30 mars 2011

Le poil à gratter des blogs de vin

L'avantage des blogs, c'est qu'ils sont réactifs. Hier, mes sorties à propos de la politique vin supposée de France Agri Mer m'ont valu un commentaire assez cinglant du Délégué Vin de cet organisme, Eric Rosaz.

Celui-ci entend défendre son organisation. Rien de plus normal. Et surtout remettre le débat, celui de la simplification de l'offre viticole française, dans un contexte plus global. Pourquoi pas? Je ne demande qu'à comprendre.

Je retire rien à ce que j'ai pu écrire, car je l'ai écrit de bonne foi - avec un brin de malice, c'est vrai, et une bonne part d'exagération. Mais n'est-ce pas de bonne guerre quand on n'a que sa plume pour porter un message?

Sur ce blog, je ne suis le représentant d'aucune organisation, je ne suis qu'un être pensant (un peu) mettant son expérience et ses quelques neurones au service de ceux qui veulent bien me lire.

Mes posts doivent parfois faire l'effet de poil à gratter. C'est souvent délibéré. Une fois qu'on a gratté, les choses apparaissent en général avec plus de clarté.

Il y a des choses qui m'agacent, des choses qui me choquent, des choses qui m'amusent. Je les partage avec vous.  En toute franchise. Je ne suis pas là pour jeter du fiel. Je ne règle pas de comptes. Je n'ai pas d'agenda secret. Les posts se suivent sans ordre ni méthode, au gré de l'actualité. Je n'ai pas de sponsors non plus. Ni de gourou.

Quelques marottes, sans doute. Quelques convictions, aussi. Plus ou moins justifiées, comme tout un chacun. Mais je n'ai certainement pas la prétention de dicter la politique vins de la France. Ni même de la concevoir dans le détail. J'en suis bien incapable. Et ce n'est pas le rôle d'un journaliste.

Alors M. Rosaz, et tous ceux que ce blog irrite, ou amuse, ou indispose, ou consterne (cochez la case correspondante) merci de bien vouloir débattre avec moi. Dans le respect mutuel. Nous sommes ici entre gens généralement bien élevés, puisqu'intéressés par le vin.

Chers lecteurs, vos commentaires (plus de 2.200 depuis que mon hébergeur les compte) sont partie intégrante de ce blog. Ils l'enrichissent souvent; ils me donnent de nouvelles idées, ou me poussent à affiner. Et puis, ils m'encouragent à continuer ce boulot de sysyphe, jamais fini.

Certaines fois, je m'interroge: est-ce que je peux dire ça comme ça? Et comment allez vous le prendre? Parfois je remanie ma phrase, ou je la supprime. Parfois pas. Il m'arrive aussi de rire sous cape en pensant à vous quand vos découvrirez quelques uns de mes délires. Et oui, j'ai un côté taquin.

On disait de Guitry, je crois, qu'il aurait tué père et mère pour un bon mot. Je n'en suis pas là, heureusement, mais j'avoue que j'aime bien m'amuser avec les mots, les ciseler, voire les détourner.

Tout ça pour dire que je crois à la valeur de l'échange. Je ne cherche pas à faire l'unanimité; mais indécrottable naïf, je crois qu'entre gens de bonne volonté, et surtout entre amoureux de la cause du vin, il y a toujours moyen de se parler, de s'écouter, à défaut de s'entendre.

En tout cas, moi, depuis 4 ans que j'ai entrepris ce blog, j'en ai écrit et j'en ai lu de toutes sortes. J'ai eu mes petites traversées du désert, mes moments d'enthousiasme, de dépit ou de rage. Rappellez-vous, la polémique des rosés de coupage. Ou celle des blogs de vin, l'année dernière. De grands moments! Je ne regrette pas le voyage. Et vous?

Sur ce, santé!

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : vin, blog, opinion | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

27 mars 2011

Eric Boschman et le Grand Larousse du Vin...

Il vient de sortir, enfin, presque, le nouveau Grand Larousse du Vin est  arrivé.

Pourquoi en parler maintenant alors qu’il est arrivé sur les tables des libraires il y a déjà une jolie paire de mois? Simplement parce qu’il y a deux manières de parler d’un ouvrage, soit on fait un copier/coller du communiqué de presse de l’agence chargée de faire passer le message, soit on prend un peu de temps pour le parcourir et se faire un avis.

France, vin, grand larousse du vin

A première vue, à la lecture du générique, ce livre est destiné à la France et aux Français. Mais, si, vous savez, ce pays rigolo où un Président qui ne mange pas est parvenu à faire inscrire un concept aussi sulfureux que la haute gastronomie française au patrimoine machin de l’Unesco. Ha, vous voyez que vous vous souvenez. Vous me direz qu’eux, au moins, ont un vrai gouvernement. Parfois, quand j’ai le temps de réfléchir, je me demande ce qui est le pire. Mais passons.

Quelques chiffres pour commencer: le nouveau né pèse trois kilos et cent cinquante grammes. Ce qui est fort respectable. Il contient cinq cent trente pages, ce qui a de quoi rebuter mon petit neveu qui adore la lecture.

La première partie, représentant plus ou moins un petit tiers de l’ouvrage, est consacrée au B.A.BA du pinard. Comment le servir, le conserver, le marier, son histoire, ses origines, les grandes familles de vignes et j’en passe et des meilleures. C’est plutôt vachement bien foutu, complet et nettement plus fiable que l’essentiel des sites web consacrés à la chose. Et puis, un livre, même très lourd, c’est quand même vachement plus sensuel qu’une tablette hein.

La suite du livre est consacrée aux grandes régions viticoles du monde. Equipe française, lecteurs francophones, marché français, éditeur français, donc la France représente une grosse centaine de pages. L’Italie, elle, pèse une vingtaine de ces mêmes pages. Ah, c’est comme ça m’sieurs dames, on a beau être le premier ou le second producteur du monde suivant les millésimes, le premier ou presque consommateur de cette même planète, si on est rédigé par des halogènes, paf, c’est comme ça, portion congrue. Il faut dire que pour les monomaniaques, il existe aussi des ouvrages portant exclusivement sur les pays, hein.

D'autres pays sont eux carrément aux abonnés absents, comme le Luxembourg (alors que pourtant, à quelques kilomètres, mais côté camembert, même les Côtes de Toul ont droit de cité). C’est moche, je trouve. En plus, nos amis hexagonaux connaissent quand même vachement le Luxembourg. Enfin, c’est peut-être pas pour les vins. Par contre, comme il y a peut-être un potentiel économique, le livre parle de l’Inde, certes peu, mais toujours plus que du Luxembourg. Et lorsque l’on évoque la Chine, c’est à peine plus que l’Inde. On parle aussi du Japon, mais en mettant en avant un propriétaire…français.

Bon, allez, j’arrête de faire ma tête de cochon, parce qu’en dehors de mes remarques désobligeantes pour le plaisir de l’être, ce livre devrait être obligatoire pour toutes les écoles hôtelières, cours de dégustations, formateurs en tous genres ; c’est très complet, certes un peu subjectif, mais c’est le propre de cet univers particulier.

C’est que le monde du vin est basé, en dehors de quelques données évidentes et le plus souvent techniques, sur deux axes impossible à objectiver : le talent et le goût. Oui, je sais, il s’agit d’un livre et donc, forcément, il est obsolète à l’instant de sa publication. C’est vrai, certains pays ont fortement changé leurs classifications ou régions de productions depuis deux ans, prenez la carte du Portugal et vous comprendrez.

Mais qu’est ce qu’on s’en fout ! il y a internet pour ça ! ce qui compte, et que vous ne trouverez pas ailleurs, c’est le style et la qualité des rédacteurs. Et là, ça vole haut. Si vous vous intéressez un peu au pinuche, c’est le truc qui doit garnir votre table de nuit. Un exemplaire au minimum par famille, c’est recommandé par les bons médecins.

Pour décompresser entrer deux chapitres, je ne peux que vous conseiller une perle rédigée par un certain Jean-Pierre Gauffre, Le « Petit Dictionnaire Absurde et Impertinent de la vigne et du vin ». Une œuvre de salubrité publique. Mais pour bien en saisir tout le sel, il vaut mieux avoir parcouru le Grand Larousse pour commencer.

En attendant la semaine prochaine, je ne résiste pas à vous livrer une petite définition extraite du Petit Dictionnaire etc:  «Bordelais : Obscure région de production viticole de piètre qualité, selon les vignerons de Bourgogne. (voir ce nom)». Donc, de la page dix-huit, vous vous rendez illico presto à la page vingt :  «Bourgogne : Obscure région de production viticole de piètre qualité, selon les vignerons du Bordelais (voir ce nom)». 

Allez, bonnes dégustations !

Le Grand Larousse du Vin, édition Larousse, 44,75 € et le Petit Dictionnaire Absurde et Impertinent de la Vigne et du vin, Jean-Pierre Gauffre aux éditions Féret, 14,80€

00:57 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : france, vin, grand larousse du vin | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |