21 octobre 2009

La France exporte... son savoir-faire

J'apprends que le groupe Castel, déjà présent dans le Maghreb, vient de planter 125ha de vignes en Ethiopie -un pays dont on ne peut pas dire qu'il bénéficie d'un grand passé viticole.

Prise isolément, cette nouvelle n'a guère d'importance. Mais si on la rapproche des efforts déployés en Thailande, en Chine, en Inde ou même en Syrie (avec, dans la plupart des cas, l'intervention de consultants français), cela commence à faire beaucoup.

Question idiote: les Français (qui boivent de moins en moins de vin, suivant en cela les conseils d'un Etat ingrat qui le vitupère) ne sont-ils plus bons qu'à montrer aux autres comment faire, comme les eunuques chinois de l'ancienne Cité Interdite?

Le problème de l'eunuque, ce n'est pas qu'il manque de savoir-faire, ni d'altruisme; c'est qu'il n'a pas de descendance.

Tous ces pays que nous aidons à implanter la vigne auront bientôt nos cabernets, notre merlot, notre pinot noir, notre chardonnay, et nos fûts de chêne français. Mais importeront-ils encore nos vins?

Cité interdite

En Chine, la Cité est inderdite, mais pas les plantations...

07:02 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 octobre 2009

Envoyé Spécial: la réaction de Robert Joseph

Le critique britannique Robert Joseph connaît bien le vignoble français, auquel il a consacré plusieurs livres et guides en langue anglaise. Il réagit à la polémique suscitée par le reportage d'Envoyé Spécial diffusé voici deux semaines; pour dénoncer les excès du reportage, mais aussi, en prenant appui sur lui, pour exhorter les vignerons français à diminuer l'emploi de pesticides, qui selon Robert, reste beaucoup trop important.

Robert Joseph.JPG

Robert Joseph

Il s'étonne notamment que les normes françaises de la lutte raisonnée soient si peu  contraignantes en comparaison de celles dites du Développement Durable en vigueur dans les pays du Nouveau Monde, et notamment en Nouvelle Zélande et au Chili. Quand on sait que seuls 20% des vignerons français sont en lutte raisonnée, et qu'il n'existe pas de programme national, mais que chaque région en propose un (voir plus bas l'exemple de la région Rhône Méditerranée) Joseph a raison de s'inquiéter pour les exportation sfrançais. Les normes du développement durable sont en passe de devenir la règle pour l'importation de vin aux Etats-Unis...

Voici le texte de Robert dans son intégralité:

"French television programme makers, like their UK counterparts are often capable of giving viewers an unbalanced view of the subject they cover. British viewers may recall a very misleading recent programme presented by Jane Moore called "What's in your wine?".
And Diane Flamand, as someone working in Bordeaux, is right to say that - in her region - pesticide use has been reduced over the last couple of years.
But that reduction was very necessary, and France like the rest of Europe still uses appallingly high amounts of industrial treatments in its vineyards

According to Jean-Baptiste Traversac, of the French National Agronomy Research Institute (INRA SAD-APT Paris) in a speech two years ago, French grape growers use 25,000 tons of pesticide per year. Data collected by the French Department of Agriculture the Union of Pesticide Producers, viticulture represents 3% of French agriculture, but is responsible for 20% of the value and 50% of the total weight of pesticide use.

I spent some time studying Lutte Raisonnée in France - when preparing to launch a set of Sustainable Vin de Pays d'Oc under the Greener Planet brand of which I am co-owner. Naively, I initially imagined that Lutte Raisonnée might resemble the Sustainable rules that are being introduced in the New World. I could not have been more mistaken. Unlike New Zealand - which will go 100% sustainable in 3 years - France has no national programme. Individual regions set their own standards - standards that in many cases are laughable low.

To illustrate the point, I have included in this comment precise wording from set of rules for the Rhône-Méditerranée region. For non French-speakers, I'll offer a brief translation: to be part of Lutte Raisonnée, growers undertake to keep a record of their pesticide stocks and its usage. They undertake only to use authorised products.
And no more than the authorised dose. Other undertakings include the promise not to abandon or burn plastic rubbish in the vineyard (clause 9.1) and to provide workers with clean washrooms and toilets (11.1). In other words, signing up for Lutte Raisonée is little more than agreeing to apply what most people would call good farming practice.

This is not only my view: ask any French organic grower what he thinks of Lutte Raisonnée. But despite their lightweight nature, the Lutte Raisonnée rules have been adopted by less than 20% of French winegrowers.

For Greener Planet, we decided to draw up our own Sustainable charter based on the far stricter rules that have been introduced in New Zealand, California, Oregon, the US, South Africa and Chile, and are gradually being brought into line between those countries and regions.

The France 2 programme may have got many things wrong, but I for one would applaud anything that shakes the French wine industry out of its apathetic state. France's winemakers need to realise that within 5 years, genuinely Sustainable viticulture will be the norm in the New World - and the Chileans at least expect the US to include a requirement for sustainability as a tariff barrier issue. In other words, exporting a nom-Sustainable wine to America may be as difficult as importing US beef produced using growth hormones".


Charte de la lutte raisonnée Rhône Méditerranée

Le vigneron s'engage à :

8.1. s'abonner à un service de conseil technique agricole (exigence 40) ou de situation phytosanitaire émanant d'un organisme officiel (SPV, Chambres d'Agriculture, IFV) et les conserver.

8.2. (R) enregistrer les éléments qui motivent chaque intervention phytosanitaire (cf. Annexe 5) sur le cahier d'enregistrement (exigences 30 et 31).

8.3. réaliser un inventaire écrit des stocks des produits phytosanitaires (exigence 34) au début novembre.

8.4. (R) n'utiliser que des produits bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché et autorisés pour les usages considérés, en respectant la dose homologuée (exigence 37).

8.5. (R) connaître les précautions d'usage obligatoires (période d'application, délais avant récolte, dose maximale autorisée, existence ou non de zones non traitées), afin de réduire les risques de dépassement des limites maximales de résidus et de pollution (exigence 38).

Robert Joseph

01:25 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |