06 février 2012

La minute du naturiste - Miracolo! Miracolo!

Avant hier, en Alsace, un sympathique oenologue qui tente de limiter le soufre dans ses cuvées en l'employant en goutte à goutte, "à la demande", nous expliquait que le sans soufre était une voie sans issue. 

Hier, à Arbois, je dégustais les vins de Stéphane Tissot. Un vigneron qui, s'il ne travaille pas totalement sans soufre, n'en utilise certainement pas le quart du tiers de ce qui devrait convenir pour protéger ses vins, si l'on devait suivre le raisonnement de notre ami alsacien.

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Stéphane Tissot en spirale ascendante (sans flash et presque sans soufre)

Miracolo! Miracolo! Ses vins sont pourtant d'une pureté exemplaire. Aucune pomme blette, aucune robe brune à l'horizon, même des heures après ouverture. Et ses vins, qu'ils soient blancs ou rouges, expriment bien leurs terroirs.

Dieu sait pourtant que j'ai pu être déçu, par le passé, par certains vins dits "nature" déviants, standardisés par le non interventionnisme.

La morale de l'histoire - gardons nous de tout jugement définitif et péremptoire, buvons et jugeons sur pièces.

00:14 Écrit par Hervé Lalau dans Alsace, Jura, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

24 janvier 2012

20 ans d'in Vino Veritas

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, un peu de pub gratuite pour quelque chose qui me tient à coeur, mais pour laquelle je ne peux prétendre à aucune objectivité, puisque j'en suis un des acteurs.

En 1992, une poignée de passionnés, journalistes, sommeliers, oenophiles de tout poil, se regroupaient autant d’un fou de vin, Philippe Stuyck, pour créer un nouveau «support» et surtout, un nouveau ton pour aborder le vin.

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"Communiquer ma passion": un beau programme toujours d'actualité

150 numéros et quelques dizaine de milliers de pages plus tard, In Vino Veritas est toujours là pour dire sa vérité.  Plus important encore, ces vingt ans coïncident avec une évolution sans précédent, sans doute, dans le secteur du vin. Une évolution qu’In Vino Veritas a accompagnée, et souvent, précédée.

En 1992, le marché belge du vin était encore essentiellement français (à plus de 70%) -on parlait même de vins étrangers, pour désigner les autres provenances.

En 1992, aucun support dit sérieux n’aurait osé remettre en causse les grands crus classés, les appellations de prestige, les icones du vin.

En 1992, les vins boisés, bodybuildés, parkerisés, faisaient la loi dans bon nombre de dégustations, dans les medias dits importants.

En 1992, on trouvait encore de vrais mauvais vins, des vins à défauts, des vins techniquement mal vinifiés.

En 1992, les vins de l’agriculture biologique faisaient sourire, sans parler de la biodynamie, qui paraissait à beaucoup une sorte de secte.

En 1992, pourtant, IVV parlait déjà des vins Sud-Africains, Australiens, Chiliens, de toutes origines, dégustations à l’appui.

IVV interviewait Nicolas Joly, chantre de la biodynamie, ou Jean-Michel Deiss, chantre de l’expression du terroir.

IVV ne se prenait pas au sérieux, mais faisait déjà les choses sérieusement.

Aujourd’hui, près de la moitié des vins consommés en Belgique viennent d’ailleurs que de France. Les vins bio ne font plus sourire personne. La mode du boisé est retombée.

Les vins à défauts techniques sont de plus en plus rares. Mais les vins vraiment intéressants ne sont guère plus nombreux qu’en 1992, en définitive.

Pour une revue iconoclaste comme la nôtre, il y a toujours des moulins à combattre. Nous continuerons donc sur notre lancée, à douter de beaucoup de choses et à nous passionner pour tout.

Magazine indépendant, sans gros moyens, mais aussi sans compromission, IVV a trouvé sa place dans le paysage de la presse vineuse. A raison de 6 numéros par an, il offre à ses quelque 12.000 lecteurs francophones et néerlandophones sur le panorama du vin une vue dégagée des contingences mercantiles ; des articles variés, souvent engagés.

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Grâce aux nouvelles technologies, son blog, ses newsletters, IVV est aussi aujourd’hui une source d’informations pour les œnophiles comme pour les professionnels.

Vous noterez enfin qu'IVV a été la première revue du secteur à proposer un abonnement sous forme numérique, qui permet de lire son magazine sur son ordi, sur sa tablette, voire son téléphone – le combat pour une terre plus propre, c’est aussi moins de papier gâché.

IVV, 20 years, still alive… and kicking !

 

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |