30 juillet 2012

Jeux Priapiques: débranche-tout et bois un bon coup de Lisson

Une compétition sportive d’envergure internationale a débuté voici quelques jours dans une grande ville de Grande-Bretagne que je préfère ne pas citer. Chroniques Vineuses se refuse à lui faire une quelconque publicité.

L’idéal de fraternité et de gratuité qui a présidé à l’instauration de cette compétition, à la fin du 19ème siècle, n’est plus qu’un vague souvenir - l’amateurisme a disparu des radars. Et les grands sponsors qui cofinancent cette démesure mercantile n’ont rien à voir avec un quelconque mode de vie sportif (que les entraineurs nous expliquent comment le fast food, la bière et le cola peuvent entrer dans la préparation d’une épreuve sportive!).

Si je vous en parle quand même ici, c’est pour vous inciter à refuser ce régime abrutissant; il a envahi nos télévisions, nos journaux, nos radios; et avec lui, une vague de chauvinisme débile – comme si la seule raison de s’intéresser au BMX (oui, c’est un sport officiel) ou au badminton était qu’une équipe française, belge, suisse ou martienne y ait des chances de médailles. Dis, c'est qui qui a la plus grosse?

J’aurai tout de même une pensée émue pour les équipes féminines de certains pays arabes inscrites dans les épreuves de cyclisme: avec des roues voilées, elles seront indubitablement défavorisées. C’est mon côté égalitariste: un homme, une voix. Une femme, un voile.

Bref, si vous m’en croyez, déconnectez-vous de tout ce cirque marketing, de cette course à l’audience, de ce sportivement incorrect. Et profitez du bon air, faites du sport par vous même plutôt que par procuration, mangez et buvez bon. Ignorez les usines à fric pour privilégier les producteurs qui vous veulent vraiment du bien, ceux qui vivent sainement de leur travail, comme vous, je n'en doute pas. Chaque consommateur a un petit pouvoir: celui de choisir les produits qu’il consomme. Je suis ce que je mange, dit l’adage. Si chacun d'entre nous faisait vraiment en sorte que sa consommation lui ressemble, la malbouffe aurait du plomb dans l’air, de même que pas mal de multinationales de la délocalisation.

La Californie a interdit le gavage des oies – pour ma part, je demande l'interdiction du gavage des pauvres téléspectateurs; et avec lui, l’étalage de graisses, d’intolérance crasse et de réclame éhontée en provenance des bords de la Tamise, ces derniers jours.

IMG_0302.jpg

Bon, on se calme et on ouvre une bonne bouteille.

Je lève mon verre de Clos des Cèdres à la santé de tous les vrais sportifs. Iris, au Lisson, ne sponsorise aucune épreuve des Jeux Priapiques, elle sponsorise le plaisir, un plaisir épicé, long et direct.

 

PS. Vous me direz que c'est un peu facile de critiquer. Peut-être. Mais ce qui me paraît le plus facile, c'est le financement de ce type d'organisations. Peu importe l'ardoise qu'elles laissent, sans parler des infrastructures inutiles, peu importe la conjoncture économique, elles trouvent toujours des bailleurs de fonds, ne seraient-ce que les gouvernements. C'est aux contribuables qu'on devrait donner une médaille!

PS 2. Même certains Anglais s'en rendent compte, voyez ICI

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Allemagne, Grande-Bretagne, Pour rire, Vins de tous pays | Tags : jeux priapiques | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

27 juillet 2012

Buvez, nous faisons le reste!

Pour les 20 ans d'In Vino Veritas, je parcours les archives à la recherche de quelques articles illustrant l'évolution du vin et de la presse qui s'y rapporte.

Et voici que je tombe sur un de mes propres textes, publié comme édito dans le n° de mai 2002. Il y a 10 ans déjà.

Je l'avais complétement oublié, celui-là. Mais je le re-signerais bien.

Je ne sais plus du tout à quelle affaire de fraude il faisait référence, mais sur le fond, je pense qu'il est toujours d'actualité. Alors le voici, c'est cadeau!

Buvez, nous faisons le reste

Une fois tous les 900 ans! C'est la fréquence à laquelle un viticulteur français peut s'attendre à être contrôlé en matière d'appellations d'origine, d'après un confrère journaliste invité par France Inter pour un débat contradictoire. Le représentant de l'INAO sur le plateau n'a pas démenti, et l'on remarquera que la plupart des affaires de fraude mises au jour dernièrement proviennent de dénonciations.

Faute d'arguments plus probants, un des chantres des AOC bordelaises a préféré déplacer le débat... et fustiger le journaliste! Quel besoin avait-il, en effet, ce fouineur, de mettre en doute l'efficacité de l'administration jacobine et de salir l'honnête proffesion d'assembleur!

Que les petits scribouillards laissent aux grandes personnes le soin de gérer leurs stocks en paix! Goûtez, buvez, pissez votre copie et nous ferons le reste!

Mais le plus édifiant, dans cette émission, fut la réaction d'un viticulteur languedocien de base, déplorant la rigueur de la réglementation fraçaise face au laisser-faire des pays du Nouveau Monde "On ne nous laisse pas jouer à armes égales".

Je voudrais ici le rassurer sur ce point: la réglementation française a surtout pour objet d'effrayer les gogos.

Pour le reste, il y a des arrangements...

Au dessus d'un certain volume, d'une certaine notoriété et de certains appuis, il n'y a plus de scandales.

Hervé LALAU

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |