23 septembre 2011

Don't follow leaders (and watch your parking meters) - Dylan & moi

Je souffre depuis des années d'un mal étrange, que je qualifierai de "syndrôme Dylan".

Je vous parle d'un temps que les moins de 40 connaissent à peine. C'était vers 1965.

Bob Dylan, figure de proue de la jeune génération et plus spécifiquement du Protest Song, auteur entre autres de Masters Of War et d'une bonne vingtaine de brulots anti-guerre du Vietnam, anti-establishment, anti-cons, et poète à ses heures, fait une grossesse nerveuse. Voila qu'il ne veut plus jouer son rôle de trublion institutionnalisé. "Don't follow leaders", éructe-t-il alors, refusant d'endosser toute espèce d'autorité, et se coupant de toute une frange de ses premiers fans. En plus, il se met à la guitare électrique, deuxième trahison pour les folkeux. 

dylanDylan, 1975

Vous ne voyez pas immédiatement le rapport avec moi. Il y en a un, pourtant.

Je n'aime pas non plus les gourous, les maîtres à penser, les gens d'influence. Au point que je n'ai qu'une crainte, en devenir un moi-même, aux dépens de votre liberté de penser autrement, d'apprécier autre chose, d'autres vins, d'autres voies d'accès au vin.

Comme Dylan (mais à mon échelle beaucoup plus modeste), j'ai aussi peur de devenir le Cassandre du vin, de m'aigrir à vue d'oeil.

La cinquantaine approche à grands pas, il serait peut-être temps de penser constructif.

Bon, assez parlé de moi.

Je vous souhaite une bonne journée et de bons vins, d'où qu'ils viennent.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Gastronomie, Vins de tous pays | Tags : dylan, cassandre, gourous | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

19 septembre 2011

21 décembre 2012, fin du monde: qu'est-ce qu'on boit?

Si vous êtes un tant soit peu versé dans les cultures précolombiennes et/ou les catastrophes, vous savez que la fin du monde est prévue pour le 21 décembre 2012. C'est écrit dans les astres, où plutôt, dans le calendrier maya. Grosse éruption solaire à cette date, apparemment.

750px-Mexico_-_Museo_de_antropologia_-_Livre_maya.JPGC'était écrit!

 

Encore un sujet d'inquiétude pour ceux qui attendent leurs grands crus achetés en primeur sur le net: il ne manquerait plus que la livraison soit prévue pour le 22. Un conseil, vérifiez auprès de votre fournisseur et de son transporteur.

Pour les autres, un autre dilemme: que boire ce jour là? Comme on ne connaît pas exactement l'heure du phénomène (la précision du calendrier Maya ne va pas jusque là), il faut tabler plutôt pour le déjeuner, c'est moins risqué que de parier sur un dîner qui pourrait bien ne jamais arriver.

Alors je préconise un joli blanc sympa pour se mettre les papilles en alerte. Histoire d'accompagner le caviar à la louche ou les oeufs d'ornithorynque en meurette (ben oui, on ne lésine pas, on aurait trop de regrets!).

Si vous êtes plutôt classique: le Sancerre Cuvée Chêne Saint Etienne 2002. C'est maintenant ou jamais pour apprécier ce vin vieilli dans des barriques issus d'un chêne de 435 ans.

Si vous êtes plus aventureux: le sauvignon de Leyda 2010 de la bodega Amayna (Chili).

Vous pouvez même déboucher les deux. Après tout, l'avantage de la fin du monde, c'est qu'on n'a pas à se préoccuper du lendemain. La gueule de bois? Même pas mal! Le découvert bancaire? Je rigole! Invitez votre banquière!

Et côté rouges?

Je vous conseille de vous faire plaisir. La vie est trop courte, dans ces moments là, pour boire autre chose que des vins de plaisir. Et pour gagner du temps, je vous propose trois vins capsulés:

The Ruins Pinotage (Afrique du Sud) et le Régnié 2010 du Château de Durette et puis, bien sûr, le Roussillon Villages de Coume Majou (millésime à votre choix). Trois vins de fruit, trois vins joyeux, trois vins pour finir en beauté.

Et là encore, n'hésitez pas à comparer, à regoûter...

Mais qu'apprends-je? On nous aurait menti?!

De plus en plus d'astronomes mettent en doute la prédiction de leurs collègues maya. Le feu d'artifice solaire n'aurait pas lieu le jour prévu. Et peut-être même pas du tout. Selon le New Scientist (qui dispose de relevés plus récents que nos amis de la Gazette du Yucatan), le pic d'activité solaire en question serait même le plus faible depuis 1928.

Il y a des coups de dent de jaguar qui se perdent! Une telle erreur de calcul, au temps des Mayas, ça se payait cash. Au minimum, cinq litres de sang frais. Un minimum pour apaiser les dieux magnanimes de Chichén Itzà.

Voyez comme les choses changent: aujourd'hui, on les embrasserait presque de s'être encore fourrés le doigt dans l'oeil, ces farceurs de mathématiciens mayas!

 

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |