19 décembre 2010

En Suisse, on supprime une AOC!

Joli contraste! Alors que la France et l'Italie multiplient leurs AOC, la Suisse fait tache: d'un trait de plume, Berne vient de rayer Vully de sa liste d'appellations viticoles. Faute d'accord entre les deux cantons censés se partager l'aire d'appellation sur l'encadrement de la production. Mon confrère Pierre Thomas vous explique ça beaucoup mieux que moi. C'est ici

villars-sous-yens.jpgLausanne promeut, mais Berne supprime...

Bien sûr, c'est un cas d'espèce. Bien sûr, on ne peut pas généraliser. Bien sûr, la Suisse n'a pas de leçons à nous donner.

Mais franchement, vous, si vous étiez à la tête de l'INAO, vous les garderiez toutes, nos AOC françaises?

J'en appelle à la démocratie participative. Puisqu'il existe une procédure, longue et ardue, pour faire reconnaître une nouvelle AOC, il doit sûrement en exister une autre, d'initiative populaire, par exemple, pour supprimer celles qui ne répondent pas à leur objet. A savoir, la garantie d'une authenticité, mais aussi, depuis que l'INAO est l'INOQ (Institut National de l'origine et de la Qualité), la garantie d'une qualité. Après tout, ces labels sont censés nous protéger, nous, les consommateurs...

Vous pouvez me fournir des noms d'AOC à rayer, je transmettrai. En toute confidentialité. Encore une vertu suisse.

En attendant, je retiens le slogan du vin vaudois: "l'excellence des terroirs". Plus qu'un slogan, une promesse qui me rappelle le projet de feu René Renou et ses "AOC d'excellence". Je cite le commentaire de l'époque, paru sur Vitinet: "le consommateur risque d'être encore plus désorienté face à une "super AOC" présentée comme "d'excellence" et pouvant peut-être jeter le doute sur la qualité des AOC "basiques".

Deux observations.

Primo, le projet n'a pas vu le jour, mais le doute sur les AOC basiques n'a jamais été aussi grand. En fait, à mon sens, une AOC ne peut pas être "basique", puisqu'elle nous promet une spécificité,  un caractère inimitable, ce qui fait que Marlborough (NZ) ne sera jamais Sancerre (Berry).

Secundo, faute de segmentation qualitative officielle au sein d'une offre d'AOC pléthorique, il s'en est créé une autre: une segmentation empirique, liée au commerce, à la puissance de feu de la communication. A ce jeu-là, ce n'est pas la qualité qui prime, c'est le cours du tonneau, le niveau des enchères, la médiatisation des châteaux, des vignerons, des propriétaires. Parallèlement, les classements, qui représentaient une autre forme de hiérarchisation ont été remis en cause devant les tribunaux.

Certes, ils n'étaient pas exempts de reproches. Mais ils avaient le mérite d'exister. A se demander si aujourd'hui, dans la France post-moderne du "pourquoi pas moi?", du "tous en première classe" et du "parlez-vous Médiatique?", on accepte encore une quelconque forme de hiérarchisation. On donnera bientôt le bac. Pourquoi pas l'AOC?

Il ne faut désespérer ni Billancourt, ni les Tarterets, ni Vallet, ni Lézignan.

On peut juste désespérer les consommateurs quant au contenu réel des mentions, mais ça, ce n'est pas aussi grave.

 

00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Tags : aoc, vins, vignobles | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

07 octobre 2010

Testez la teneur en polyphénols de votre bouteille de vin!

Une équipe suisse de l'École Polytechnique de Lausanne, alliée à des universitaires américains de Stanford, a mis au point une machine permettant de tester rapidement le niveau de polyphénols dans une boutelle de vin.

L'appareil, qui n'est pas plus grand qu'une boîte d'allumettes, fonctionne avec des bandelettes de test, un peu comme les appareils de mesure glycémiques des diabétiques. Il suffit de déposer une goutte du vin sur la bandelette.

La machine devrait être lancée assez rapidement en France par le la firme Diagnogène, au prix de 2.000 euros environ.

Marché visé en priorité: les producteurs, qui pourraient vouloir augmenter la teneur en polyphénols de leur vin (rouge), afin d'en faire un argument de vente. Mais une version pour les particuliers pourrait également voir le jour.

A toutes fins utiles: je ne suis pas intéressé. Je ne consomme pas du vin pour raisons médicales.

A tout prendre, je préfererais une machine permettant d'identifier la provenance réelle des vins. Bizarre que l'équipe de Lausanne ne se soit pas penchée sur le sujet. Les AOC vaudoises sont de vrais patchworks où il est difficile de quantifier le pourcentage de vin effectivement produit dans l'aire d'appellation. Il y avait là un beau défi pour les chercheurs...

00:01 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |