10 janvier 2010

La citation du jour

«Mettez un homme fatigué devant un repas copieux,

il va manger avec effort et se sentira peut-être mieux.

Donnez-lui un verre de vin ou d’alcool,

il va immédiatement revenir à son meilleur état:

vous le voyez revivre sous vos yeux.»

Brillat-Savarin

15:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 janvier 2010

Terroir, territoire, marketing

Dans un post récent sur le nouveau projet de décret de l'AOC Alsace Grand Cru, j'évoquais la distinction établie par l'Europe entre les AOC/AOP, "promesses de terroir," "dénominations où le lien avec le terroir est exclusif", et les IGP, dénominations liées à un territoire.

Il me revient en mémoire un exemple d'AOP, fromagère celle-là, où le lien avec le terroir me parait douteux: la Feta. Savez-vous que l'aire de production de cette AOP, dûment reconnue par l'Europe, est circonscrite (si l'on peut dire) à toute la Grèce!

L'AOP, c'est aussi un processus de fabrication. Que faut-il penser de l'Altenburger Ziegenkäse, fromage est-allemand dont le nom signifie fromage de chèvre, mais dont le cahier des charges n'exige que 15% de lait de chèvre? Surtout quand on sait que dans les mêmes laiteries, on fabrique (hors AOP) de l'"Altenburger Ziegen-Camembert"... au lait de chèvre!

Avec des exemples comme ça, l'édifice réglementaire européen montre ses limites...

Revenons au vin. Combien de prétendus terroirs d'appellations sont en fait des amalgames de différents terroirs? Certaines AOC en font même une accroche pour leur communication, comme l'AOC Limoux, fière de ses quatre climats... Sans parler des AOC régionales (Bourgogne, Alsace, Bordeaux, Languedoc...), qui sont si vastes qu'elles englobent tout et son contraire. Le hic, c'est que dans la hiérarchie réglementaire européenne, elles sont AOP au même titre que des confettis de vignobles comme Château Grillet ou La Romanée Conti!

Je repense tout à coup au projet du regretté René Renou, qui pronaît en France une distinction entre "AO simples" et "vraies AOC", ou "AO d'Excellence". Et je me demande combien des AOC actuelles auraient mérité de passer en "AO d'Excellence". Un cinquième? Un dixième? Moins? Et combien de producteurs au sein de ces appellations?

Comme personne n'a osé s'atteler à ce projet trop iconoclaste, on voit aujourd'hui des Bordeaux vendus au prix de l'eau minérale. On n'a vexé personne, mais le consommateur, lui, a voté avec son portemonnaie. Il n'a aucune raison de voulir dépenser plus pour des appellations qui ne lui apportent aucune garantie de qualité. Quel gâchis!

Bon, je ne vous apprend rien, sans doute. Mais il faut parfois enfoncer le clou. Amis oenophiles, fiez vous d'abord au producteur.

 

 

 

07:02 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |