13 mai 2011

J'aime/j'aime pas

Non, je ne vais pas vous parler de cette tendance du J'aime/J'aime pas qui réduit la critique vineuse à la justification verbodiarrhéique de préférences très subjectives. 

J'ai mis ce titre pour attirer l'attention (et oui, c'est du marketing du pauvre). Pour vous inciter à lire la chronique de mon excellente consoeur et amie Anne Serres. C'est ici

Je trouve que cela mérite réflexion.

Nous rêvons tous de vignerons intègres et passionnés de leurs vins. D'artisans, voire d'artistes. A longueur de rencontres, je dis aux producteurs de faire ce qui leur plaît, ce en quoi ils croient, de rester eux-mêmes, de savoir nous entendre, nous, critiques, mais aussi, de savoir ne pas trop nous écouter.

Mais puis-je vraiement vous jurer que l'étiquette d'un vin ne m'influence jamais, pas plus que les modes du vin?

La réponse est non.

09:23 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, france, dégustation | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Sol y Luna

La semaine dernière, je vous parlais de Lautaro, une sympathique association de petits producteurs chiliens travaillant dans le système du Commerce Equitable. Dimanche, nous avons rencontré les responsables d'un groupement similaire en Argentine, cette fois: Sol y Luna, à Lujan de Cuyo (Mendoza).

Fondé en 2004, celui-ci réunit une vingtaine de socios, propriétaires de vignes ou contratistas (détenteurs d'une sorte de fermage), sous la présidence de la très dynamique Gabriela Furlotti, par ailleurs propriétaire d'une table d'hôtes de toute beauté (avec vue sur le vignoble). C'est là que Marc et moi avons dégusté 4 vins de la gamme Soluna. Résultat des courses: on peut être équitable et bon vinificateur. Ou pour le dire mieux: il ne faut pas être un adepte du "Fair Trade" pour aimer ces vins. Mais si en plus, ils sont produits de manière à donner aux producteurs et aux travailleurs la juste rétribution de leur travail, un accès plus facile aux soins médicaux, à l'éducation, etc... qui s'en plaindra?

Tout récemment, avec l'argent rétrocédé par le système, un socio atteint de cancer a pu être traité en urgence dans une clinique privée, alors qu'il aurait dû attendre quelques mois pour recevoir le même traitement dans l'hôpital public, dont les médecins sont débordés. Ceci pour situer quelques uns des enjeux. Le vin, dans cette acception, cela peut aider à sauver une vie. Mais voyons un peu çà dans le verre...

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L'âme derrière les vin, Gabriela Furlotti (Photo Marc Vanhellemont)

Soluna  Premium 2006
Texture serrée, dense en couleur et en arômes, café, assez suave en bouche mais trop sur le cuir, un peu damertume, astringence, acidité pas fondue, extrait, austère 12,5/20

Soluna Premium 2009
Réglisse, fruit mûr, floral aussi, tannins présents mais pas envahissants, amer cacao 14/20

Soluna Primus Malbec 2006
Fruit noir, réglisse, raisin mûr,  bois fin, café, suave mais encore frais. Bouche ample et fruitée (prune, réglisse). Un maître-achat. 18 mois de barrique. 15/20

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Nos préférés

Soluna Primus Malbec 2007 
Plus fermé au nez, assez dense en bouche, acidité un peu trop évidente, astringence, pas encore harmonieux. 12,5/20

En résumé, une belle rencontre, des vins qui ont leur place sur nos marchés.

Contact: gabriela@fincaadalgisa.com.ar

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Argentine, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, argentine, commerce équitable | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |