24 juillet 2009

Madeleine liquide

Jusqu'au 16ème siècle, la région toulousaine s'adonnait avec succès à la culture du pastel,  colorant bleu irremplaçable tout au long du Moyen-âge; ce qui en faisait le véritable Pays de Cocagne (de coque, pain de pastel). Des fortunes en sont nées.

Cette richesse transparaît dans le bâti, notamment en Lauragais et en Lomagne, qui prennent parfois quelques allures de Toscane.

Aujourd'hui, le pastel n'est plus qu'un souvenir, mais la région reste cependant un Pays de Cocagne pour au moins une raison: le bien manger.

Foie gras du Gers (et plus généralement, tous les produits dérivés de l'oie), ail de Lomagne, melon de Lectoure, tomates... j'en oublie, bien sûr.

Et il y a aussi les produits alcoolisés. L'Armagnac, le Floc, les vins de Fronton, de Sardos, de Gaillac, aussi, bien sûr!

 

Perlé

Vos perles, vous les voulez de Majorque, de Bru, ou de Gaillac?


Impossible de quitter la région sans déboucher à nouveau un vin qui est à lui seul tout un symbole de plaisir simple: la Gaillac Perlant.

J'ai choisi celui de la Cave de Labastide de Levis, le Perlé. Il paraît que c'est cette cave qui a été à l'origine de ce type de produit, en 1957.

Comment vous le décrire sans tomber dans le poncif?

Je ne peux pas dire que ce vin soit complexe. Le mauzac montre juste le bout de son nez - des notes riches qui évoquent le raisin mûr - pas si courant dans le vin, finalement. 

Mais friand, désaltérant, ça oui! Et son petit frizzant lui donne une note pointue qui vous requinque par une chaude soirée d'été

Bref, en famille, hier soir, ce vin nous a fait passer de bons souvenirs. A moi, il m'a rappellé une visite à Gaillac, dans les années 80. Je débutais dans le métier, j'avais fait un périple de Cahors à buzet en passant par Rabastens. J'ai rajeuni de quelques années, car ce vin, trente ans après, c'était le même. Ma madeleine liquide, Monsieur Proust...

Dites, je devrais peut-être en boire plus souvent?

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

20 juillet 2009

Vigoureux Fronton

Je continue mon exploration des richesses viticoles du Tarn-et-Garonne, et plus précisément du Fronton, avec un Château Baudare 2006, cuvée Tradition. C'est drôle, je me rappelle avoir visité cette proprité dan sles années 90, je débutais dans le journalisme vineux. J'avais rencontré là un Monsieur Vigouroux, et comme je venais de Cahors, je l'avais confondu avec son homonyme, négociant cadurcien bien connu.

 

claude

Claude Vigouroux


Pour revenir au vin, et bien, que vous en dire? C'est de la négrette, pour sûr, complétée de cabernet sauvignon  et de syrah. La couleur est donc soutenue, le nez se partage entre le réglisse de la négrette, et quelques notes de mûre; en bouche, c'est assez épicé, avec des nuances de vieux cuir; le boisé est présent, mais bien intégré. La finale est assez longue, les tannins suaves.

Il s'agit d'un vin bien travaillé, moins sauvage dans son expression négrette que le Château Marguerite dont je vous parlais voici quelques jours, mais digne de figurer dans une cave et sur une table de qualité.

La maison produit sept produits différents (deux blancs, un rosé et quatre rouges, dont un vieille vignes et une cuvée prestige); elle collectionne les trophées dans les concours.

08:52 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |