11 octobre 2013

Vignerons de Carthage: le ministre a bel et bien outrepassé ses droits

Peut-être vous rappelez-vous de cette histoire extraordinaire du ministre de l'agriculture tunisien qui avait décidé, en avril dernier, de dissoudre le conseil d'administration du plus gros producteur de vin en Tunisie, Les Vignerons de Carthage.

Un recours avait été déposé par l'entreprise devant le tribunal administratif de Tunis et celui-ci vient de rendre son verdict, déclarant la décision du ministre "nulle et non avenue". La société peut donc poursuivre ses activités avec le même Conseil d’administration. Le droit a prévalu.

Cependant, Les Vignerons de Carthage, dont l'image à été ternie par cette affaire, et dont les membres ont subi de graves répercussions financières (les banques ne voulaient plus financer la récolte) ne comptent pas en rester là: une demande d'indemnisation devrait être déposée, en plus de la plainte au fond, qui vise le ministre Ben Salem pour abus de pouvoir.

L'avocat des Vignerons de Carthage a bon espoir de voir cette requête aboutir, et une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, pour les vignerons, il est probable que M. Ben Salem ne sera plus ministre au moment où elle sera rendue.

09:36 Écrit par Hervé Lalau dans Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

24 septembre 2013

Les Syrahs de Shadrapa

Me revoici en Tunisie!

Au Domaine Raouda/Shadrapa (Castel), près de Béja, Pilar Rodrigo continue son petit bonhomme de chemin.

Son rosé de grenache gris (le Désir) est toujours aussi gourmand - oserai-je dire sensuel?

Son Domaine Phénicia Chardonnay 2012, lui, est gras à souhait sous la tension acide - plus équilibré, plus construit, il m'a plus séduit que l'édition 2011.

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Le Chardonnay 2012 du Domaine Phénicia

Quant à son Domaine Phénicia rouge 2010 (Cabernet-Merlot), il confirme tout le bien que je pensais de son 2008, et de la qualité de ses cabernets en général - aucune verdeur, des tannins souples, du fruit mûr mais sans excès.

Mais la meilleure surprise de cette visite, ce sont ses jeunes syrahs - le millésime 2012, encore en fut ou en cuve selon les cas.

Le fruit noir, les épices, le jus, les tannins charnus, tout est en place pour réaliser une cuvée d'exception. Le vin de prestige qui pourrait doper la notoriété de la cave, et au-delà, la Medjerda.

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Sur les bords de la Medjerda, on voit toujours des oliviers et depuis peu, des vignes...

A défaut d'AOC, cette belle région de l'intérieur du pays, aux conditions climatiques et à la palette de sols intéressants, présente un beau potentiel.

Castel a eu beaucoup de flair, en achetant ce domaine, et en recrutant cette oenologue.

Pour l'instant, les vins de Shadrapa (le Dieu qui guérissait parr le vin!) et de Phénicia font surtout les délices des Tunisiens et des touristes. Gageons qu'un jour, on pourra les apprécier chez nous...

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |