28 décembre 2009

Quel avenir pour les petits exploitants à Bordeaux?

La Chambre d'agriculture de la Gironde a réalisé une enquête sur base d'un échantillon de 100 exploitations viticoles familiales de l'AOC Bordeaux, dont elle a examiné 10 exercices comptables. Résultat: pour l'année 2007-2008, deux tiers de ces exploitations dégagent moins d'un SMIC par travailleur, et deux sur dix ont terminé l'exercice sur une perte d'exploitation. Le chiffre d'affaires moyen des entreprises de l'échantillon a baissé de 27% en 10 ans.

La question qui se pose: comme il est illusoire de penser que les cours des vins de Bordeaux AOC sont appellés à remonter, face à la concurrence mondiale,et comme les viticulteurs ne sont pas des assistés, ne faut-il pas prévoir des possibilités de reconversion pour ces exploitations condamnées?

08:51 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

26 décembre 2009

Avantages et revers du bio, selon Antoine Gerbelle

Je goûte assez le dernier post d'Antoine Gerbelle sur son blog de la RVF, qu'il consacre aux vins bio. Et notamment ses dernières lignes:

"Minéral plus. Le plus spectaculaire des bénéfices de la viticulture bio est le gain de saveur minérale dans le vin. Le terme est galvaudé et demanderait un approfondissement de sa définition. Pour faire court, j’entends ici par minéralité la persistance d’un grain frais et d’une salinité salivante surtout sensible dans les vins blancs. Minéral moins. Ces bénéfices, qu’empiriquement je mettrai sur le compte d’un fonctionnement plus cohérent entre la plante et son sol, a son revers. Car toutes les terres sur lesquelles sont plantées les vignes ne se valent pas. Et il existe des vignes bio sur de mauvais terroirs ; des argiles trop fertiles surtout. Je constate alors dans la production de leurs vins des expressions terriblement rustiques et pour dire vrai moins plaisantes que les vins non bio issus des même secteurs. Mauvais terroir, pire en bio. J’avance donc l’hypothèse que la viticulture biologique sur des sols inappropriés propose des vins, d’un point de vue organoleptique, pires que ceux d’une viticulture « hors sol » qui ne cherche que l’expression variétale du fruit à maturité. La démarche biologique et biodynamique replace ainsi la vitis vinifera en juge de paix de la qualité des terroirs : une leçon que les moines fondateurs des vignobles européens n'oubliaient jamais."

Antoine-BO-26000

Antoine Gerbelle

Il me revient en mémoire une dégustation de deux Clairette du Languedoc, cet été, à l'occasion d'un voyage de la FIJEV, au caveau d'une coopérative; la bio était la moins intéressante des deux. Surtout, la plus diluée. Nous l'avons dit à la personne qui nous recevait, et il a été très honnête: "Nous n'avons que quelques parcelles en bio, deux apporteurs seulement, et ce ne sont pas les meilleures. Dans la version "tradition" (sic), nous pouvons jouer sur une plus grande palette. La version bio devrait d'améliorer à mesure que de nouvelles parcelles passent en bio".

Mais alors, pourquoi déjà proposer cette cuvée si médiocre? Notre interlocuteur ne nous l'a pas dit, mais l'on devine facilement la réponse: "parce qu'il y a une demande, pardi!"

Et il y  a sans doute même des gens pour penser que le bio est toujours meilleur, à faire passer ses défauts - même sa dilution - pour de la typicité. Mais à ces buveurs d'étiquettes d'un nouveau genre, on pardonnera leur enthousiasme, parce qu'à long terme, le bio s'imposera, c'est sûr.

Au fait, j'ai parfois pesté contre la RVF, son côté conventionnel. Mais gardons-nous des généralisations hâtives: la prose de Gerbelle est là pour nous rappeller que l'esprit souffle partout.

Pour lire le texte d'Antoine Gerbelle en entier: http://blog.larvf.com/blog-le-blog-d-antoine-gerbelle/111...

11:22 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin, bio, terroir | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |