24 janvier 2012

20 ans d'in Vino Veritas

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, un peu de pub gratuite pour quelque chose qui me tient à coeur, mais pour laquelle je ne peux prétendre à aucune objectivité, puisque j'en suis un des acteurs.

En 1992, une poignée de passionnés, journalistes, sommeliers, oenophiles de tout poil, se regroupaient autant d’un fou de vin, Philippe Stuyck, pour créer un nouveau «support» et surtout, un nouveau ton pour aborder le vin.

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"Communiquer ma passion": un beau programme toujours d'actualité

150 numéros et quelques dizaine de milliers de pages plus tard, In Vino Veritas est toujours là pour dire sa vérité.  Plus important encore, ces vingt ans coïncident avec une évolution sans précédent, sans doute, dans le secteur du vin. Une évolution qu’In Vino Veritas a accompagnée, et souvent, précédée.

En 1992, le marché belge du vin était encore essentiellement français (à plus de 70%) -on parlait même de vins étrangers, pour désigner les autres provenances.

En 1992, aucun support dit sérieux n’aurait osé remettre en causse les grands crus classés, les appellations de prestige, les icones du vin.

En 1992, les vins boisés, bodybuildés, parkerisés, faisaient la loi dans bon nombre de dégustations, dans les medias dits importants.

En 1992, on trouvait encore de vrais mauvais vins, des vins à défauts, des vins techniquement mal vinifiés.

En 1992, les vins de l’agriculture biologique faisaient sourire, sans parler de la biodynamie, qui paraissait à beaucoup une sorte de secte.

En 1992, pourtant, IVV parlait déjà des vins Sud-Africains, Australiens, Chiliens, de toutes origines, dégustations à l’appui.

IVV interviewait Nicolas Joly, chantre de la biodynamie, ou Jean-Michel Deiss, chantre de l’expression du terroir.

IVV ne se prenait pas au sérieux, mais faisait déjà les choses sérieusement.

Aujourd’hui, près de la moitié des vins consommés en Belgique viennent d’ailleurs que de France. Les vins bio ne font plus sourire personne. La mode du boisé est retombée.

Les vins à défauts techniques sont de plus en plus rares. Mais les vins vraiment intéressants ne sont guère plus nombreux qu’en 1992, en définitive.

Pour une revue iconoclaste comme la nôtre, il y a toujours des moulins à combattre. Nous continuerons donc sur notre lancée, à douter de beaucoup de choses et à nous passionner pour tout.

Magazine indépendant, sans gros moyens, mais aussi sans compromission, IVV a trouvé sa place dans le paysage de la presse vineuse. A raison de 6 numéros par an, il offre à ses quelque 12.000 lecteurs francophones et néerlandophones sur le panorama du vin une vue dégagée des contingences mercantiles ; des articles variés, souvent engagés.

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Grâce aux nouvelles technologies, son blog, ses newsletters, IVV est aussi aujourd’hui une source d’informations pour les œnophiles comme pour les professionnels.

Vous noterez enfin qu'IVV a été la première revue du secteur à proposer un abonnement sous forme numérique, qui permet de lire son magazine sur son ordi, sur sa tablette, voire son téléphone – le combat pour une terre plus propre, c’est aussi moins de papier gâché.

IVV, 20 years, still alive… and kicking !

 

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

21 janvier 2012

Les bouteilles qui sentent l'argent

Au détour d'un billet de Vincent Pousson sur son tout nouveau blog, je note cette phrase: "les bouteilles qui sentent l’argent (défaut encore plus rédhibitoire que le goût de bouchon)". C'est ICI. Comme quoi, pour certains, l'argent a une odeur.

Dans le marxisme, je suis plutôt tendance Groucho; je n'ai milité ni au PC, ni au PSU, ni à LO ni même à l'UNEF. En fait, je n'ai jamais milité nulle part que dans d'obscures associations apolitiques de journaleux. Aussi suis-je mal placé pour lancer un n-ième pamphlet sur le capitalisme sauvage et le bling bling qui souvent, l'accompagne.

Et même, pour en revenir au vin, dans certains cas, je me dis qu'il faut avoir beaucoup d'argent, pour être capable d'en perdre beaucoup dans la remise en ordre d'un vignoble. Vu le prix du foncier, vu les droits de mutation, vu le prix de la main d'oeuvre, etc... je ne suis pas sûr qu'un grand château soit le meilleur investissement possible pour un tycoon.

De plus, je n'éprouve ni envie ni rejet par rapport à la réussite des autres. Il peut m'arriver d'en réprouver les moyens, mais la réussite en elle même ne me choque pas.

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Pourtant, la phrase de Vincent a trouvé un écho chez moi, je ne sais pas trop pourquoi.

Il y a effectivement des vins et des gens qui font penser à des gourmettes en or, qui sentent le fric et l'ostentation. Je me rappelle d'un domaine dans le Tessin où un Monsieur très riche s'était fait construire une sorte de petite bonbonnière inspirée d'un château du Médoc, avec cave hélicoïdale incorporée, et qui sentait son parvenu à dix cantons à la ronde. Au Chili, en Afrique du Sud, à Saint Emilion, en Espagne, en Toscane, j'en ai vu également.

J'en parle peu, ici, en définitive, parce que je préfère la simplicité du type qui fait travailler sa tête et ses mains plutôt que son argent. Mais évidemment, je ne suis pas fils de banquier.

Tiens, saviez-vous que les Rothschild, en finançant l'armée de Wellington, ont été un élément déterminant du succès des armées coalisées contre la France napoléonienne? Mais ce sont les mêmes qui possèdent aujourd'hui un des plus grands châteaux du Bordelais, et à travers lui, qui portent les couleurs de la France sur tous les continents.

Vous avez dit paradoxal?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |