07 mars 2010

Faut-il primer les journalistes du vin?

Faut-il décerner des prix aux journalistes du vin? Faut-il que ces prix soient rendus par des journalistes du vin?

Ces deux questions ont fait une petite polémique intra-utérine lors de la proclamation des Grands Prix de l'APV, le mois dernier.

Voyons un peu les arguments des uns et des autres.

D'une part, il y a ceux qui se disent qu'un travail bien fait ne mérite pas de récompense, que le journaliste vineux est un artisan des lettres qui sait de lui-même quand son papier est bon.

Il ya aussi ceux qui pensent que si récompense il y a, elle ne peut être donnée que par le public, un peu comme cela se fait pour la litérature avec le Prix Inter, rendu par les auditeurs.

D'un autre côté, il y a ceux qui montrent du doigt les Victoires de la Musique, les Césars, les Oscars, etc... tous des prix décernés aux professionnels de la profession par les professionnels de la profession. Alors pourquoi pas la presse du vin? Se pose-t-on la question pour le Prix Pulitzer? Qu'avons-nous de moins que nos confrères de la dite "grande presse", aujourd'hui si souvent réduite à la reproduction de dépêches prédigérées?

Et moi, qu'est-ce que j'en pense? Je suis mal placé pour répondre. J'ai reçu deux prix de ce genre, un pour un article sur le rosé, à Prague, il y a deux ans; et l'autre, plus récemment, le Wine Blog Trophy, pour ce blog. Notez que je n'avais rien demandé.

Et puis, j'ai organisé voici quelques années le Prix FIJEV de la Presse Belge du Vin.

Je comprends les réticences, car je suis sensible aux soupçons de copinage que ce genre d'opération entraîne inévitablement. A peine les résultats rendus, j'avais déjà reçu des contestations, et je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait pas de sitôt.

Mais je me dis aussi que dans la conjoncture actuelle, qui est tout sauf favorable à la presse du vin, que ce soit pour des raisons économiques ou de contraintes légales, nous serions bien avisés de faire corps plutôt que de nous disputer pour des colifichets, même s'ils flattent notre bel égo. Honorer un journaliste du vin, c'est rappeler que les journalistes du vin existent, et c'est bon pour tous les journalistes du vin, non?

Parfois, je nous vois comme des sous-mariniers se battant pour des parachutes.

Et vous?

 

11:35 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

04 mars 2010

Credo vineux

Une bonne éducation catholique, ça laisse des traces. J'ai été enfant de coeur, j'ai porté les burettes, j'ai sonné la clochette - "Ceci est mon sang versé pour vous"... Etonnez vous après ça si je vous récite mon Credo...


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Ceci est mon sang...

 

Je crois en l’existence de grands vins. Au pluriel. En toute diversité. Transcendant les modes et les chapelles. A titre personnel, je les préfère respectueux des hommes et de la nature.  Même s’il est d’autres voies.

Je crois dans la perfection de certaines œuvres humaines. Je suis prêt à donner 20/20 à un vin qui me réjouit le corps et l’âme, à mettre de côté l’aigreur du critique qui, comme le garagiste, sait si bien démonter mais n'a jamais rien créé. Quand c’est bon, c’est bon!

Car je crois aussi en l’intérêt d’une bonne presse vineuse. Mais pas univoque. Pas omnipotente. Consciente de ses limites. Informative, vulgarisatrice, formatrice mais ni formatée, ni formateuse. Le vrai journaliste vineux n’est pas un dieu. Sa compétence est avérée, mais il sait aussi qu’elle doit sans cesse s’aiguiser à la dégustation et au contact du vignoble. Sa foi l’emporte parfois au delà du raisonnable, mais c’est de la bonne foi.

Je crois surtout dans les valeurs de partage et d’échange portées par le vin. En parler, c’est presque aussi bien que d’en boire. C’est le respecter pour ce qu’il est: un élément de notre culture.

Amen

 

08:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |