14 mai 2010

Tête à claques

Je m'en prends, des claques, ces temps-ci. Claques morales, s'entend.

Il y a ceux qui me trouvent trop caustique. Il y a tant de belles choses à dire sur le merveilleux secteur du vin. Oui, c'est vrai. Il y a aussi de belles choses.

Il y a ceux qui me trouvent trop gentil dans mes commentaires de vin. Trop bon public. Pas assez pointu. Je le confesse.

Il y a ceux qui me reprochent de ne pas avoir de suite dans les idées, de dire tout et son contraire. Ils n'ont pas tort. Heureux hommes qui trouvent un début et une fin, une rime et une raison à tout! Moi pas.

Il y a ceux qui n'aiment pas les journalistes.

Mais il y a aussi ceux qui me voudraient plus journaliste - plus d'information, moins de commentaire.

Je ferai des efforts, mais j'aurai du mal à contenter tout le monde.

Il y a encore ceux qui ne peuvent pas me voir en peinture, ceux à qui je donne des boutons (façon de parler). C'est regrettable. Mais à moins de me faire hari-kiri, là, je ne vois pas ce que je peux faire pour eux.

J'en oublie, bien sûr, de ces critiques. Et heureusement pour moi.

Mais qu'ils se rassurent - tout ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. J'en fais même grand cas. Personne n'a la science infuse, on peut toujours d'améliorer.

Et si d'autres, par contre, veulent lancer mon comité de soutien, libre à eux...

 

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

13 mai 2010

La vérité, toute la vérité?

Mon confrère américain du Wine Spectator Matt Kramer s'est fendu d'un manifeste, le "Manifesto 2010", dans lequel il exhorte les producteurs de vin  d'Outre-Atlantique à déclarer sur l'étiquette tout ce qu'ils ajoutent ou retirent au vin: de l'eau, de l'alcool, des colorants, des acides, des tannins, de la caséine, etc...

Rien que de très louable. Sauf que cet appel laisse à penser que les recettes actuelles des vignerons américains sont dignes du parfait petit chimiste. Il faut dire que là bas, le principe est à peu près le suivant: "tant que cela ne nuit pas à la santé, c'est permis"...

On a aussi du mal à croire que si ces mentions étaient rendues obligatoires, les producteurs ne cherchent pas à contourner la loi: qui aurait envie d'apposer "réacidifié", ou "désalcoolisé" sur son étiquette?

Si M. Kramer milite pour l'abandon de telles tambouilles, pourquoi ne le dit-il pas clairement, et pourquoi ne lance-t-il pas un manifeste pour que la Californie les abolisse?

Ici, en Europe, certains producteurs tirent argument du laxisme réglementaire américain en la matière pour justifier le recours qu'ils ont (en douce) à des méthodes comme le mouillage, notamment. Il faut dire que selon la loi californienne, ce mouillage est tout à fait licite.

Gardons-nous cependant de prendre les Américains de haut. Les vins réacidifiés abondent dans le Sud de L'Europe. Ailleurs, c'est la chaptalisation qui fait rage. Ailleurs encore, l'osmose inverse, le levurage aromatisé, etc... En toute légalité, ou parfois en toute opacité.

Ce qui est plus choquant, c'est que nous, sur le Vieux Continent, avons d'autres ambitions. Nous nous réclamons de nos terroirs, d'une tradition... Où sont-ils quand nous rectifions la nature? Comment le vinificateur pourrait-il prétendre gommer l'effet millésime, dans les petites années, sans gommer l'effet terroir?

Vaste débat que je lance ici en espérant que l'un de vous le reprenne au vol, et me démente. J'ai tellement envie de croire que le vin est un produit de la terre.

 

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |