02 mars 2010

Dans les vignes du Seigneur

Certaines brebis - et même leurs pasteurs - aiment à flâner dans les vignes du Seigneur.
Prenez Margot Kaessmann. Elle est évêque luthérienne à Hanovre. Progressiste, divorcée et volontiers donneuse de leçons, c'est une figure du protestantisme en Allemagne.
Plus intéressant pour ces Chroniques, Mme l'Evêque ne dédaigne pas la dive bouteille, apparemment, puisqu'elle vient d'être contrôlée au volant par la police locale avec dans le sang (du Christ) 3 fois la dose d'alcool autorisée.
Depuis, elle se confond en excuses. Quelle faute! Je parle des excuses bien sûr. Communier sous les deux espèces, c'est courant dans les églises réformées...

Toujours est-il qu'elle a démissionné de ses fonctions, ce qui me paraît quelque peu disproportionné. D'autant que, comme dit mon ami Jim, ce n'est pas comme si elle avait fraudé. Tiens, l'Eglise hanovrienne achète-t-elle du pinot noir pour son vin de messe?

04:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

23 février 2010

In Vitro Veritas

La vérité est dans le verre, lit-on souvent dans la prose vineuse. Moi-même, j’en use à l’occasion.

Une autre façon de dire que la dégustation prime. Ou bien qu’il n’y a que le résultat qui compte. Est-ce si sûr ? Faut-il tenir pour négligeable la franchise des moyens employés ?

On peut trouve des arguments pour et contre.

Prenez le cas des vins bio. Pendant des années, leur qualité laissait à désirer. On avait beau adhérer philosophiquement au concept, le résultat n’était pas là.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ni pour le bio, ni pour le biodynamique. Ni même pour les vins dits naturels. Les dégustations que j’ai pu faire au salon Renaissance des Appellations, à Angers, voici quelques semaines, m’en ont définitivement convaincu.

Bien sûr, il y a du déchet dans le bio, tout n’est pas bon, loin de là. Mais du côté du «conventionnel» non plus. Alors on en revient à notre axiome du début : « In vitro veritas ». sauf qu’à qualité égale, qui ne préférerait un vin produit dans le respect maximal de l’environnement – et de la santé des gens, consommateurs et producteurs, surtout.

Reste une petite musique discordante qui résonne dans ma tête : est-il possible de maquiller un vin au point qu’il séduise même l’amateur averti, de lui donner l’aspect d’un vin de terroir, d’un vin authentique, d’un vin d’auteur, tout en employant des méthodes productivistes et tout l’arsenal de l’œnologie correctrice ?

Quand je traversais le Chili, l’an dernier, je me suis parfois demandé si la fraîcheur des certains chardonnays n’était pas due à une réacidification.  Je n’ai pas de preuve, juste de vagues soupçons. Mais si l’on ajoute à ça l’osmose inverse, les levures sélectionnées, le mouillage, la chaptalisation, les copeaux, les moyens de rectifier un vin pour l’adapter au goût dominant sont tellement nombreux  qu’on se demande comment un nez pourrait tous les identifier dans un même vin.

C’est sans doute pour ça que nous autres journalistes aimons bien visiter les vignes et les chais ? Ce n’est pas une garantie absolue, mais passer quelques heures avec  le vigneron, l’écouter raconter son vin et sa vigne, les yeux dans les yeux,  permet de comprendre bien des choses. In oculo veritas.

06:45 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |