22 avril 2011

Combien pour ce Champagne... de 200 ans?

On se rappelle de la découverte, en juillet dernier, aux îles Aaland, de bouteilles de champagne vieux de 200 ans.

Un certain flou avait régné à propos de l'origine des bouteilles, certaines attribuées à Veuve Cliquot puis à Juglar, puis aux deux.

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Quoi qu'il en soit, la région, propriétaire du lot, ne compte pas les garder. Elle les mettra aux enchères le 3 juin à Marienhamn. Un joli port de mer qui entend bien le rester, mais qui devrait pour l'occasion attirer le gotha de des wine-asset-managers.

On s'attend à ce que certaines des bouteilles dépassent les 100.000 euros.

Ce qui, même pour un très bon Madère, est assez inespéré...

Mon sentiment d'oenophile? C'est indécent. Mais les bornes de cette indécence ont été depuis bien longtemps dépassées, dans le monde des collectionneurs, des investisseurs et autres vendeurs de vent. Alors qu'ils enchérissent, qu'ils renchérissent, on n'en pissera pas plus droit ni plus loin...

21:10 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, collectionneurs | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

What good wine writers are for

Mon confrère britannique Stuart George débatait récemment sur son blog avec Randall Grahm (le fondateur de Bonny Doon, chroniqueur à ses heures perdues pour Dr Vino). Le sujet: le rôle du critique vineux. Un débat vieux comme la critique vineuse, mais relancé voici peu par la nomination d'Antonio Gallioni au poste de correspondant du Wine Advocate pour la Bourgogne et la Californie.

Deux régions où le nouveau promu n'a été que deux fois dans sa vie, comme il l'avoue lui-même.

Ce qui, sans rien enlever aux capacités de dégustateur de M. Gallioni, pose pour certains le problème de sa compréhension des deux régions, ou encore (lâchons le mot qui fâche) son approche des terroirs.

 

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Stuart George

Stuart: “Do you not think that wine writers should encourage what they believe to be the most authentic expression of any given terroir rather than more outré interpretations…?”

Randall: “I am in agreement that outré stylistics are infinitely less interesting that true expressions of terroir (and would suggest that the New World modern style is generally a stylistic overreaching). But I am glad that there are people making orange wines, fermenting oddball grapes in amphorae, making wines without SO2, making wines with tons of SO2 (Manfred Prüm). An influential wine writer has to ask him(her)self if his own predilections are making the world of wine richer or more impoverished. Great terroirs are precious and are worth championing."

Voila qui est bien dit. Mais au fait, pourquoi le Wine Advocate ne se trouve-t-il pas un bon journaliste bourguignon pour suivre l'actualité viticole locale, déguster ce qui doir l'être sur place, rencontrer les gens qui comptent? Il est plus facile de trouver un bon traducteur qu'un bon expert en vins de Bourgogne...

Et c'est vrai également pour la Californie, mais sans le problème de traduction.

Etonnez-vous après ça que je ne lise pas le Wine Adovocate (ni le Wine Spectator, d'ailleurs!).

En attendant, je rajoute le blog de Stuart George dans mes favoris: c'est ICI

PS. On passe beaucoup de temps à se demander à quoi on est bon dans cette profession. C'est bien parce que le doute est salutaire. Mais trop n'en faut: l'important, ça reste le vin lui même, pas ce que moi je pense du vin, pourquoi j'y pense, comment j'y pense, etc...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, critique | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |