08 février 2010

La citation du jour

"Si l'on cherche absolument des relations de cause à effet, on arrive toujours à en trouver. Celui qui veut vivre plus longtemps grâce à l'abstinence (ni alcool, ni tabac, ni…) peut toujours le faire. J'ai envie de lui dire: vous vivrez peut être davantage, mais ça va vous paraître rudement long ! "


Professeur Bernard Debré

06:28 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

07 février 2010

"Tout est marketing"

Vous connaissez la fameuse phrase de Lénine : «Tout est politique».
Permettez-moi de rectifier: aujourd’hui, tout est marketing  - même la politique.

Et même la sphère privée : quand vous vantez à votre femme les mérites de la nouvelle voiture que vous avez envie d’acheter, vous faites du marketing sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose. Ça ne veut pas dire que la voiture n’est pas bonne. Mais vous la présentez sous son meilleur jour.

Pourquoi en serait-il autrement du vin ? Une belle étiquette, un bel habillage, ça n’a jamais fait de mal à personne. Aujourd’hui où le plus gros du volume des vins est vendu en grandes surfaces, c’est même  une condition de survie. Dans les rayons, le produit doit se vendre tout seul, il n’y a pas de sommelier ou de caviste pour faire l’article.
Et puis, ne pas faire de marketing, c’est déjà du marketing. C’est laisser le soin à d’autres de faire votre réputation.
Belle ou non, pensée ou non, votre étiquette raconte votre histoire. Votre cave aussi, si vous pratiquez la vente directe. Sans oublier votre publicité, qu’elle soit faite via des annonces presse, ou via internet. Et même si vous n’en faites pas, votre absence même est un indice.

On parle beaucoup d’oeno-tourisme, ces derniers temps. Les Américains ont pas mal d’avance sur nous dans ce domaine: cette activité est incluse dans le «budget plan» de toutes les wineries californiennes, avant même leur création. Cela rassure les banques : rien de mieux que des perspectives de ventes qui ne sont pas directement  liées à l’activité viticole. Même quand la récolte s’annonce mauvaise, même quand le vin n’est pas trop bon, en Californie, il reste toujours des magnets à vendre… C’est ça aussi, le marketing.

La poule et l’oeuf


Pour faire court, il y a deux sortes de marketing : celui de l’offre et celui de la demande. Le premier consiste à produire le vin qu’on aime, et à chercher le consommateur qui pourra l’aimer. Le second consiste à faire le type de vin qu’un type de consommateur achètera.
Entre ces deux sortes de marketing,  on trouve toute la palette des assemblages. Quand le rosé d’Anjou s’adresse à la clientèle gay, par exemple, on ne sait plus trop si c’est du marketing de l’offre ou de la demande, ou les deux. La poule ou l’œuf. En tout cas, on en parle – c’est l’essentiel, non, pour des communicants ?
Même l’authenticité se markette. Connaissez-vous «Honoré Lavigne» ? Avec ce nom qui fleure bon la famille berrichonne, on croit avoir affaire à un petit vigneron franchouillard. Et bien non, c’est une marque du groupe Boisset. Pas d’offense, Jean-Claude ! La grande distribution en vend des camions.

Et puis, rien ne sert de produire bon si personne ne le sait.
Antonio Banderas l’a compris, lui. A peine s’est-il associé avec les Ortega, en Ribera del Duero, qu’il a fait changer le nom du domaine : celui-ci s’appelle à présent Anta Banderas.
Il rejoint ainsi le club des stars faisant du vin. Comme notre Gégé national, ou comme Dan Ackroyd, au Canada. A défaut de devenir des stars dans les guides, leurs produits ont plus de chance d’intéresser la ménagère de plus de 40 ans que ceux de Marcel Chombier, héros méconnu du Saint Pourçain de tradition.
Mais je m’égare : avec sa toute nouvelle AOC, Saint Pourçain redécouvrira sûrement  très vite les joies du marketing !

From Australia with Love… and Savagnin…


Qu’importe le flacon? Mon œil! Les Australiens aussi viennent de l’apprendre à leurs dépends. Ces derniers temps, pour diversifier leur production de blanc,  et pour élargir leurs gammes en distribution britannique, ils avaient beaucoup misé sur un cépage espagnol:  l’albariño. Et voici qu’ils apprennent que les plants qu’ils ont achetés en Espagne sont en fait… du savagnin. Le vin reste le même, me direz-vous, alors s’il plaît à la clientèle british, où est le problème ? Mais c’est que le consommateurs d’Outre-Manche achète d’abord un cépage, et il ne connaît pas le savagnin. Et plus question de mettre albariño sur l’étiquette, ce serait de la tromperie !
C’est amusant: les Kangourous, ces champions de l’étude de marché, ces rois du customer-oriented, de la cuvée personnalisée, ont aujourd’hui un petit problème de… marketing.


Chronique parue sur www.vitisphere.com

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vitisphere, marketing, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |