02 novembre 2011

Evangile selon Saint Jean, 2, 1-12

«Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit «Ils n’ont pas de vin». Jésus lui dit «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue». Sa mère dit aux serviteurs: «Faites ce qu’il vous dira».

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Les noces de Cana

«Or il y avait là six jarres de pierre, pour les purifications des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs: «Remplissez d’eau ces jarres». Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : «Puisez maintenant et portez-en au maître d’hôtel». Ils lui en portèrent. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau devenue du vin - il en ignorait la provenance, mais les serveurs la savaient, eux qui avait puisé l’eau - il appelle le marié et lui dit : «Tout le monde sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, alors le moins bon; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent».
«Tel fut le commencement des signes de Jésus; c’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui»

Moralité: pour les Chrétiens comme pour les Juifs, à l'évidence, le vin est un symbole fort. Tous les libres-penseurs peuvent m'envoyer les vins qui heurteraient leurs convictions laïques.
Deuxième moralité: déjà au temps du Christ, la formation des sommeliers laissait à désirer...
(Mes excuses à tous mes amis sommeliers, je n'ai pas pu résister).

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, bible, évangile selon saint jean, noces de cana | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

31 octobre 2011

Maîtres à boire

Hier, je vous parlais de Robert Parker (que je connais pas). Et même, je le citais. Ce qui m'arrive plus souvent qu'à lui (de me citer). Je ne suis pas envieux. Je ne publie pas de guide. Je ne suis l'avocat de rien.

François Mauss, qui me fait l'amitié de suivre ces chroniques et d'y apporter son grain de sel, me rétorquait qu'on a besoin de maîtres.

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Il est à toi, ce texte-là, à toi Papa qui, sans façons, m'as mis mon premier verre en main... (et merci à Georges B. pour la mélodie).

Sauf votre respect, je m'inscris en faux, en ce qui concerne la critique.

J'honore les bâtisseurs de cathédrales. Les poètes. Les romanciers. Les chanteurs-compositeurs. Les peintres. Les musiciens. Les danseurs. Les inventeurs. Les mathématiciens. Les chercheurs (et surtout les trouveurs). Mais je ne crois pas qu'il y ait des maîtres en matière de critique. Le maître, c'est celui qui crée, pas celui qui commente.

Comme journaliste, je rends compte. Comme dégustateur, je décris. Je ne cherche pas à faire école. Je ne crois pas que mes écrits entreront dans l'histoire. Et je trouverais incongru que mes opinions empêchent un vigneron de faire le vin qu'il aime. A fortiori, je pense que si les commentaires d'un Parker, d'un Bettane, d'un Johnson ou d'un Spurrier ont pu influencer un producteur dans sa façon de faire son vin, c'est que ce n'était pas vraiment un maître.

Un maître a son art, sa manière, sa conception de son oeuvre, et dans mon esprit, s'il s'en détourne, il n'est plus un artiste, à peine un artisan qui travaille sur commande et sur des plans qui ne sont pas les siens. Un vague exécutant.

Tout ce que j'ai pu écrire sur la qualité de son vin ne devrait pas plus compter qu'une plume dans la balance de son jugement.

Tant mieux si mes recommandations vous incitent à découvrir des vins. Mais je ne suis pas le créateur, je ne suis que le passeur. Et avec tout le respect que je dois à mes éminents confrères, toutes leurs descriptions, toutes leurs prises de position, toutes leurs imprécations, tous leurs palmarès ne valent pas un bon verre de vin.

A mon sens, ni l'ancienneté dans le métier, ni la notoriété ne leur donne une quelconque supériorité. Ils étaient là au bon moment, ils ont su sortir du lot, ils ont su parler à une génération qui était prête à les entendre. Ils ont une réputation, des affaires, du succès. C'est très bien.

Souvent, ils m'ont hérissé le poil. Les vignerons qu'ils recommandent ne sont pas toujours ceux que je préfère. Ils ont parfois orienté le consommateur, et même le producteur, vers des voies sans issue, comme l'extraction, la course au petit rendement, le degré. Et surtout, l'élitisme. Mais parfois, aussi, j'ai plaisir à les lire.

Bien d'autres qu'eux, sans doute, avaient le droit de s'exprimer haut et fort comme ils ont pu le faire. De jeter leurs anathèmes ou de distribuer leurs bons points comme on jette le riz à la sortie des mariages.

Nous ne les connaîtrons jamais, ces obscurs, parce qu'ils n'ont pas percé. Parce qu'ils  gardent leur avis pour eux. Ou parce qu'ils tiennent leur cour, non à Paris, à Bruxelles, à Londres ou à New York, mais à Erps-Kwerps ou à Lamotte-Beuvron.

Et il est un rôle plus discret, dans notre monde du vin, mais plus important à mes yeux que celui d’un «wine guru»: c’est celui de l’initiateur. Celui qui vous met votre premier verre en main. Et vous donne vos premiers émois, non en vous disant quoi ressentir, mais en vous expliquant un peu du pourquoi et du comment du vin. Merci Papa.

Malgré tout ce qui précède, j'ai un certain respect pour les grands noms de la critique quand ils mettent leur notoriété au service du produit.

Je les aime moins quand ils tendent à formater l'opinion. Et encore moins quand ils monnaient de manière éhontée, auprès des producteurs, les charmes de leur prose, ou plutôt, de leurs notes. Bref, je ne les adule pas.

Je n'ai pas de maître à penser. Pourquoi aurais-je un maître à boire?



00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, France, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, critique, parker, bettane, spurrier | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |