04 avril 2012

De la confusion des genres dans la chronique vineuse

Depuis quelques années, notre ami Eric Boschman - sommelier de formation, mais passé depuis bien longtemps du côté de la presse, qu'elle soit écrite ou audio-visuelle, commet chaque dimanche une chronique généralement vineuse et toujours bien sentie dans le quotidien belge La Dernière Heure. Alias: La DH.

Derrière la fantaisie d'Eric se cache une vraie connaissance et l'envie de la partager; ses qualités de vulgarisateur ne sont plus à démontrer. J'ai souvent publié ici des extraits de ces billets, et je m'en félicite.

Aussi ne suis-je sans doute pas le mieux placé pour commenter le fait que La DH ait choisi de se passer des services d'Eric.

Mais comme journaliste, je peux, sans outrepasser les bons usages, ni être taxé de copinage, me montrer étonné de la qualité du remplaçant d'Eric.

Qualité, non au sens humain ni au sens du travail livré, mais au sens de la profession: il s'agit en effet d'un importateur.
Sans spéculer en rien sur la compétence ni sur les efforts d'objectivité de ce dernier, il me semble que la fonction n'est guère compatible avec la tenue d'une chronique destinée à éclairer le consommateur dans ses choix.

Au delà du cas d'Eric, je constate que la chronique vineuse est de plus en plus envahie par des gens dont je me dis qu'ils n'ont rien à y faire. Qu'ils tiennent leur blog (à titre désintéressé ou non) et qu'ils donnent leur sentiment dans la presse dans le cadre d'interviews, ès qualités, ne me gêne pas. Je suis pour la liberté d'expression.

Mais qu'on leur confie une rubrique, qu'un journal pratique cette confusion des genres, me désole.

Avons-nous failli à ce point? Sommes-nous si mauvais?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |

28 mars 2012

In memoriam

Reçu ce matin de mon confrère du Québec Guénaël Revel:

Kazuyoshi Kogai vient de s’éteindre au Japon.
Il fut le premier président asiatique de la Sommellerie Internationale. C'est grâce à lui et son équipe que l'Association de la Sommellerie Internationale (ASI) est toujours active et plus solide aujourd'hui.
Il l'avait reprise en période de crise, son mandat fut complexe, il l'a rempli de belle façon.
Il a su placer à sa suite l'un des meilleurs parmi nous, Shinya Tasaki, Meilleur sommelier du monde en 1995.
Il avait suivi des études sur le vin en France, il fumait des Gauloises, car elles représentaient la France qu'il adorait.
À la fois discret et efficace comme tout japonais, ses poses "sommeil" dans nos réunions amusaient tout le monde, la Canada avait soutenu toutes ses propositions. Il m'a laissé sa cravate et son épinglette de sommelier japonais en souvenir de nos heureuses rencontres.

medaille-kogai.jpg

Kazuyoshi Kogai


Je suis triste, comme beaucoup de sommeliers dans le monde aujourd’hui.
J’ai pu lui écrire à quelques occasions, toutefois je regrette de ne pas l'avoir fait récemment afin de prendre des nouvelles de sa santé. C'est souvent comme ça la vie...

Le Japon viticole, le japon de la restauration sont en deuil. Les sommeliers canadiens aussi. En leurs noms, voici mes hommages présentés aux proches de la famille.

À toute à l'heure Kazuyoshi, laisse le saké sur la glace, on le prendra frappé, comme d'habitude.

Guénaël Revel

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |