06 mars 2010

Le casse-tête suisse

Dans le dernier numéro du Journal Viticole Suisse, Pierre Thomas s'interroge sur les notions de crus en Valais et en Vaud. Nous aussi - d'autant qu'il faut vraiment avoir fait Math Sup pour piger quelque chose aux subtilités des lois cantonales, à moins bien sûr d'être tombé tout petit dans une cuve de chasselas.

A comparer, notre législation européenne sur les IGP/AOP paraît presque simplette.

A vous de voir, c'est ici, je ne fournis pas l'aspirine...

 

 

17:41 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 février 2010

Une idée noire? Chasselas!

Je le confesse, j'ai médit naguère du Chasselas. Du Chasselas suisse, en particulier. Mais où en trouve-t-on encore ailleurs, sinon à Crépy, en Alsace et un peu à Pouilly, où il n'est pas de taille à lutter avec le très international (et très aromatique) sauvignon?

Si j'ai médit de lui, c'est justement parceque je lui reprochait son manque d'expression. Sa neutralité si suisse. J'ai toujours en mémoire une verticale d'anthologie, de 20 ans d'un Chasselas de Grand Cru vaudois, où mes pauvres papilles étaient restées en berne (capitale fédérale). J'ai même ironisé en cette occasion sur les aptitudes innées de mes voisins de table - vaudois, pour la plupart, et qui parvenaient à trouver dans les mêmes vins que moi des arômes invraisemblables.

Dieu que je me repends.

Jardins du Léman

Les jolis Jardins du Léman

 

D'abord, parce que quelques années plus tard, j'ai rencontré à Lavaux des Chasselas tout à fait édifiants. Purs, ciselés, tranchants comme la grande lame d'un couteau suisse. Sans oublier leurs voisins valaisans, les Fendants, dont les meilleurs tirent de leur terroir et de leur soleil une profondeur insoupçonnée. 

Et puis, parce je suis sans cesse harcelé par M. Chasselas en personne, l'ambassadeur officiel de la Chasselasie occidentale, j'ai nommé Yves Paquier. Je le croise à Québec, il me parle de Chasselas. Il me raille, il me tarabuste. Je le rencontre à Montpellier, il me donne une bouteille. A moi qui ne lui ai rien fait.  Alors trop c'est trop, j'ai ouvert la bouteille. 

Cela s'appelle Jardins du Léman. C'est bouché liège - presque une curiosité, en Helvétie. Et, là encore, cela n'a pas grand chose avec l'idée que je me faisais de la neutralité. 

Il s'agit d'une sélection de chasselas de coteaux. Au nez, c'est frais, friand, avec des fleurs blanches et des herbes de cuisine qui dévalent le jardin en pente, jusqu'au lac. Mais le vin est plus dense qu'il n'y paraît sous ses faux airs de danseuse étoile. La bouche, ample et souple, vous emmène loin, peut-être pas jusqu'à l'autre rive, mais loin quand même. La finale présente une légère note d'amertume, qui la prolonge. Le tout évoque une belle journée de mai aux abords de Morges, quand le lac étincelle sous les feux de Phébus.

A rendements raisonnables, ce cépage serait-il finalement un excellent révélateur de terroir? Et du soin apporté à sa culture? 

Bref, j'ai apparié ce joli vin de jardinier et une volaille de ferme, sans sauce. Cela fonctionne parfaitement. A mon sens, ce Chasselas-là est d'ailleurs plus un vin de repas qu'un vin d'apéro. Mais qui suis-je pour vous dicter votre conduite...

Bref, comme dit l'ami Yves, "Une idée noire? Chasselas!"

Pour en savoir plus: yves.paquier@bluewin.ch

00:25 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |