22 mai 2012

Mara, l'ami du peuple (suisse)

Vous connaissez le Mara? Moi non plus, jusqu'à ce matin. C'est un cépage suisse, né à Changins de parents connus, le Gamay et le Reichensteiner (oui, comme le Gamaret et le Garanoir). Il présente un fort potentiel polyphénolique, mais également un bon potentiel d'accumulation des sucres. Croisement obtenu en 1970, il a fait l'objet d'un examen poussé, et n'est disponible chez les pépiniéristes suisses que depuis 2008.

Laurent Probst, de Vins Confédérés, nous en dit grand bien, car il en a bu sur le salon Arvinis:

Domaine de Marcelin (École Vaudoise de Viticulture) Mara 2010: du pur Mara (un cépage rencontré la première fois chez Pierre Monachon qui le destine à son assemblage Manus Extrema, à l’époque il ne possédait pas encore de nom officiel et s’appelait encore C41, son nom de code donné par le RAC de Changins): élevage en barrique assez marqué au nez. Les rendements sont limités à 600gr/m2. Fruité sur de petites baies noires (le sureau tout particulièrement), un vin tannique et fin, à la fois souple et concentré. Belle longueur, très apprécié.

Plus d'info ICI

 

00:36 Écrit par Hervé Lalau dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

06 mai 2012

Où l'on reparle des Grands Crus

Trop laxistes, les Grands Crus, en France?

Comparons donc un peu avec ce qui se fait en Suisse, et plus spécifiquement en Vaud.

Dans ce charmant canton romand, la mention Grand Cru "est réservée aux vins bénéficiant d’une mention de lieu de production ou de commune et issus au moins à 90% de raisins récoltés sur le lieu de production ou de la commune et 10% au plus de raisins provenant d’un autre lieu de production de la même région.

La teneur naturelle en sucre doit être au minimum supérieure de 5°Oe. La mention du millésime est obligatoire".

Pas vraiment rassurés? Il faut vous dire que pour les AOC simples, en Vaud, on peut déclarer sous un nom de commune avec seulement 60% de raisins issus de la commune. En comparaison, les 90% du Grand Cru paraissent presque rigoureux...

Mais il y a encore une catégorie au-dessus: le Premier Grand Cru.

Là, on ne rigole pas, cette appellation est délivrée par une commission ad hoc, la commission des Premiers Grands Crus.

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Lavaux, en Vaud

La sélection se fait sur des critères  pédoclimatiques et de pratiques viticoles (min 6.000 pieds/ha, vendanges manuelles). Les cépages acceptés sont le Chasselas, le Pinot noir et le Gamay.
Le rendement ne doit pas dépasser 0,8lt/m2 pour les chasselas et 0,64lt/m2 pour les pinots et gamay.

Assemblage et coupage sont interdits (cela paraît évident, mais en AOC simple, on peut couper blanc et rouge).

Les teneurs en sucre minimums sont les suivantes :

  • Chasselas : 75 °Oe
  • Gamay : 80°Oe
  • Pinot noir : 85°Oe

La vinification et la mise en bouteille doivent se faire dans le canton de Vaud.
La mention du millésime est obligatoire (apparemment, nos amis vaudois en font un argument qualitatif).

Comparaison n'est pas raison, bien sûr, les Suisses ont bien le droit se s'organiser à leur façon; mais avouez qu'il serait bon, au sein du monde francophone, au moins, qu'on s'accorde sur une bonne définition de termes aussi importants que celui de Grand Cru.


00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |