06 janvier 2012

L'Unesco doit-il classer les Climats de Bourgogne?

Je sais, la question peut sembler incongrue. Aurais-je perdu la raison? Aurais-je perdu tout sens patriotique?

Non, je vous rassure. La Bourgogne est un beau vignoble, personne ne peut lui enlever ça. Pas toute la Bourgogne, bien sûr, mais en triant le bon grain de l'ivraie, on devrait bien parvenir à identifier des zones méritant l'attention de l'Unesco. Ce qu'il faudrait, c'est trouver des zones à forte personnalité, où l'histoire se lit dans le paysage, un peu comme à Lavaux, en Suisse... Au fait, pourquoi Lavaux et pas Banyuls, par exemple? Mais je m'égare.

En tous cas, ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas de classer des vins - opération toujours subjective, et puis toujours remise en cause, à chaque millésime. Il s'agit de classer un patrimoine, au sens Unesquien du terme. A savoir: 

“les œuvres conjuguées de l’homme et de la nature, ainsi que les zones y compris les sites archéologiques qui ont une Valeur Universelle Exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique”.

Il paraît qu'une trentaine de milliers de personnes ont déjà signé une pétition en faveur de ce classement. C'est  relativement peu, je trouve, sur 1,6 million de Bourguignons, sans compter les aficionados extérieurs.

Mais peut-être l'opération n'intéresse-elle moins la population que ne le suppose ses édiles. Même dans la Côte, il y a des gens qui se moquent des terroirs comme de la première cilice des moines de Citeaux. La caissière de Lidl  de Beaune boit rarement du Corton. Et puis les jeunes décrochent du vin, même dans les régions viticoles.  Il ne font même plus les vendanges. Au point qu'on embauche des Polonais ou des Roumains pour les faire.

Mais revenons à l'Unesco.

Ce qui m'interpelleteuse, dans cette histoire, c'est le sens que l'on donne à ce genre de classement.

Va-t-on par exemple mieux protéger ce patrimoine? Empêcher les abus du type de Gevrey? Et puis, interdire la chimie, pendant qu'on y est? Tu rêves, Hervé! Tu ne veux pas aussi qu'on en revienne aux monastères?

A ce titre, l'exemple de Saint-Emilion n'est pas vraiment probant; mais l'Unesco a-t-il un droit de regard sur les nouvelles constructiions, par exemple, ou s'en remet-il à la conscience patrimoniale des autorités locales?

Le classement a-t-il donc un intérêt autre que promotionnel, touristique et mercantile?

Ne vaudrait-il pas classer moins, mais mieux assurer  le suivi? Ne dévalue-t-on pas la mention quand on la donne trop facilement?

 

 

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

31 décembre 2011

Google Analytics: mieux que la boule anti-stress

Ce n'est pas pour me vanter, mais il y a quelques semaines, j'ai installé Google Analytics sur ce blog.

La version béta (celle qui me va le mieux).

Ca me permet de suivre en temps réel les connexions au blog. Attention, je ne sais pas qui fait quoi, ni dans quelle position, mais je sais à peu près d'où viennent les gens qui me lisent. C'est parfois très précis: Chatou (et oui, on me lit dans les belles banlieues), parfois moins: Paris, Madrid, Bordeaux, Lille.

Le plus amusant, c'est de voir la succession des provenances. A 7h, j'ai surtout des Français, des Suisses, des Belges et quelques Italiens. Vers 8-9 heures, quelques Anglais (un habitué de Hull, un autre de Sunderland, et puis quelques Londonniens, je suis flatté). Vers 15-16h, les Québécois débarquent. De Montréal, de Québec, de Chicoutimi, de Saint Denis-Laval... Et même quelques Etats-Uniens de New York, de Boston ou du Maryland...

Parfois, mais c'est plus rare, je vois un Moscovite, et même une fois, un Pékinois, un Vietnamien, un Australien.

Ils se sont sans doute perdus sur les autoroutes de la désinformation...

Ce qui est marrant, aussi, c'est que pour certains (ne me demandez pas comment ou pourquoi), Google affiche les mots-clefs tapés dans la recherche: Saint Emilion, Champagne, Parker, Miller. Voire Brulhois, Savoie, Setubal, mais c'est l'exception.

Ca me donne une idée de ce qui peut intéresser les gens. Sauf que parfois, j'ai l'impression qu'ils tombent chez moi par hasard. Comme quand je vois Britney Spears ou Justin Bieber dans les mots-clefs, par exemple. C'est d'ailleurs ça qui m'a donné l'idée de faire un post sur Lady Gaga.

Au début, j'étais assez accroc. Je vérifiais le nombre de connexions simultanées - chez moi, ça va  jusqu'à 12, avec une moyenne de 3. Je m'extasiais devant la carte du monde - oui, Google affiche les provenances sur une carte.

Alors c'était moi, le maître du monde! Et quand j'étais en panne d'idées, c'était encore mieux que la boule en mousse, comme anti-stress.

Mais je ne peux pas passer ma vie à ça; et puis, quand j'ai vu le nombre de minutes que passent certains visiteurs - c'est à dire moins d'une, pour bon nombre d'entre eux, je me suis dit que l'outil était certes très évolué, mais plus du domaine quantitatif.

Alors je ne le consulte plus aussi souvent.

Plus fondamentalement, cela m'a fait réfléchir; faut-il faire un blog pour susciter des clics, pour faire du buzz, ou faut-il d'abord être honnête avec soi-même?

J'ai choisi la deuxième voie. Un blog, ou blogue, pour pendre l'orthographe québécoise, qui est tellement plus jolie, mais peu usitée de ce côté de l'Océan, c'est d'abord un log, un carnet de bord. Un truc assez personnel qui consiste à partager ses expériences.

Se demander ce qui va plaire, comment ce sera reçu, c'estun peu trahir l'idée de départ, non?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |