27 février 2015

Une histoire de tire-bouchon

A Epanomi, en Grèce du Nord, la maison Gerovassiliou consacre un joli musée au... tire-bouchon.

Le tire-bouchon dans tous ses états; le tire-bouchon à travers les âges et les modes, du simple T aux plus sophistiqués.

Ce musée; je l'ai visité avant-hier, à la faveur du Concours International des Vins de Thessalonique.

Une lithographie du début du 20ème siècle a attiré mon regard, je l'ai trouvée à la fois amusante et éducative. Qui n'a pas pesté contre un bouchon récalcitrant? 

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Ce qui me fait me poser à nouveau la question qui fâche. Quand ceux qui croient gouverner nos habitudes d'achat - je veux dire les importateurs, les distributeurs, les épiciers et les négociants de tout gabarit cesseront ils de choisir à notre place ce qui est bon pour nous, ce que nous aimons vraiment, ce que nous détestons ? 

Jusqu'à quand nous refuseront-ils la modernité, la praticité, la sécurité de la capsule à vis, celle que nos amis Suisses ont acceptée sans esprit de retour?

Qui voudrait encore démarrer sa voiture à la manivelle? Qui voudrait remplir sa cave de charbon? 

Et il nous faut pourtant supporter un bouchage vieux de plusieurs siècles, aussi aléatoire que peu pratique pour l'utilisateur...

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Grèce, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 février 2015

A propos du Grand Jury Européen, de la critique, de la théorie du complot, de l'anonymat...

Le Président du Grand Jury Européen, François Mauss, a posté sur son blog un article traitant de sa méthodologie et de son évolution. C'est ICI.

Les commentaires, nombreux, ont vite tourné à l'aigre. Je n'ai pas pu m'empêcher de poster le mien, que je me permets de reproduire sur ce blog.

Je trouve assez effarante la polémique sur l'indépendance du GJE. Pourquoi tant de suspicion? On ne demande pas autant de garanties aux magazines recevant de la publicité, ni aux concours qui ne publient jamais aucune note et ne sélectionnent jamais de vin à l'entrée, ni aux guides qui utilisent des courtiers, négociants et producteurs! Et que faut-il penser des comptes rendus des Primeurs, dégustations-abattages de vins non finis et préparés pour l'occasion?
Je précise que je n'ai aucun lien avec le GJE. Et que je ne suis pas un inconditionnel des grands crus. 
D'ailleurs, mon souhait serait qu'il ouvre ses dégustations à des vins moins cotés - tiens, vu la polémique sur le dossier Roussillon de Decanter, j'aimerais bien que le GJE s'intéresse aux rouges de cette belle région.

J'ajoute que je suis gavé de l'esprit négatif qui règne aujourd'hui dans bien des domaines; rien de ce qui préexiste, rien de ce qui se crée, rien de ce qui se transforme ne trouve grâce aux yeux de certains de nos contemporains. 

Vous êtes Charlie? Vous faites partie du complot. Vous n'êtes pas Charlie? Vous faites partie de l'autre complot. Vous primez un vin? C'est que vous aviez un intérêt caché, des accointances suspectes; vous critiquez un vin nature - vous n'êtes qu'un incompétent - pire, un vendu à la solde du grand capital. Vous ne le critiquez pas? Vous avez succombé à une mode.

Bien sûr que tout est critiquable, que tout doit pouvoir être examiné. A condition bien sûr qu'il y ait matière à questionnement. Mais pourquoi toujours voir le mal partout? Pourquoi toujours chercher un agenda caché dans les choix les plus simples?

Qu'est-ce qui a fait, par exemple, que je vous parlais hier d'un Rivesaltes des Vignerons de l'Agly, plutôt qu'un autre vin? Rien d'autre que de l'avoir vu dans les rayonnages d'un magasin, et d'avoir été attiré par le nom de François Arago. De l'avoir acheté, par curiosité.

Dans la même semaine, j'ai reçu plusieurs échantillons de vins que je n'ai pas commentés, parce que je ne leur ai pas trouvé un intérêt suffisant pour vous en parler. Ca aurait pourtant été plus facile, et ça ne m'aurait rien coûté.

Je dis ceci pour ceux qui pensent que des considérations économiques dictent toutes nos dégustations, et nos coups de coeur. Et bien non!

Notez que s'en défendre, c'est aussi prêter le flanc à la critique: "vous voyez bien qu'il a quelque chose à se reprocher"... C'est aussi imparable qu'un réquisitoire du temps de la justice soviétique. Ou qu'un prêche, au choix.

Ma conclusion provisoire, si vous le voulez bien, sera la suivante: croyez ce que vous voulez. Je peux me tromper, mal écrire, faire des erreurs de jugement, mais ce sera toujours de bonne foi. Et puis, il y a bien d'autres blogs à visiter.

D'un autre côté, sur celui-ci, contrairement au GJE, je n'accepte plus les commentaires anonymes depuis longtemps.

C'est une question de dignité. Je m'expose, je signe chaque billet, j'attends la même honnêteté de ceux qui me critiquent.

00:34 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |