11 mars 2011

Quand Decanter interroge ses lecteurs

Le magazine britannique Decanter va publier un article sur les Cabernets californiens, millésime 2007, où il vantera leur équilibre et leur fraîcheur. Mais sur son site, il a interrogé ses lecteurs à ce sujet. Et ceux-ci apparaissent pour le moins dubitatifs: 39% sont d'avis qu'on trouve encore beaucoup trop de bombes fruitées et hors de prix dans cette catégorie de produits. Et 18% qu'on ne peut pas se faire une idée sur un seul millésime.

Comme quoi la presse ne peut jamais aller tout à fait à l'encontre du public. Mais que Decanter publie ce genre de choses, qui mettent directement en question un de ses articles, je trouve ça plutôt sympa. On a beau être la "meilleure revue du vin au monde" (c'est en tout cas ce qu'ils prétendent sans fausse modestie), on laisse le lecteur s'exprimer, et ça, c'est bien.

00:32 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : decanter, vin, vignoble, presse vineuse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10 mars 2011

Amorim wants you

Comme chaque année depuis 20 ans, la prestigieuse Académie Amorim fait appel à candidatures pour son Grand Prix annuel. Il s'agit de récompenser "des travaux de recherche qui concourent à l'amélioration des conditions d'élaboration et de conservation des vins, ainsi que des travaux de nature juridique, économique et sociologique sur la filière viti-vinicole".

Cette Académie abrite pas mal de "pointures" du vin (Jacques Puisais, Michel Bettane, Ezio Rivella, Louis Havaux, Robert Tinlot, Jocelyn Tremblay...). Des gens d'expérience, à la compétence reconnue. 

Académie-Amorim-2011.jpg

 

Mais iraient-ils jusqu’à récompenser des travaux mettant en avant les avantages qualitatifs de la capsule à vis, dont le président d'Interloire nous rappelait récemment qu'il était le système de bouchage qui mettait le mieux en valeur les Chinons blancs de son domaine? Ou bien, des études étayant les atouts de ces mêmes capsules en matière environnementale? Ou pire encore, des études sur le goût de bouchon, dont on sait qu'il a disparu. Sauf chez quelques petits producteurs sans le sou ne mettant pas un prix décent dans un bon bouchon, au fin fond des petits terroirs français, comme à Saint Julien, chez Léoville Las Cases.

Non, bien sûr. Récompenser ce genre d'études, pour Amorim, ce serait aussi incongru que de voir une quelconque Académie Bayer primer un travail sur les dangers des traitements phyto...

Et sans faire injure à ses membres, cela décrédibilise un peu ce genre d'organisations.

Pourquoi existent-elles, d'ailleurs? Pourquoi ces missions-là ne sont elles pas remplies, et de manière plus indépendante, par les Etats, les Universités, les Facultés? Ah, j'oubliais, faute de liquidités, les Facultés, les Universités, les Etats recourent aussi à des "sponsors", aujourd'hui. Amorim bouche des bouteilles. Le service public, lui, bouche des trous.

Il y a au moins deux traductions pour ce mot de sponsor, en bon français. D'abord, il y a le terme de mécène. C'est  celui qui s'applique aux plus désintéressés, à ceux qui aiment l'art pour l'art, ou la science pour la science, bref, une race presque aussi éteinte que le dodo de la Réunion ou que le salarié dans la chronique vineuse.

Et puis il y a l'autre acception: le parrain. "Il padrino," comme on dit de l'autre côté des Alpes. Et à celui-là, il ne faut jamais manquer de respect.

 Tiens, il y a peu, un certain Alain me traitait de "Lou Ravi de la presse vineuse". Mais jusqu'à présent, tout benêt que je sois, je suis un des premiers à m'occuper de ces moulins-là. Ca vous en bouche... un coin, non?

10:24 Écrit par Hervé Lalau dans Portugal, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |