08 mars 2010

La Journée de la Femme

Ca y est, c'est à nouveau la Journée de la Femme, et dans les gazettes, on se fait une joie de féminiser les thèmes. Même dans le vin. Regardez un peu sur le site de Terre de Vins, il n'y en a que pour elles, ce matin...

Il faut dire qu'avec tous les clubs de femmes du vin qui fleurissent à droite à gauche, et tout le marketing qu'on fait autour du goût féminin (même la GD s'y met), il y a de la matière, Coco!

Coco, c'est le nom familier que tous les rédac'chefs donnent à leur jeunes recrues. Peut-être une référence aux perroquets qui parlent sans réfléchir, allez savoir.

"Bon, Coco, tu me trouves trois portraits de gonzesses pour demain, c'est la Journée de la Femme. Et que ça saute, le 8 mars, ça n'est qu'une fois par an...".

Désolé, mais je n'adhère pas. Les femmes n'ont pas besoin de journée, ce doit être l'égalité tous les jours. Mêmes droits, mêmes responsabilités, mêmes devoirs.

Quant à leurs vins, il y a bien longtemps qu'ils égalent ceux des hommes, ou les dépassent. Ce n'est pas une question de culotte, c'est une question de compétence. Et jamais, au grand jamais, je ne m'intéresse au sexe du celle ou celui qui fait le vin!

Je dis bon vent aux femmes qui méritent une plus grande place dans tous les métiers, dont ceux du vin. Mais de grâce, qu'on arrête de les traiter comme une espèce à protéger! Et qu'elles arrêtent elles-mêmes de se créer des ghettos!

09:41 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

07 mars 2010

Faut-il primer les journalistes du vin?

Faut-il décerner des prix aux journalistes du vin? Faut-il que ces prix soient rendus par des journalistes du vin?

Ces deux questions ont fait une petite polémique intra-utérine lors de la proclamation des Grands Prix de l'APV, le mois dernier.

Voyons un peu les arguments des uns et des autres.

D'une part, il y a ceux qui se disent qu'un travail bien fait ne mérite pas de récompense, que le journaliste vineux est un artisan des lettres qui sait de lui-même quand son papier est bon.

Il ya aussi ceux qui pensent que si récompense il y a, elle ne peut être donnée que par le public, un peu comme cela se fait pour la litérature avec le Prix Inter, rendu par les auditeurs.

D'un autre côté, il y a ceux qui montrent du doigt les Victoires de la Musique, les Césars, les Oscars, etc... tous des prix décernés aux professionnels de la profession par les professionnels de la profession. Alors pourquoi pas la presse du vin? Se pose-t-on la question pour le Prix Pulitzer? Qu'avons-nous de moins que nos confrères de la dite "grande presse", aujourd'hui si souvent réduite à la reproduction de dépêches prédigérées?

Et moi, qu'est-ce que j'en pense? Je suis mal placé pour répondre. J'ai reçu deux prix de ce genre, un pour un article sur le rosé, à Prague, il y a deux ans; et l'autre, plus récemment, le Wine Blog Trophy, pour ce blog. Notez que je n'avais rien demandé.

Et puis, j'ai organisé voici quelques années le Prix FIJEV de la Presse Belge du Vin.

Je comprends les réticences, car je suis sensible aux soupçons de copinage que ce genre d'opération entraîne inévitablement. A peine les résultats rendus, j'avais déjà reçu des contestations, et je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait pas de sitôt.

Mais je me dis aussi que dans la conjoncture actuelle, qui est tout sauf favorable à la presse du vin, que ce soit pour des raisons économiques ou de contraintes légales, nous serions bien avisés de faire corps plutôt que de nous disputer pour des colifichets, même s'ils flattent notre bel égo. Honorer un journaliste du vin, c'est rappeler que les journalistes du vin existent, et c'est bon pour tous les journalistes du vin, non?

Parfois, je nous vois comme des sous-mariniers se battant pour des parachutes.

Et vous?

 

11:35 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |