08 janvier 2012

Erreur de casting

Quand je vois les prix des vins "icones", je me dis qu'à titre privé, je n'en achèterai jamais. Et que j'aurai du mal  à les recommander à des amis.

Loin de moi l'idée d'en dégoûter ceux que ça intéresse, bien sûr. Peut-être que je ne suis pas dans le groupe cible, tout simplement.

Je considère le vin comme une boisson. Boisson noble, certes, mais boisson tout de même.

Tiens, et s'il y avait une erreur de casting? Faire déguster par des gens comme nous, des journalistes aux petits moyens, des vins de cet acabit, c'est donner des perles aux cochons.

Les chroniqueurs qui encensent ces vins devraient diviser le plaisir annoncé par le prix demandé.

A ce compte-là, pas sûr que l'Yquem, le Latour, le Vega Sicilia ou même le Grange paraissent encore demain en tête des guides...

 

01:15 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

06 janvier 2012

L'Unesco doit-il classer les Climats de Bourgogne?

Je sais, la question peut sembler incongrue. Aurais-je perdu la raison? Aurais-je perdu tout sens patriotique?

Non, je vous rassure. La Bourgogne est un beau vignoble, personne ne peut lui enlever ça. Pas toute la Bourgogne, bien sûr, mais en triant le bon grain de l'ivraie, on devrait bien parvenir à identifier des zones méritant l'attention de l'Unesco. Ce qu'il faudrait, c'est trouver des zones à forte personnalité, où l'histoire se lit dans le paysage, un peu comme à Lavaux, en Suisse... Au fait, pourquoi Lavaux et pas Banyuls, par exemple? Mais je m'égare.

En tous cas, ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas de classer des vins - opération toujours subjective, et puis toujours remise en cause, à chaque millésime. Il s'agit de classer un patrimoine, au sens Unesquien du terme. A savoir: 

“les œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une Valeur Universelle Exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique”.

Il paraît qu'une trentaine de milliers de personnes ont déjà signé une pétition en faveur de ce classement. C'est  relativement peu, je trouve, sur 1,6 million de Bourguignons, sans compter les aficionados extérieurs.

Mais peut-être l'opération n'intéresse-elle moins la population que ne le suppose ses édiles. Même dans la Côte, il y a des gens qui se moquent des terroirs comme de la première cilice des moines de Citeaux. La caissière de Lidl  de Beaune boit rarement du Corton. Et puis les jeunes décrochent du vin, même dans les régions viticoles.  Il ne font même plus les vendanges. Au point qu'on embauche des Polonais ou des Roumains pour les faire.

Mais revenons à l'Unesco.

Ce qui m'interpelleteuse, dans cette histoire, c'est le sens que l'on donne à ce genre de classement.

Va-t-on par exemple mieux protéger ce patrimoine? Empêcher les abus du type de Gevrey? Et puis, interdire la chimie, pendant qu'on y est? Tu rêves, Hervé! Tu ne veux pas aussi qu'on en revienne aux monastères?

A ce titre, l'exemple de Saint-Emilion n'est pas vraiment probant; mais l'Unesco a-t-il un droit de regard sur les nouvelles constructiions, par exemple, ou s'en remet-il à la conscience patrimoniale des autorités locales?

Le classement a-t-il donc un intérêt autre que promotionnel, touristique et mercantile?

Ne vaudrait-il pas classer moins, mais mieux assurer  le suivi? Ne dévalue-t-on pas la mention quand on la donne trop facilement?

 

 

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |