10 mars 2011

Dior Addict et Kate Moss, un marketing qui ne sent pas très bon

Pas de rapport avec le vin (sauf peut-être le nez). Mon sujet d'aujourd'hui est plutôt le marketing. Et la décence. Le premier étant plus visible que la deuxième, je tente maladroitement de rétablir l'équilibre. Ceux que ça n'intéresse pas ont ma bénédiction pour aller regarder ailleurs de jolies videos de dégustation.

Cette semaine, les rues sont pleines de la campagne de Dior pour son rouge à lèvres "Addict" (en français, accro, toxico). Pour l'incarner, la marque n'a rien trouvé de mieux que d'utiliser pour ça la frimousse de Kate Moss., alias "la brindille". Une des plus célèbres ex-toxicomanes de la Jet-Set internationale (et quand je dis "ex", c'est parce que je n'en sais rien, je ne vis pas avec elle). La plus belle illustration de ce que les magazines ont appellé naguère l"heroine chic" (mais le mannequin britannique a également eu les honneurs d'une couverture du Daily Mirror, sous le titre de "Cocaine Kate"). Mais aussi, une icone pour la jeune génération. Genre belle et rebelle, un tantinet destroy.

Dans ce contexte, le message de Dior Addict n'est-il pas ambigu? Ses marketteurs, qui sont bien informés, n'ont pas pu ne pas y penser. Ont-ils trouvé amusant de jouer sur cette ambiguité?

Pour moi, c'est une faute de goût.

Attention, loin de moi l'idée de blamer la jolie Kate ni de jouer les pères la pudeur; Mademoiselle Moss fait ce qu'elle veut de sa vie et celle-ci ne se résume certainement pas à la drogue. Et elle a certainement le droit de continuer à exercer son métier de modèle.

Non, ce qui me dérange, c'est plutôt l'utilisation qui est faite de ses déboires. Et le risque de banalisation qui pourrait s'en suivre. D'ailleurs, le nom du produit, "Addict", ne sent déjà pas très bon.

Mais qui a dit que l'industrie du parfum devait sentir bon?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : parfum, nez, marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 mars 2011

Pesticides: la solution

Je reviens sur l’affaire de Damery, commune champenoise privée d’eau potable pour cause de taux de pesticides dépassant les normes (voir mon post de mardi).

Le problème est mal posé.

Il ne se situe évidemment pas au niveau de la quantité de pesticides épandus dans le vignoble champenois – ces quantités sont nécessaires si l’on veut maintenir les rendements et donc, le revenu du vigneron marnais, du négociant marnais, du betteravier marnais et du concessionnaire automobile marnais, sans parler de M. Bayer, de Mme Sanofi et de la balance commerciale de la France. Car il faut garder à l'esprit l'objectif fixé par le ministre de l’agriculture: l'équilibre entre développement économique agricole et respect de l'environnement.

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Le dégustateur du futur sera plus résistant

Dans ce contexte, il convient d'abord de clouer le bec à tous ces écolos, ces bobos, ces gens qui bêlent «bio, bio» comme des moutons de Panurge. Car comme le rappelait la FNSEA, l’environnement est une chose trop importante pour être laissée aux écologistes. Les gens sérieux doivent reprendre la parole. Relativiser. Quitte à noyer le poisson. Dans une eau bien propre, bien sûr.

Et puis aussi, un peu, régler le problème.

Là, une solution vient immédiatement à l’esprit – et tant pis si elle effraie quelques esprits attardés: je veux parler des OGM.

Activons la recherche OGM sur les embryons humains. Au moyen de gènes habilement améliorés, créons une nouvelle race d’hommes et de femmes capables de résister à des niveaux de pesticides beaucoup plus élevés que les malheureux plafonds actuellement fixés par les agences sanitaires.

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : vin, bio, vignoble, ogm, humour noir | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |