19 novembre 2010

Que peut-on publier sur un blog?

Mon confrère du Progrès Jean-Didier Derhy vient de faire valoir ses droits d'auteur pour demander à Jacques Berthomeau de retirer de son blog la reproduction du billet d'humeur du dit Derhy à propos de Jean-Pierre Coffe et du Beaujolais.

C'est son droit le plus strict. Mais comme ce papier était disponible gratuitement sur le site du Progrès, on voit mal en quoi la publication chez Berthomeau était gênante. Jacques aurait pu se borner à mettre un lien, bien sûr, mais ça changeait quoi? D'autant que Jacques citait ce papier et son auteur en exemple.

En ce qui me concerne, j'aurais même été flatté d'être reproduit chez Berthomeau. Pour nous autres plumitifs du vin, c'est presque comme recevoir les palmes académiques pour un prof de collège en zone d'écucation prioritaire. Au fait, Jacques, ça fait longtemps que tu ne m'as pas reproduit... ;-))

Quoi qu'il en soit, en lieu et place du billet ma foi très bien torché de M. Derhy, on a droit à présent chez Berthomeau à un encart "Censuré"  . C'est ici

Je ne vois donc pas bien à qui profite ce "rappel à l'ordre".

Et puis, je me dis que si toute reproduction d'article disponible sur le web doit être soumise à autorisation, les blogs vont perdre grandement de leur réactivité, et de leur intérêt.

Je me doute bien que les journaux papier ne voient pas toujours les blogs d'un bon oeil; mais là, lorsqu'un blog cite ses sources, et les met en valeur, la stricte application des textes de loi me semble hors de propos.

Je ne sais si c'est M. Derhy ou son patron qui a jugé utile d'entreprendre cette démarche, mais en ce qui me concerne, et avec tout le respect que je dois à un confrère (dont les textes sont inspirés, de surcroit), je pense qu'il faut en revenir à l'esprit des textes: le but de la loi est d'empêcher le plagiat, pas d'empêcher la citation, surtout élogieuse...

 

 

 

21:26 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, blogs, berthomeau | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |

14 novembre 2010

Vin et santé, la fin du mythe... et le début de la mauvaise foi

Retour sur le fameux article "Vin et santé, la fin du mythe" du 21 octobre dernier, avec l'erratum publié par Femina.

On se demande si l'erratum (tellement complaisant pour l'auteur) n'est pas pire que l'article initial, mais bon, mon sens du pluralisme l'emporte sur mon irritation...

Voici donc ce texte où la mauvaise foi ne dit jamais son nom: on ne s'excuse pas, on "précise". Les lectrices vigneronnes apprécieront: si les conseils minceur et le reste du coaching de Femina sont du même tonneau, autant lire Spirou, Mesdames.

Retour sur l'article Mieux-être du n°446

Article du 21/10/2010

Suite aux vives réactions suscitées par les propos du Pr Michel Bourzeix, directeur de recherche honoraire à l’Inra, retranscrits dans l’article Vin et santé, la fin du mythe, ce dernier, après avoir félicité notre consoeur Christelle Ballestrero pour son article «parfait, très concis mais disant tout ce qui est essentiel, dont nous espérons qu’il va enfin ouvrir le débat sur l’élaboration de vins mieux adaptés à la santé et à la nutrition, ce qui serait dans ce cas un grand succès», souhaite apporter les précisions suivantes.

« Il y a eu tout de même confusion dans la traduction de mes propos lors de notre conversation téléphonique. Je dois préciser que les vins du Languedoc-Roussillon ne font pas l’objet d’ajout de sucre de betterave pour augmenter le degré d’alcool (chaptalisation). Le degré d’alcool n’est dû qu’à la teneur plus élevée en sucre du raisin, en lien notamment avec le réchauffement climatique. Cette élévation, c’est vrai, pose un problème pour les consommateurs. Suite aux derniers travaux de recherche (Inra, IFV), il est maintenant possible d’enlever jusqu’à deux degrés d’alcool aux vins pour les ramener à des teneurs en alcool classiques, tout en respectant leur qualité. Toutes ces méthodes sont physiques et pas chimiques. Dans le respect des bonnes pratiques de vinification très codifiées par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), le vin ne pas être considéré comme une boisson issue de la chimie, mais uniquement de la fermentation du jus de raisin frais. Les produits chimiques sont interdits. Seuls les sulfites, antiseptiques protecteurs du vin contre les attaques des bactéries, sont autorisés. Ils empêchent, par exemple, qu’elles le transforment en vinaigre. Enfin, l’aspect Vin et Santé est un sujet étudié dans le monde entier par de nombreuses équipes médicales pour établir sans polémique les avantages et les limites d’une consommation modérée de vin, deux à trois verres par jour. Le vin est considéré dans certains pays, par exemple l’Espagne, comme faisant partie de l’alimentation, en lien avec sa composition en polyphénols, dès lors qu’il est consommé avec modération. »

 

PS. Dommage que la journaliste n'ait pas jugé bon de s'exprimer en personne... C'était "son" article, ses "conseils", tout de même?

07:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, santé, mythe, ballestrero | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |