11 janvier 2012

In Vitro Veritas

La vérité est dans le verre, lit-on souvent dans la prose vineuse. Moi-même, j’en use à l’occasion.

Une autre façon de dire que la dégustation prime. Ou bien qu’il n’y a que le résultat qui compte. Est-ce si sûr ? Faut-il tenir pour négligeable la franchise des moyens employés ?

vin,vigne, dégustation

What's in my glass?

On peut trouve des arguments pour et contre.

Prenez le cas des vins bio. Pendant des années, leur qualité laissait à désirer. On avait beau adhérer philosophiquement au concept, le résultat n’était pas là.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ni pour le bio, ni pour le biodynamique. Ni même pour les vins dits naturels. Les dégustations que j’ai pu faire récemment au salon Renaissance des Appellations, m’en ont définitivement convaincu.

Bien sûr, il y a du déchet dans le bio, tout n’est pas bon, loin de là. Mais du côté du «conventionnel» non plus. Alors on en revient à notre axiome du début : «In vitro veritas». Sauf qu’à qualité égale, qui ne préférerait un vin produit dans le respect maximal de l’environnement? – et de la santé des gens, consommateurs et producteurs, surtout.

Reste une petite musique discordante qui résonne dans ma tête: est-il possible de maquiller un vin au point qu’il séduise même l’amateur averti, de lui donner l’aspect d’un vin de terroir, d’un vin authentique, d’un vin d’auteur, tout en employant des méthodes productivistes et tout l’arsenal de l’œnologie correctrice ?

Quand je traversais le Chili, l’an dernier, je me suis parfois demandé si la fraîcheur de certains chardonnays n’était pas due à une réacidification.  Je n’ai pas de preuve, juste de vagues soupçons. Mais si l’on ajoute à ça l’osmose inverse, les levures sélectionnées, le mouillage, la chaptalisation, les copeaux, les moyens de rectifier un vin pour l’adapter au goût dominant sont tellement nombreuxqu’on se demande comment un nez pourrait tous les identifier dans un même vin.

C’est sans doute pour ça que nous autres journalistes aimons bien visiter les vignes et les chais  Ce n’est pas une garantie absolue, mais passer quelques heures avec  le vigneron, l’écouter raconter son vin et sa vigne, les yeux dans les yeux,  permet de comprendre bien des choses. In oculo veritas.

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Tags : vin, vigne, dégustation | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

10 janvier 2012

Mouillez-vous un peu!

Reçu hier de Régis Cogranne, du domaine du Viala, à Paraza, ce petit problème de mouillage tiré d'un ouvrage daté de... 1904, "Notions Elémentaires d'Arithmétique" de P. Porchon. Un problème dont on espère qu'il n'est plus d'actualité dans les coopératives d'aujourd'hui, ni chez les négociants, mais je n'en jurerais pas - le mouillage est toujours autorisé en Californie, à ce qu'on dit...

L'eau en vin.jpg

 

Régis attend vos réponses et moi aussi.

Merci à lui, en tout cas; et un service en valant un autre, voici les coordonnées de son exploitation en Minervois:

Domaine du Viala
F-11200 Paraza, 04 68 43 24 48
lodge@domaine-du-viala.fr


00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Midi, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, mouillage | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |