22 août 2014

Les Parfums du Vin

Mon collègue suisse Richard Pfister (avec qui j'ai eu le plaisir de déguster la semaine dernière lors de Pinots du Monde) a publié un joli livre qui mériterait d'être plus connu.

Pour une fois, le contenu est exactement dans le titre: "Les Parfums du Vin".

Oui, mais l'originalité de la démarche est la présentation: ici, on ne part pas des vins qu'on chercherait à décomposer, on part des arômes, qui sont classés par grande familles ou dominantes (épicée, florale, animale, bisée, végétale, lactique, fruitée, empyreumatique, et même, et oui, minérale...).

ParfumsduVin.jpg

Et Richard nous en dit à peu près tout ce qu'on peut avoir envie d'en savoir: origine, histoire, molécule chimique, odeurs proches, avec quelques exemples de vins et cépages présentant fréquemment tel ou tel parfum.

De l'anis au litchi en passant par le thé noir, le thé vert , le champignon de Paris, la figue, la cannelle, le vétiver... et bien d'autres (plus de 150 au total!), c'est complet, érudit, mais pas trop, bien conçu, et bien réalisé - bref,  c'est un outil essentiel, et pour les néophytes, et pour les dégustateurs professionnels comme moi, toujours à la recherche des mots pour le dire, de l'arôme fugace. Merci, Richard!

En prime, dans son introduction, l'oenoparfumeur (c'est ainsi que se décrit cet ingénieur oenologue ayant travaillé dans le monde du parfum) explore les arcanes de la neurophysiologie de l'olfaction. Par ailleurs, à la fin de l'ouvrage, un index liste les molécules et les odeurs correspondantes ressenties.

Les Parfums du Vin, Richard Pfister, Editions Delachaux & Niestlé, 256 pages, 25 euros. Format de poche très pratique pour les escapades de dégustation...

12:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : parfums, odeurs, vin, bibliographie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

11 août 2014

Oenologue et oenophile: ne pas confondre!

Récemment,  à la RTBF, mon copain Eric Boschman a consacré une émission au Vin de Coing de Roisin - je vous en ai déjà parlé, Ludovic Boucard est un excellent vinificateur. Ou faudrait-il parler de  "cognificateur"?

Puisqu'on en est à discuter du sens des mots, relevons au passage que contrairement à ce que prétend la RTBF, Eric n'est pas "le plus célèbre oenologue de Belgique".

Certes, il est célèbre, certes, il est même grandiose en son genre - et c'est un copain, je vous l'ai dit. Mais il n'est pas oenologue. Pour rappel, un oenologue est un universitaire (bac +5, en France) à la formation scientifique, notamment en biochimie, et dont le rôle est de faire du vin ou à tout le moins, d'assister un vigneron dans ses choix de vinification. C'est une formation sanctionnée par un diplôme.

Alors certes, il y en a de plus doués, de plus ouverts, de plus techniques que d'autres; mais dans tous les cas de figure, ce n'est ni la formation ni le métier de base d'Eric (qui est sommelier); ni, d'ailleurs, le mien - et oui, moi aussi, on m'affuble aussi de temps à autre de ce titre d'oenologue, que je récuse toujours.

Eric et moi faisons partie de la catégorie des oenophiles. Nous ne sommes ni Rolland ni Dubourdieu. Le vin, nous l'aimons, étymologiquement et viscéralement, mais nous sommes incapables d'en faire, et c'est aussi bien ainsi, parce que ça nous laisse l'indépendance nécessaire pour parler de celui des autres.

07:58 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : eric boschman | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |