01 mars 2016

Eric, reviens, il sont devenus flous!

Lu sous la plume de Geoffroy van Lede, le nouveau Monsieur Vin du Soir (je n'ai pas d'avis sur lui, je ne l'ai jamais vu):

"Si vous arrivez à différencier les vins entre ceux que vous aimez et ceux que vous n’aimez pas, vos connaissances sont largement suffisantes. Le reste, c’est de la littérature qui ne sert qu’à se gausser entre membres d’un cercle de dégustateurs ennuyants".

Là, j'ai un avis. D'abord, on ne dit pas ennuyants mais ennuyeux.

Et surtout, pour le reste, je trouve l'argumentation un peu facile.

Pour le vin, c'est un peu comme pour le vélo, un peu d'apprentissage s'impose. Et ça n'a rien à voir avec l'envie de faire de la littérature ou le fait de se gausser. On peut très bien garder sa "science" pour soi. Se taire en dégustant. Ne pas bassiner ses amis. Mais plus on en sait sur le vin qu'on boit, sur sa provenance, la façon dont il est fait, plus on prend du recul par rapport à ses propres goûts; et plus on est apte à apprécier la diversité du monde du vin. Il arrive même, alors, qu'on apprécie les vins pour ce qu'ils sont, même ceux qu'on aime moins. 

Bref, M. van Lede, cher confrère, on peut avoir envie de démystifier, de vulgariser, quitte à "casser du cuistre", sans pour autant devoir tomber dans la facilité, le floutage, le "tout se vaut pourvu qu'on aime"...

Au Soir, naguère encore, un certain Boschman faisait cela très bien.

 

17:38 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

04 février 2016

La vigne, chimique et poétique

Voyage de presse dans le Sud de la France.

Je marche dans la garrigue, avec un groupe de confrères et un chef de culture. Un vent vif m'apporte ses mots. "Cathionique", "fercal", "pH", "réductif", "chlorotique", "niveau d'altération de la roche mère"...

D'habitude je m'intéresse, je tente de déchiffrer. Moi qui n'ai aucune formation scientifique, j'aimerais tant comprendre!  

Le comment, le pourquoi, la vie de la plante vigne. C'est sûrement très important. C'est à la base de tout.

Malheureusement, à quelques pas de là, un collègue pérore; lui sait tout.

IMG_8279.jpg

Je décroche.

J'aime les paysages de vignes. J'aime les voir frissonner dans le vent de l'automne, ou bourgeonner au soleil du printemps. J'aime les cailloux qui roulent ou craquent sous mes pas. J'aime l'alignement des rangs lorsqu'ils épousent le relief et ses courbes, ou qu'ils le prennent d'assaut, au contraire. De face ou de biais.

J'aime les coteaux, les perspectives, le sentiment d'espace, le bel ordonnancement des vignes qui font comme un grand peigne au flanc des collines et jusqu'en lisière des forêts. Comment imaginer les Corbières sans vignes? Quelle nudité, quel désert ce serait! Comment imaginer la Bourgogne et ses Côtes sans vignes? Quelle tristesse ce serait!

Je ne sais rien de ce qui se passe dans le sol, ce qui apporte ou pas les nutriments ou les arômes au raisin.

Et vous savez quoi? A cet instant précis, je m'en fiche.

 

00:56 Écrit par Hervé Lalau dans France, Pour rire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |