23 mars 2010

Le cri du contribuable, le soir au fond des verres

Ce soir, j'ai envie de taper dans la fourmilière des signes de qualité qui n'en sont pas, des vins de merde subventionnés, des interprofessions qui ferment les yeux, de la fraude aux appellations. J'ai envie d'être simpliste. Quitte à être réducteur. C'est le cri du contribuable, le soir au fond des verres. Il ne vole pas aussi haut que les rapports si bien balancés des spécialistes polyvalents, mais Dieu qu'il fait du bien.

Hervé bof

Dégustateur et contribuable réjoui

-De un, en qualité de buveur, comme en qualité d'assujetti fiscal, je me tape du tissu social viticole. Pourquoi le con de payeur, le consommateur, ou le contribuable, devrait-il soutenir des entreprises du secteur privé, surtout quand elles travaillent mal, tirent vers le bas la qualité, et concurrencent en fraudant des producteurs honnêtes dont les prix de revient ne leur permettent pas de lutter? Je peux admettre qu'on me taxe pour payer la sécurité sociale, la police ou l'armée. Mais qu'on utilise mes impôts pour permettre à quelques gougnafiers de continuer à vendre du vin dont personne ne veut, ou de le distiller en douce aux frais de la Princesse Europe, je dis non.

-De deux, qui a dit que le succès se mesurait en hectolitres? Quelques obsédés de la statistique, des jolis tableaux qu'on distribue aux Assemblées Générales des Interpros ou des Offices divers? Moi, je préfère moins de volume, mais du meilleur; et qu'on plante de la betterave ou des fraises là où la vigne ne donne pas bien. Si ça peut éviter que Danone importe ses fraises de Chine... Mais je m'égare.

-De trois, je trouve injuste que la daube produite par des gens qui se foutent de la qualité de leur vin puisse porter le même signe de qualité que les bons produits - on est à la limite de la publicité mensongère. Si l'AOP, c'est le lien au Terroir (définition européenne), alors combien de vins  "protégés" par cette mention devraient plutôt indiquer la provenance de leur sucre, de leur acide tartrique, de leurs levures de laboratoires que celle de leur raisin...

Ah oui, j'oubliais, il faut sauver l'emploi! Mais l'argent de subventions octroyées à des productions qui n'ont pas de raison d'être, faute de marché ou faute d'un minimum de  ce que les Yankees appellent "Unique Selling Proposition" serait mieux employé ailleurs pour en créer, de l'emploi. C'est rendre un très mauvais service au pays que de détourner ses investissements de secteurs d'avenir.

Plus globalement, je pense que c'est une erreur que d'avoir confié à l'Etat ne serait-ce qu'une parcelle du soin d'administrer une production comme le vin. Car la qualité se décrète pas.

En tout cas, pas tant que la liste des additifs autorisés par la loi est aussi longue. A quoi rime d'édicter une liste de cépages homologués, de déclarer telle parcelle AOP et telle autre pas,  de contrôler la vigne en amont, quand le vinificateur, en toute légalité, peut jouer au petit chimiste? Quand le même cépage neutre prend des accents de chardonnay ou de sauvignon au gré de la levure sélectionnée. Ou bien, plus haut dans la gamme, quand il devient plus facile d'identifier le tonnelier que  le château. Et quand la mode est à gommer l'effet millésime pour satisfaire une demande de vins homogènes - merci l'osmose inverse, la cryoextraction, j'en passe et des moins recommandables...

Aujourd'hui, pour protéger la protection fictive des signes de qualité, l'administration doit tout régenter; mais le politique s'en mêle. Cela nous a conduit aux agréments à titre social, aux cahiers des charges alambiqués, aux dérogations préfectorales systématiques, et à la fraude généralisée.

Etonnez vous après ça que de bons vignerons préfèrent sortir leur vin des appellations.

Etonnez vous après ça que je me mette en rage, une fois de plus. Il y a des jours où je deviendrais hygiéniste...

 

 

 

06:49 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

17 mars 2010

Sur la Route des Vins du Mont-Blanc

"Pistes Gourmandes, la Cuisine Pure de Val d'Isère", se déroule du 15 au 21 mars 2010 à Val d'Isère. Elle s'inscrit dans le cadre du programme de La Route des Vins du Mont-Blanc (RVMB), dont l'objectif est de mettre en valeur les vignobles de montagne de France, de Suisse et d'Italie autour du Mont-Blanc.

Nos confrères de www.winetourisminfrance.com (André Deyrieux) s'y sont associés, ce qui est déjà en soi un gage de sérieux.

Plus d'info: http://winetourisminfrance.com

08:23 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |