20 mai 2010

Aux Citadelles du Vin (suite et fin)

La scène se passe lundi dernier, dernier jour du concours des Citadelles du vin.

A ma table, deux séries de rouges. Plutôt boisés - un boisé un peu vieillot, fumé, des acidités qui se fondent rarement bien.
Mes condisciples et moi ne succombons pas vraiment à ce "charme" désuet. Nous venons pourtant d'horizons divers (Hong Kong, Japon, Espagne, Belgique et France).
A la fin de la dégustation, nous apprenons qu'il s'agit de vins d'Israël et du Liban.
Moralité: pourquoi nos amis du Moyen-Orient nous envoient-ils ces vins souvent épuisés, et non de jeunes pousses un peu plus fruitées? Est-ce là leur conception du vin médaillable?

JuryBlaye

 Mon jury aux Citadelles du Vin


Un petit post scriptum sur la méthodologie de dégustation.
Nous utilisons la fiche OIV qui occasionne toujours autant de malentendus. Les notes concernant le visuel ne servent pas à grand chose - tous les vins méritent le maximum pour la couleur, d'autant plus qu on ne connaît pas le cépage. Idem pour la limpidité.
Mais certains dégustateurs font quand même la fine bouche, et baissent la note de couleur des vins évolués - quoi de plus normal, pourtant, pour un 2005, que de présenter quelques nuances brunes...
Autre pomme de discorde: les notes de "franchise", pour le nez et pour la bouche. Par franchise, il faut entendre absence de défaut. Mais certains dégustateurs ne le comprennent pas ainsi, manifestement. Ils introduisent des nuances qualitatives, là ou il faudrait se limiter à deux positions. Comme on ne peut pas être un petit peu enceinte, on ne peut pas avoir un peu de défaut, on en a ou on n'en a pas.

Bon, tout ça ne remet pas en cause la validité de ce concours, qui n'en peut mais. D'autant plus que ces biais, les dégustateurs avertis les contournent - plus ou moins facilement.
Mais à quoi rime cette fiche qui ne satisfait pas ses utilisateurs, qu'ils soient œnologues ou journalistes, et qui risque de défavoriser de bons vins?

Avec tout le respect que l'on doit à l'institution et à ses experts, qui sont certainement de bonne foi, et tout en sachant que la critique est facile, il est temps de changer cette méthodologie. Delenda est ficha OIV, et le plus tôt sera le mieux...

08:04 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

19 mai 2010

Vin de pays-IGP : qu’est-ce que ça change?

Nos amis de Vitisphère ont réalisé un dossier très complet sur le passage de VP en IGP. Il me semble utile d'en faire mention ici.

Depuis le 1er août 2009, les vins de pays sont devenus IGP (Indication Géographique Protégée). Un changement pour le moment passé quasiment inaperçu. Pourtant cette modification de dénomination, prévue dans la réforme de l’OCM, ne sera pas sans conséquence sur le paysage français des 150 vins de pays. Le compte à rebours est lancé pour les ODG qui, pour valider le passage IGP de leur vin de pays, doivent déposer leur dossier à l’Inao entre le 15 mai 2010 et juin 2011 au plus tard. Le point sur les grandes lignes de cette réforme.


Changement de statut


Le passage de vin de pays à IGP est un changement de statut : les vins de pays, qui faisaient partie de la famille des vins de table, entrent désormais dans la catégorie des vins à indication géographique. L’IGP est un sigle officiel de reconnaissance de qualité, mis en place au niveau européen. De ce fait, les vins de pays qui étaient gérés jusqu’ici par France Agrimer passent sous le giron de l’INAO, organisme français en charge de la gestion de tous les signes de la qualité et de l’origine. Un comité IGP vins a été crée au sein de l’institut pour gérer les problèmes spécifiques des vins IGP.


Harmonisation européenne


Cette nouvelle dénomination IGP s’applique à tous les vins de cette catégorie de l’Union européenne. Elle devrait donc aboutir à une harmonisation de la segmentation du marché européen du vin. Précédemment chaque pays de l’Union européenne avait sa propre nomenclature : Vin de Pays en France, Vino de la Tierra en Espagne, Indicazione Geografica Tipica en Italie… Désormais, l’offre communautaire est regroupée en deux catégories pour les vins à indication géographique : les AOP et les IGP. La reconnaissance IGP par l’Union européenne assure également une protection de l’indication géographique à l’échelle internationale à l’instar de ce qui ce fait déjà pour les appellations contrôlées. Ce sigle IGP ne s’applique pas seulement au vin, il concerne beaucoup d’autres produits agro-alimentaires, ce qui, en termes de communication, donne une force de frappe considérable pour la mise en valeur de ce signe auprès des consommateurs...


Dossier complet sur www.vitisphere.com

00:18 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |