11 octobre 2011

Le Paradoxe de Maury, ou les mystères de la physique

Une nouvelle illustration de la relativité d'Einstein, appliquée au sucre. Le Professeur Luc-Léon Charlier, de l'Institut Max Planck de Maury, est en train de mettre la dernière main à une publication qui fera date, pour la revue américaine Physics in Motion. En voici un extrait:

http://coumemajou.jimdo.com/2011/10/06/plus-je-fermente-p...

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Au fait, je viens d'apprendre que certains neutrinos particulièrement mal élevés vont plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui remet en cause les théories d'Einstein.

Notez bien que vu mes expériences personnelles, je m'en doutais déjà: plusieurs phénomènes défient les lois de la physique, et prouvent l'élasticité de la dimension Temps (notée T).

Je citerai notamment:

-la sortie du Beaujolais en novembre, pour laquelle T = R (date de Récolte du raisin) + DS (Disponibilité du Sucre) / GD2 (espace linéaire dévolu par la Grande Distribution au carré) - J2 (ventes au Japon).

-le temps passé par mes filles dans la salle de bain, pour laquelle T = T' (Temps maximum disponible) - T" (Temps nécessaire pour les autres membres de la famille) x FI (Facteur Imprévu, comme gueulante parternelle ou appel téléphonique d'un copain).

-la rédaction des articles de vins ou T= TIEATR (Temps Incompressible nécessaire à l'Ecriture d'un Article qui Tient la route) - UICE (urgence imprévue du Côté de l'Editeur) x TCN (temps nécessaire à la crise de nerfs).

-Le temps nécessaire à la formation d'un gouvernement en Belgique , ou T= FQR (futilité des Questions à régler) x IE (intérêt des électeurs) X CN (compétence des négociateurs) + N (nécessité d'un gouvernement) - PD (portefeuilles disponibles).

Mais vous avez certainement vous aussi des exemples de ces phénomènes paranormaux et je vous engage à me les faire connaître via la rubrique Commentaires hébergée dans cette dimension.

11:38 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, France, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : maury, sucre, temps, relativité, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 octobre 2011

Dégustations professionnelles: commentaires officiels, non merci!

Mon excellent confrère David Cobbold relatait hier sur le blog des 5 du Vin une dégustation récente des vins de Michel Laroche.

Au détour de ce billet, David évoquait le rôle tenu par Olivier Poussier, chargé de commenter en direct, et devant les dégustateurs, les vins proposés.

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David Cobbold version campagne (Photo H. Lalau)

Je n'ai pas assisté à ce dîner. Aussi ne me prononcerai-je pas sur ce cas particulier. Mon autre compère des 5, Michel Smith, parle plutôt d'une animation et de propositions d'accords vins & mets. Dont acte.

Mais quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas d'un cas isolé. Combien de fois n'ai-je pas dû, moi aussi, écouter un confrère - et plus souvent encore, un sommelier, me décrire ce que je goûtais. Récemment, à Vinea, lors d'une dégustation, c'est la charmante Marie Linder qui nous a ainsi commenté les bouteilles sélectionnées par le jury du Concours des Pinots du Monde.

Attention, je ne critique pas ce qu'elle a dit; tout comme Olivier Poussier, elle est très compétente. C'est juste qu'a priori, les dégustateurs professionnels conviés à ces dégustations le sont aussi. Faire le travail à leur place, c'est au mieux, infantilisant; et au pire, énervant.

Car quoi, ou bien nous pensons comme les sommités qui commentent à notre place, et dans ce cas, il était inutile de les déranger. Ou bien nous ne pensons pas comme eux, et c'est très perturbant, au moment même où l'on s'efforce de trouver nos propres mots, nos propres repères. D'autant qu'adoubé par le producteur, le commentateur "officiel" a sur vous une sorte de préséance, l'autorité conférée par l'institution.

Imaginez un peu que êtes au cinéma et que le type assis à côté de vous commente chaque passage, vous décrit les émotions que vous êtes censés ressentir. Même si c'était le réalisateur, vous auriez envie de lui dire de garder ça pour lui. "Cordonnier, pas au dessus de la cheville...". A chacun son boulot: "tu fais le film, et moi je le regarde"...

Sans compter que la critique de vin, c'est aussi une question de diversité. Trois personnes buvant le même vin ne tomberont jamais parfaitement d'accord sur les descriptifs aromatiques, qui ne sont jamais que des projections du langage, et donc, en quelque sorte, des étiquettes sorties des casiers obscurs de la bibiothèque des sensations collectées par chaque dégustateur au fil de sa vie de dégustateur, et restituées à un moment T.

Il y a beaucoup de subjectivité là-dedans, même si l'on s'en défend, et seule "la somme des subjectivités" permet d'approcher "une certaine objectivité". Merci, M. Mauss! Alors, entendre l'opinion d'Olivier, de Marie, de Pierre ou de Jacques, à ce moment de construction de votre intime conviction, toute proportions gardées, c'est un peu comme si  Belle-Maman vous téléphonait au plus fort d'une étreinte amoureuse avec votre chère et tendre.

Je ne pense pas que les gens qui organisent ce genre de choses, relations publiques, comités interprofessionnels, directeurs de communication, etc...  réalisent à quel point nous pouvons être déstabilisés par ce "prêt-à-sentir". Ils ne pensent certainement pas à mal. Ils sont peut-être même convaincus de nous aider dans notre tâche, ou de mettre en valeur les vins de leurs "poulains". Je ne leur lance pas la pierre. Je ne crois même pas qu'ils aient  vraiment pour but de nous influencer. Ce n'est pas le genre de la maison Laroche. Et encore moins de Christine Ontivero. Mais le résultat est là: c'est une fausse bonne idée.

En résumé, autant je peux admettre l'intérêt de semblables explications  dans le cadre d'un atelier visant à éduquer des néophytes, autant je milite pour la suppression des commentaires officiels dans les dégustations professionnelles.

Voila, c'est dit!

 

00:25 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Vins de tous pays | Tags : degustation, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (13) | | | |