur net, Monoprix, qui justement est implanté au cœur des villes, a cherché à les connaître par l'entremise de son acheteur de vin, Jean-François Rovire : «Je cherche à faire déguster mes vins à de véritables amateurs avec l'objectif suivant : le conseilleriez-vous à un ami ?»

Reste à monter un jury de consommateurs. Là, l'objectif est un peu différent. Un jury de six à huit amateurs jeunes passe en revue, très méthodiquement, une quinzaine de vins aux prix compris entre 5 et 25 €. Le jury déguste à l'aveugle avec, comme seules indications, la région d'origine, la couleur et le prix. Les vins qui obtiennent une large majorité mériteront de porter la collerette Monoprix.

Première constatation, le jury de jeunes consommateurs est bien plus impitoyable qu'un jury de professionnels. Là où le professionnel juge avec bienveillance une petite dureté tannique ou un petit défaut de vinification, l'amateur le rejette sans ménagement. Lors de la dernière séance, sur une quinzaine de vins présentés, seuls deux ont été sélectionnés. Et pas question de leur expliquer que le défaut passera, que ce n'est pas grave. La bouteille se doit d'être parfaite, un point, c'est tout !

Deuxième constatation, l'hypersensibilité au prix. Un vin qui s'affiche deux euros plus cher se doit de présenter un véritable supplément. Inutile de plaider qu'il s'agit d'une appellation prestigieuse. L'explication classique du producteur, qui est de dire péremptoirement «mais, c'est du pommard, monsieur !», est un peu courte pour un jeune d'aujourd'hui. Si le vin est plus cher, il doit être meilleur. Bien des appellations françaises qui se drapent dans leurs noms ont du souci à se faire avec la nouvelle génération. Elles ne croient plus le producteur sur parole, mais sur le contenu du verre. Exit les monstres sacrés.

Cette évolution, qui est révolutionnaire dans le microcosme français, est la suite logique de l'incroyable complexité des appellations françaises. Faute de repères, la génération précédente stressait devant les rayons des hypermarchés et finissait par abandonner le vin, d'où la chute de consommation. La nouvelle génération est plus curieuse, cherche quelques pistes, partage ses expériences entre amis, se renseigne sur Internet et fait ses essais.

Autre changement de donne, l'évolution des goûts : l'amertume et la verdeur sont violemment rejetées, tout comme les arômes animaux ou les manques d'équilibre du vin. En revanche, les nouveaux consommateurs testent avec le même enthousiasme blancs, rouges, rosés, moelleux et effervescents à condition que le vin présente un intérêt."

C'est dire qu'il y a du bon dans cette évolution, mais pas que du bon. A méditer.

Source: http://www.lefigaro.fr/vins/

07:50 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

12 octobre 2009

It’s alright to be a drinker

Heureusement qu'il y a les journalistes indiens pour parler en bien du vin, et nous rappeler les bienfaits de la tolérance. C'est ce qu'a fait Khushwant Singh, dans un récent numéro de l'Hindustan Times:

"One way to ensure a book becomes a best-seller is to have the government ban it, or spread rumours that it is about to do so. That happened to Lady Chatterly’s Lover and more recently to Salman Rushdie’s The Satanic Verses. The one way to ensure higher sales of items that many people indulge in is to ban them. The case of prohibition of alcoholic drinks is as old as history; the case of ban on smoking is recent. Both have proved to be flops wherever they have been tried.
America went through many years of prohibition before it discovered it did not work. India tried it in fits and starts in different states and gave up after realising that however stringent the laws, people addicted to drink got it, if not legally, then some spurious substitute which took their lives. Gujarat is the one state which has refused to learn lessons. It was not surprising thus that last month over 150 people died after drinking some poisonous brew.

Drinking is not a vice, drunkenness is. All over the world adults are allowed to drink when and what they like. It is only when they get drunk and misbehave that they are arrested. Drink like a gentleman or a lady; it is a civilised thing to do. It breaks the ice and encourages bonding. If England had no pubs, life in the country would become drab. All over Europe the making of wine has become a fine art. People have wine-cellars in their homes; Europeans have their favourite wine with both meals. No one is any the worse for doing so.

Indians have been drinking since pre-Vedic times. They were mostly home-made stuff or a cottage industry: arrak, mahua, tharra, feni, etc. With the advent of the Europeans, it was enlarged to an industry and we began to brew our own beers, distill whiskey, gin and rum. In recent years, we also started making wines. Vineyards came up in Maharashtra and Karnataka. So we have our own red, white and rose wines as well as Champagne. Many of them are as good as any imported wine, and are good enough to find markets in old wine-producing countries and earn us foreign exchange.

Our aim should be to produce good quality beverages with low alcoholic content like lager, cider and wines rather than spirits like whiskey, gin, rum or feni. And at low prices which the poor can afford to buy. But will our stupid politicians ever learn any lessons?"

 

Puissent les journalistes de la presse française grand public en prendre de la graine. Ils ont souvent le mot de liberté au bout de la plume. Mais le socialement correct les baillonne aussi sûrement qu'une dictature...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |