11 octobre 2010

Chardonnay australien: la réponse d'Andrew Jefford

Andrew Jefford, dont l'annonce de l'article sur le chardonnay australien avait titillé ma fibre journalistique, a bien voulu répondre à ma question: en l'espèce, la mise en exergue de son texte sur le site de Decanter correspondait-elle réellement à sa prose?

La réponse est non, comme on le verra.

J'ai fait une petite enquête ... en fait, ce que j'ai écrit dans l'article c'etait ...

After tasting a few thousand Australian wines over the past eighteen months, there is no doubt in my mind that it’s Chardonnay, not Shiraz or Cabernet, which is Australia’s most consistently successful varietal.  At the highest quality levels, Australian Chardonnay competes effortlessly with the best Premier Cru whites from Burgundy, and beats them to a pulp for consistency.  These are, in other words, wines of true finesse and restraint in youth, with an ageing trajectory before them which sees them acquire amplitude at least into the mid-term, in some cases with the profundity which can only come from a propitious terroir truly suited to Chardonnay.

andrew-jefford-30-oct-07-shadow.jpgAndrew Jefford

Donc Decanter n'aurait pas dû présenter l'article avec les mots "can effortlessly outperform", parce que 'outperform' n'est pas la même chose que 'compete with'. Puisque vous parlez très bien l'anglais, vous apprécieriez la différence.  J'ai demandé une rectification sur le site. 

Je préciserais que 'the highest quality levels' veut dire moins de 2% du total.

La seule façon pour les meilleurs Chardonnays d'Australie de vraiment 'outperform' leurs homologues qualitatifs de Bourgogne (Premiers Crus), c'est leur 'consistency' (régularité dans la qualité), grâce en partie à l'utilisation de capsule à vis en Australie, mais aussi à cause de la variabilité des millésimes et l'atomisation des parcelles en Bourgogne, sans oublier la variabilité des niveaux d'expertise de vinification parmi les producteurs en Bourgogne.

Pour remettre le tout dans son contexte, je précise que je suis très critique de beaucoup des pratiques en Australie: voir
http://www.andrewjefford.com/node/702
http://www.ft.com/cms/s/2/795fba50-a0ea-11df-badd-00144feabdc0.html
et l'article 'Australia Report' ci-joint.

Andrew Jefford

Dont acte, Andrew. Comme quoi il faut toujours se méfier des résumés, des citations tronquées, des reprises, des adaptations. Comme pour les bons vins, préférez toujours la version originale...

Alors, amis lecteurs, cette polémique était-elle vraiment sans objet? En définitive, elle a au moins permis à l'auteur de défendre son oeuvre. Et je pense que tous les producteurs de Chardonnay, qu'ils soient Bourguignons ou Australiens, mais pour autant qu'ils soient de bonne foi, comme Andrew, s'y retrouveront.

00:18 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Bourgogne, Vins de tous pays | Tags : andrew jefford, australie, bourgogne, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

07 octobre 2010

Testez la teneur en polyphénols de votre bouteille de vin!

Une équipe suisse de l'École Polytechnique de Lausanne, alliée à des universitaires américains de Stanford, a mis au point une machine permettant de tester rapidement le niveau de polyphénols dans une boutelle de vin.

L'appareil, qui n'est pas plus grand qu'une boîte d'allumettes, fonctionne avec des bandelettes de test, un peu comme les appareils de mesure glycémiques des diabétiques. Il suffit de déposer une goutte du vin sur la bandelette.

La machine devrait être lancée assez rapidement en France par le la firme Diagnogène, au prix de 2.000 euros environ.

Marché visé en priorité: les producteurs, qui pourraient vouloir augmenter la teneur en polyphénols de leur vin (rouge), afin d'en faire un argument de vente. Mais une version pour les particuliers pourrait également voir le jour.

A toutes fins utiles: je ne suis pas intéressé. Je ne consomme pas du vin pour raisons médicales.

A tout prendre, je préfererais une machine permettant d'identifier la provenance réelle des vins. Bizarre que l'équipe de Lausanne ne se soit pas penchée sur le sujet. Les AOC vaudoises sont de vrais patchworks où il est difficile de quantifier le pourcentage de vin effectivement produit dans l'aire d'appellation. Il y avait là un beau défi pour les chercheurs...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |