21 janvier 2012

Les bouteilles qui sentent l'argent

Au détour d'un billet de Vincent Pousson sur son tout nouveau blog, je note cette phrase: "les bouteilles qui sentent l’argent (défaut encore plus rédhibitoire que le goût de bouchon)". C'est ICI. Comme quoi, pour certains, l'argent a une odeur.

Dans le marxisme, je suis plutôt tendance Groucho; je n'ai milité ni au PC, ni au PSU, ni à LO ni même à l'UNEF. En fait, je n'ai jamais milité nulle part que dans d'obscures associations apolitiques de journaleux. Aussi suis-je mal placé pour lancer un n-ième pamphlet sur le capitalisme sauvage et le bling bling qui souvent, l'accompagne.

Et même, pour en revenir au vin, dans certains cas, je me dis qu'il faut avoir beaucoup d'argent, pour être capable d'en perdre beaucoup dans la remise en ordre d'un vignoble. Vu le prix du foncier, vu les droits de mutation, vu le prix de la main d'oeuvre, etc... je ne suis pas sûr qu'un grand château soit le meilleur investissement possible pour un tycoon.

De plus, je n'éprouve ni envie ni rejet par rapport à la réussite des autres. Il peut m'arriver d'en réprouver les moyens, mais la réussite en elle même ne me choque pas.

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Pourtant, la phrase de Vincent a trouvé un écho chez moi, je ne sais pas trop pourquoi.

Il y a effectivement des vins et des gens qui font penser à des gourmettes en or, qui sentent le fric et l'ostentation. Je me rappelle d'un domaine dans le Tessin où un Monsieur très riche s'était fait construire une sorte de petite bonbonnière inspirée d'un château du Médoc, avec cave hélicoïdale incorporée, et qui sentait son parvenu à dix cantons à la ronde. Au Chili, en Afrique du Sud, à Saint Emilion, en Espagne, en Toscane, j'en ai vu également.

J'en parle peu, ici, en définitive, parce que je préfère la simplicité du type qui fait travailler sa tête et ses mains plutôt que son argent. Mais évidemment, je ne suis pas fils de banquier.

Tiens, saviez-vous que les Rothschild, en finançant l'armée de Wellington, ont été un élément déterminant du succès des armées coalisées contre la France napoléonienne? Mais ce sont les mêmes qui possèdent aujourd'hui un des plus grands châteaux du Bordelais, et à travers lui, qui portent les couleurs de la France sur tous les continents.

Vous avez dit paradoxal?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |

20 janvier 2012

Wijnvoordeel, Chineur du Vin

Vendre du vin sur internet, cela semble une évidence, aujourd'hui - sauf quand les vins mettent trop longtemps à arriver, ce qui pose une question de confiance. Mais tout le monde ne s'appelle pas 1855. A ce propos, vous êtes nombreux à déposer sur ce blog vos doléances, et croyez bien que je compatis.

Un des grands pionniers, sur ce créneau, c'est le Néerlandais Wijnvoordeel, fondé en 1999 par un certain René Tulner, à destination du marché batave. Comme son nom, "Avantage Vin", l'indique, son positionnement de prix agressif était d'emblée au coeur du concept.

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Le Coffret panaché "Prestige": vous m'en mettrez pour à 39,95 euros...

Le succès est rapide, exponentiel, même: on passe de 1000 bouteilles à 150.000 bouteilles de ventes annuelles en quelques années, rien que pour les Pays-Bas.

Mais des Belges s'intéressent assez vite au concept. D'où la création, au bout de quelques années, de  deux sites jumeaux, www.wijnvoordeel.be et www.chineurduvin.be. Notez que la raison sociale frnacophone fait plus référence à la curiositré qu'au prix, mais l'un n'exclue pas l'autre, c'est juste une de ces subtilités culturelles dont la Belgique a le secret.

Ensuite, avec l'appui du groupe Baarsma; l'expansion se poursuit sur l'Allemagne, le Danemark, le Royaume-Uni et même un gros pays producteur, la France, avec www.chineurduvin.fr

Au départ, pourtant, dans ce dernier pays, l'accueil est mitigé, les prix étant jugés... trop bas.  Mais notre Chineur  persévère et ses ventes en France frisent maintenant les 165.000 bouteilles.

La politique de "packs", la mise en vente de coffrets de 6 vins panachés, est un des outils marketing utilisés par la maison, avec succès, semble-t-il.

Et le contact? Pouvoir toucher le vin? Parler au caviste? Tout ça ne manque pas trop aux clients? Apparemment, pas plus qu'à ceux qui, depuis déjà pas mal d'années, commandent leurs vacances sur internet, sans jamais passer la porte d'une agence.

Le caviste "physique", avec magasin, devra sans doute se réinventer, mettre l'accent sur le service, le conseil, la disponibilité. Mais c'est une autre histoire...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |