08 septembre 2011

"A quoi sers-je?" ou le néo-journalisme vu par un vieux plumitif

A Vinea, avec Laurent, des Vins Confédérés, avec Olif, avec Anne, de Vitisphère, avec Alex, de Romanduvin, nous avons pas mal débattu des journalistes et des blogs de vin.

Une chose est sûre: on n'a jamais vu autant de blogueurs dans les dégustations; et si on les y invite, c'est que la production a donné le feu vert. C'est qu'elle y croit. Et ne vous y trompez pas: je trouve ça bien. Les bons blogueurs apportent un salutaire vent de fraîcheur à la critique vineuse - et une nouvelle compétence aussi.

Mais il y a plus. Et si le métier même de journaliste, de passeur d'info, était bientôt à ranger au grenier de la communication? 

C'est une des réflexions brûlantes sur la planète com, ces derniers temps. Comme le résume très bien cet article:

Un néo-journalisme en prise directe » OWNI, News, Augmented

dyn006_original_381_276_pjpeg_2506518_bd013fcbfd5f5bed693f55795593da79.jpgLa presse du vin, aussi obsolète que la plume d'oie?

Si comme moi, vous avez bien tout lu, vous comprenez maintenant le titre de ce billet:

"A quoi sers-je?"

A réfléchir, peut-être, sur l'info qu'on nous prémâche. Pour vous la restituer en y ajoutant l'épice de la critique, de la mise en perspective.

Si l'on vous dit "brut de cuve" que le rendement d'un hectare de vigne en Alsace est trois fois plus élevé qu'en Corbières, sans vous parler de la densité de plantation à l'hectare, notamment, on ne vous donne pas toutes les clefs d'analyse.

Si l'on vous dit que le rosé ne peut être issu d'un coupage de vin rouge et de vin blanc, alors que bon nombre d'AOC autorisent l'assemblage de raisin rouge et de raisin blanc (avant le stade du vin, mais la différence est mince, qualitativement), idem.

Ce ne sont que deux exemples, bien sûr, mais je les crois représentatifs de ce que peut apporter la formation d'un journaliste blanchi sous le harnais, ou plutôt, pour prendre une allégorie vineuse, lentement élevé en foudres usagés. Et c'est encore plus valable pour les journalistes spécialisés que pour les autres, me semble-t-il.

Evidemment, à chaque fois qu'un journaliste se borne à recopier un communiqué de presse, il ne plaide pas en faveur du maintien de notre noble profession. 

Mais le problème est peut-être déjà dépassé: quand des journaux se groupent en réseaux et publient tous la même dépêche d'agence sans en changer une virgule, on peut se demander si les éditeurs eux-mêmes croient encore dans la valeur ajoutée que peut leur apporter leur propre rédaction...

Mais si l'information de demain doit absolument être gratuite, évidemment, qui paiera le travail d'analyse?

Je n'ai aucune solution à tout ça. Aucune représentativité. Aucun poids, non plus. 

Je suis journaliste, j'aime ça, et cela me fait vivre. Je suis blogueur, j'aime ça, mais cela ne me fait pas vivre.

Mon cas personnel n'a rien d'extraordinaire, il ne mérite même pas un billet. Mais la thématique d'ensemble, si; alors j'espère qu'elle vous incitera à vous fendre d'un petit commentaire, et surtout d'un petit moment de réflexion. Quelle information voulons-nous? 

Promis, demain, je vous reparle de vins.

00:04 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Tags : blogs de vin, blogosphère, vin, journalisme | Lien permanent | Commentaires (22) | | | |

07 septembre 2011

Coffe à Herstal

Une bonne raison de ne pas aller à Herstal ce 9 septembre à 14 heures: Jean-Pierre Coffe y fera l'artiste et l'article de pinards discount, en ouverture de la foire aux vins de Leader Price. 

Qui se ressemble s'assemble; opportunisme, démagogie, fausse candeur à bon marché..., à l'homme qui disait naguère que "le Beaujolais, c'est de la merde", j'ai envie de dire: "ce que vous faites, Leader Price et vous, ce n'est guère plus ragoûtant".

Ce sera donc sans moi, les gars, sans moi. La Belgique a déjà bien assez de soucis en ce moment pour ne pas importer des produits inutiles - produits vineux, ou produits du marketing communicationnel.

Et j'espère que les producteurs otages de l'opération trouveront bien vite d'autres débouchés.

 

11:56 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Tags : coffe, leader price | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |