22 mai 2010

Un pour tous, tous pour Plaimont

Mon copain Marc et moi avons eu l'occasion voici peu de déguster une sélection de vins de la gamme de Plaimont, et notamment Colombelle, Grand Lilas, Château de Sabazan, Le Faîte et Saint Albert. Joli voyage, au paysage très varié, entre des blancs de fruit, des rouges tanniques et un liquoreux très pur.

Mais qui sont ces gens de Plaimont?

En Gascogne, pays du rugby et patrie de D’Artagnan, on sait que l’équipe est plus forte que ses individualités: c’est ainsi que Plaimont est né, fédérant les efforts et la passion de vignerons excentrés et abandonnés des médias.

C’était la fin des années 70; à l’époque, des noms comme Madiran, Pacherenc ou Saint Mont ne parlaient plus guère qu’aux consommateurs de la région et à quelques initiés.


30 ans plus tard, Plaimont s’exporte dans le monde entier, sa Colombelle est un des primeurs blancs les plus prisés en France ses domaines (Monastère de Saint Mont, Château de Sabazan…) en remontrent à des appellations bien plus connues pour la garde et la complexité; et ses cuvées de prestige (Le Faîte, en blanc et en rouge), font l’unanimité des aficionados.

Grâce à la pugnacité de ces fiers Gascons, des terroirs ont repris vie, des cépages oubliés ont regagné leur lettres de noblesse; tannat, manseng, arrufiac…

Fort de ses 600 apporteurs de raisin en Saint Mont, Plaimont vinifie à lui seul 90% de la production de cette appellation, soit environ 9 millions de bouteilles. Mais plus que le volume, c’est la politique de qualité qui est remarquable: à partir de ses domaines pilotes, Plaimont a initié une forte amélioration de la matière première, des méthodes longtemps réservées aux crus d’exception (vendanges en vert, sélection de parcelles…) ont été généralisées, avec comme résultat une amélioration constante du produit fini.
Et le marketing n’est pas en reste.

07:13 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 février 2010

Les 700 ans de l'Armagnac

Nous sommes en 1310. Les exécutions de Templiers se multiplient en France. Les Guelfes et les Gibelins s'affrontent en Italie. Venise et Constantinople signent un traité. Les Croisés s'emparent de Rhodes...

Pendant ce temps-là, dans un petit coin de Gascogne, un certain Vital Dufour, Prieur d'Eauze,  écrit un texte intitulé: "Les 40 vertus de l'Armagnac". C'est la première mention de l'Armagnac, ce qui en fait la plus vieille eau de vie de France.

700 ans plus tard, ce texte est toujours pieusement conservé aux archives vaticanes, et une délégation de producteurs va même se rendre au Saint Siège pour en obtenir une copie officielle.

 

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Chez Dartigalongue

 

Il faut dire que le Prieur attribue à l'Armagnac des qualités peu communes: selon lui, "il aiguise l'esprit si on en prend avec modération, il arrête les larmes de couler, il délie la langue et donne l'audace au timide, il guérit les hépatites si on en boit avec sobriété et l'onction fréquente d'un membre paralysé le rend à son état normal".

Malgré ces vertus et son antériorité, l'Armagnac n'est pas un produit de très grande diffusion: avec ses 6,5 millions de bouteilles, il est largement en deça du Cognac, et surtout du whisky.

C'est un produit de connaisseur, et sans doute ne faut-il que s'en plaindre qu'à moitié en termes de qualité. Les 800 producteurs que compte l'aire d'Appellation (y compris ses trois déclinaisons Ténarèze, Bas Armagnac et Haut Armagnac) espèrent tout de même séduire une clientèle moins âgée, et porter leurs ventes à 10 millions de bouteilles en trois ans.

06:53 Écrit par Hervé Lalau dans Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |