14 avril 2012

Arvinis 2012

Du 18 au 23 avril 2012, à Morges (Canton de Vaud), se tiendra Arvinis, le plus grand salon du vin en Suisse romande.

Pour cette dix-septième édition, la manifestation a pour hôte d'honneur Swiss Wine Promotion et les vins suisses.

L'occasion de belles découvertes.

Plus d'info: http://www.arvinis.com/

 


11:38 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 janvier 2012

En parlant de Lavaux...

Voici quelques jours, je vous parlais de Lavaux, ce superbe vignoble lémanique classé par l'UNESCO. J'ai eu la chance de le visiter au printemps 2009, à l'occasion du salon Arvinis de Morges, sous la houlette d'Alexandre Truffer.

Comme je compte y retourner, la révision n'est pas inutile, même si, sans doute, les millésimes cités sont épuisés - non seulement les Suisses exportent peu, mais en plus, ils boivent vite, trop vite leurs jolis blancs...

Bien sûr, je ne prétends pas à l'exhaustivité: qui pourrait dire qu'il a "fait le tour" d'une région en l'ayant visité deux fois? Pas moi. Pour approfondir, je vous conseille plutôt les excellents sites de mes amis Laurent Probst (Vins Condédérés, ICI) et Alexandre Truffer (Romanduvin, ICI)

Lavaux.jpgSacré vignoble, et sacrée pente, à Lavaux! (Photo H. Lalau)

Lavaux et le Vaud

Le Pays de Vaud est un des cinq grands cantons viticoles suisses, avec le Valais, le Tessin, Genève et Neuchâtel. Il compte quelque 3.900 ha de vigne (le vignoble suisse dans son ensemble en représente 15.000, soit moins que l’Alsace  ou la DO Valencia).

Le vignoble vaudois commence aux portes de Genève, à l’Ouest, pour se terminer en Chablais, face à Montreux – à l’exception du petit ensemble de la Côte de l’Orbe, il suit donc la courbe du lac Léman. Sa partie la plus fameuse, Lavaux, a reçu voici quelques mois une consécration : il a été classé à l’inventaire du Patrimoine Mondial de l’Unesco, au titre de ses paysages façonnés par l’homme – des milliers de murets retenant la terre le long d’une falaise abrupte défriché par les moines de Cîteaux voici 900 ans environ.

Longtemps, le vignoble vaudois s’est consacré à un seul cépage, le chasselas. S’il reste le plus répandu, il a été rejoint dans les années 80 par une multitude de cépages blancs et rouges, soit importés (notamment les grands cépages français, comme le pinot noir, le chardonnay, la syrah ou le merlot), soit issus de croisements réalisés à la station de Changins ; le gamaret et le garanoir, par exemple, sont nés là. Ces dernières années, on assiste cependant à un retour de balancier ; on se met à replanter du chasselas. Les Vaudois sont écartelés entre deux démarches: pour satisfaire la demande locale, ils doivent offrir un minimum de variété, en blanc comme en rouge (les tarifs de certains propriétaires, pourtant petits, comportent facilement une quinzaine de vins !) ; mais leur véritable spécificité, c’est dans le chasselas qu’ils la trouvent. Il faut dire que ce cépage, plutôt neutre est un excellent révélateur de terroirs. S’il n’a jamais la puissance aromatique de cépages comme le sauvignon, ou même le pinot gris, il peut, dans les bons terroirs, et à des rendements raisonnables, trouver son équilibre sur la fraîcheur et sur une belle charpente minérale. La patte du vigneron compte également, évidemment ; les vins suisses sont généralement très propres, à l’image du pays. Parfois un peu trop lisses, cependant, et les meilleures réussites s’obtiennent quand l’homme laisse parler son raisin, acceptant sa part de vivacité, voire d’aspérités.

Il y a pourtant matière à se différencier, car les sols du vignoble vaudois, issus d’une géologie tourmentée (soulèvement alpin, moraines glacières, érosion, éboulements…) sont très variés. Près du lac, les terres sont graveleuses, plutôt légères ; dans le haut du vignoble, par contre, elles sont plutôt lourdes. Le Chablais fait exception à la règle, avec des sols pierreux et calcaires.

Ajoutez-y l’influence de l’exposition, les courants d’air, la proximité des masses d’eaux, et vous découvrez tout un petit monde de micro-terroirs.

Aucune excuse, donc, pour les cuvées diluées, molles et aseptisées qui font le lot de trop de producteurs ; ceux-là se contentent de vivre sur la rente de situation que constitue encore un marché protégé. Heureusement, il y en a d’autres, qui eux, élaborent des vins qui suscitent l’Emotion. Ce sont ces derniers, bien sûr, qu’on vous passe en revue…

Les 3878 ha du vignoble sont répartis sur 4 régions :

-la Côte, de Nyon à Lausanne (2000 ha environ)

-Lavaux, de Lausanne à Chillon (831 ha)

-Le Chablais (160 ha)  entre Villeneuve et Bex

-la Côte de l'Orbe (167 ha) et de Bonvillars (196 ha), les rives du lac de Neuchâtel et du Vully (48 ha)

100_0389.JPGVous avez déjà vendangé en monorail? (Photo H. Lalau)

La Côte 

Quand on parle de La Côte, en Suisse, on ne pense ni à Beaune ni à Nuits, mais au plus grand vignoble de  l’«arc lémanique», de Genève à Lausanne, soit 45km environ ; cette Côte-là compte abrite 13 appellations communales comme Aubonne, Féchy, Mont sur Rolle, Morges, Nyon ou Vinzel.

Châtagneréaz et Château de Vufflens

Ces deux Châteaux font partie de l’association « Clos, Domaines et Châteaux», qui regroupe, comme son nom l’indique, des vignobles historiques du pays de Vaud, hérités de domaines nobles ou monacaux – ils sont actuellement 19.

Château de Vufflens Chasselas 2008 (Maison Bolle, Schenk)

Forteresse impressionnante aux petits airs de castello toscan, le Château de Vuffens surplombe de son donjon 8 ha de vignoble argilo-calcaire qui bénéficient d’une appellation propre. Ce chasselas présente citronnelle et acacia au nez, belle concentration en bouche – surtout, pas mal d’acidité pour un chasselas, ce qui lui confère une belle charpente et un goût de «revenez-y». 15/20

Château de Châtagneréaz 2008 (Mont sur Rolle)

Propriété et vitrine suisse du groupe Schenk, ce domaine de 14 hectares  presque d'un seul tenant est très bien exposé, au coeur de la «Bonne Côte» vaudoise ; ceps en taille courte, à forte densité de plantation (11.000 pieds/ha). Au nez, de très beaux arômes d’agrumes, de camomille et de miel. En bouche, beaucoup de gras, une touche d’amertume, belle longueur, finale sur le miel et le tilleul. Un vin direct, très franc  16/20

 

Château Le Rosey (Bursin)

Ce château moyenâgeux privé, naguère partagé entre deux propriétaires, et récemment remembré sous la houlette de Pierre Bouvier, est aujourd’hui devenu un «Relais Viticole», recevant des hôtes, familles ou entreprises. La partie vinicole (4,5 ha) reste la vitrine de l’entreprise. Les vignes certifiées «Vinatura » (agriculture raisonnée), sont plantées sur des coteaux argilo-calcaires exposés au sud et regardent le Léman. Les vins sont très travaillés, l’habillage très étudié, Pierre Bouvier a le sens de la mise en scène. Le Rosey ne propose pas moins de 15 vins différents, issus de 9 cépages.

Côté Nil 2008

Un vent d’exotisme souffle sur ce chasselas, mangue, ananas, pamplemousse. La bouche est ronde, la finale souple. Rien ne dépasse. 14/20

Gamay 2006 (Cuvée inox)

Violette, réglisse au nez cuir, tannins fins, mais belle puissance en bouche, finale sur des notes de cuir et de torréfaction, l’ensemble reste très maîtrisé 14/20

Ganaroir 2007

Fruit noir et épices au nez (poivre vert, coriandre), bien structuré en bouche, sans doute le plus personnel des vins de la gamme 15/20

Lavaux 

Lavaux, c’est d’abord un paysage d’une  beauté à couper le souffle, les eaux bleues du lac qui ourlent un manteau de vignes tombant d’une falaise à l’assaut duquel partent des vignes accrochées aux restanques, «la plus belle des cathédrales», comme disait Potterat, vigneron et poète à ses heures; un vignoble perpétué de génération en génération à la sueur du front : non seulement les travaux des vignes sont épuisants (on utilise même de petits monorails à crémaillère pour dompter la pente),mais il fait également constamment entretenir les murets qui retiennent la terre, pour empêcher les pierres de tomber, et l’érosion s’emporter les vignes avec elles. Voici notre sélection, opérée face au lac – on a connu pire, comme cadre de dégustation…

La République Epesses 2008 (Caves Fonjallaz)

Issu d’un terrain plus argileux, au centre de Lavaux, ce vin présente un fruit très explosif (pamplemousse), mêlée à quelques notes de miel, la bouche est complexe et bien soutenue par la minéralité ; un petit peu d’amertume en finale relance encore l’intérêt. Très beau vin 16/20

Dézaley Grand Cru «Les Côtes Dessus» 2007, Domaine Monachon

Fruits jaunes bien mûrs, notes de tilleul, de pétrole (léger) et de levure de bière, amertume plaisante – le vin a été élevé sur lies. Très beau blanc de repas 16/20

Le Châtelard 2008 , Domaine Berthet

Notes de tilleul et de camomille au premier, nez, à l’agitation, les fruits jaunes arrivent comme une belle loco suisse, rutilants ; la bouche, très droite présente une  belle amertume. 14,5/20

Calamin Grand Cru 2008 (Caves Fonjallaz)

Un cru plus solaire, sur graviers ; le vin s’en ressent, le nez est bien mûr, la bouche pleine, ample, opulente. Vin de repas. 14,5/20

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En allant à Rivaz (Photo H. Lalau)

Yvorne

Nous sommes sur la rive Sud du lac Léman, en Chablais - entre France et Valais. Le terroir, issu d’un effondrement (le tremblement de terre de 1584), est très mélangé. Le climat, presque valaisan, présente une amplitude thermique très importante dans la journée, propice au développement des arômes.

La  dénomination (160 ha) abrite une coopérative de qualité, qui vinifie la production de 55 ha.  Les coopérateurs sont tenus d’apporter toute leur récolte à la cave, le cahier des charges prévoit au moins 4 contrôles par an, avec une précision toute helvétique – mais le consommateur n’a pas à s’en plaindre

Vigne d’Or Chasselas 2007, Artisans Vignerons d’Yvorne

Vin issu de vieilles vignes à rendement modéré (45-50 hl), plutôt concentré pour un chasselas.

Notes de tilleul, de pomme bien mûre, de mangue; pas mal de gras en bouche, jolies notes de pierre-à-fusil. 14,5/20

Yvorne, Chasselas Elevé sur Lies 2007, Artisans Vignerons d’Yvorne

Le premier nez, sur les levures, est assez simple ; après un peu d’aération, des notes beaucoup plus complexes s’exhalent - camomille (manzanilla), citronnelle, mangue. La bouche est très pure, l’amertume finale est bienvenue. 15/20

Château de Maison Blanche Yvorne Grand Cru 1992

Comment le Chasselas vieillit-il ? Une réponse avec ce produit qui va sur ses 18 ans, issu d’un domaine planté en vignes depuis 4 siècles, aujourd’hui propriété du groupe Schenk.  7,7 ha presque intégralement plantés du cépage vaudois par excellence.Au nez, tilleul, acacia et foin coupé, très belles bouche de miel, longue, ample, riche mais pas fatigante. Un grand chasselas 16/20.


Coordonnées

Château de Châtagneréaz, Château de Vufflens, Château de Maison Blanche : Schenk SA, Rolle, +41 21 822 02 02.

Artisans Vignerons d’Yvorne +41 24 466 23 44/84 http://www.avy.ch/

Château Le Rosey, Pierre Bouvier, +41 21 824 14 49, http://www.lerosey.ch/

La République Epesses, Patrick Fonjallaz, +41 21 799 14 44 http://www.patrick-fonjallaz.ch

Domaine Monachon/Cave Derrey Jeu, Pierre Monachon, +41 21 946 37 91

Le Châtelard, Laurent Berthet +41 21 799 36 21, http://www.vins-berthet.ch/

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Tags : suisse, lavaux, unesco | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |