23 octobre 2009

Le Bio vaut-il le coup?

On pourrait aussi écrire "le coût". Mais ce titre n'est pas de moi, il est de "La Vigne", dans sa livraison d'octobre.

Je n'ai pas lu le dossier (je ne suis pas abonné). Mais j'ai quand même envie de répondre à la question, moins avec des calculs qu'avec des arguments.

-Oui, amis vignerons, le bio vaut le coup si en réduisant vos apports de produits chimiques, vous réduisez l'impact sur votre santé. Je lisais récemment que Gérard Bertrand avait planté une vigne bio dans un de ses domaines languedociens "parce que c'est là que vivent les enfants". Je suppose que d'autres vignerons ont des enfants, en Languedoc ou ailleurs. Et j'espère que Gérard Bertrand pense aussi à eux.

-Oui, le bio vaut le coup si, en rassurant le consommateur sur l'usage que vous faites de la terre que nous avons tous reçue en héritage (même si c'est vous qui la travaillez aujourd'hui, vous la laisserez un jour à d'autres), vous l'incitez à consommer vos produits plutôt que d'autres.

-Non, si c'est juste pour le label, si c'est pour vendre à un prix normal ce que le hard discount et les hypers refusent de vous acheter à un prix normal aujourd'hui. Parce que cette distribution-là se moque bien de ce que vous faites dans vos vignes, parce que le vin n'est qu'un élément de son marketing mix, dans lequel la vogue du bio passera, c'est sûr.

-Non, si c'est pour rentrer dans une logique bio-industrielle, où l'on demande des exemptions pour pouvoir traiter chimiquement à chaque gros pépin, mildiou sévère, par exemple - il paraît que c'est possible, avec les nouvelles règles. Mais est-ce que le consommateur pourra aussi demander une exemption quand il boira du bio pas bio?

En résumé, le bio, ce n'est pas qu'une question d'air du temps, comme titre La Vigne, c'est une question d'air (et de terre) tout court, et c'est surtout un engagement de bon sens.

 

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06:27 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

21 octobre 2009

La France exporte... son savoir-faire

J'apprends que le groupe Castel, déjà présent dans le Maghreb, vient de planter 125ha de vignes en Ethiopie -un pays dont on ne peut pas dire qu'il bénéficie d'un grand passé viticole.

Prise isolément, cette nouvelle n'a guère d'importance. Mais si on la rapproche des efforts déployés en Thailande, en Chine, en Inde ou même en Syrie (avec, dans la plupart des cas, l'intervention de consultants français), cela commence à faire beaucoup.

Question idiote: les Français (qui boivent de moins en moins de vin, suivant en cela les conseils d'un Etat ingrat qui le vitupère) ne sont-ils plus bons qu'à montrer aux autres comment faire, comme les eunuques chinois de l'ancienne Cité Interdite?

Le problème de l'eunuque, ce n'est pas qu'il manque de savoir-faire, ni d'altruisme; c'est qu'il n'a pas de descendance.

Tous ces pays que nous aidons à implanter la vigne auront bientôt nos cabernets, notre merlot, notre pinot noir, notre chardonnay, et nos fûts de chêne français. Mais importeront-ils encore nos vins?

Cité interdite

En Chine, la Cité est inderdite, mais pas les plantations...

07:02 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |