22 février 2016

La Quintessence du Château Majorel 2012

Joyau de la cave de Fronton, le domaine viticole du Château Majorel (propriété de la famillle Rigal)  comprend une quarantaine d'hectares centrés sur Pompignan; un terroir de graves et de boulbènes (sols lessivés mêlant argiles et sables).

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Cette cuvée Quintessence (un 2012) est élevée un an en fûts de chêne, mais la jolie négrette n'y perd heureusement pas son fruit mûr ni sa pointe de violette si toulousaine. Elle y gagne même, en bouche, un peu de suavité, ses tannins étant particulièrement bien fondus, sans oublier une belle finale bien fraîche, qui évoque la gentiane. Très beau travail d'oenologue, parfait à boire aujourd'hui, après un peu d'aération.

Voila encore une preuve que les vins du Sud-Ouest restent honteusement sous estimés: de Madiran à Irouléguy en passant par Cahors, Jurançon, Saint Mont, Gaillac ou Fronton, c'est une pépinière de belles bouteilles avec en par dessus le marché, bien souvent, un petit plus de caractère, cong!

Plus d'info: Vinovalie

09:10 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Tags : fronton, toulouse, négrette | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 février 2016

Où l'on reparle de la guerre des rosés

Le groupe Vinovalie a été condamné en première instance par le Tribunal d'Albi, pour avoir "procédé à des coupages de vins blancs avec des vins rouges pour l'obtention de rosés, sans que ces manipulations aient été portées sur des registres".

Du rouge et du blanc assemblés pour faire du rosé? Oui, comme au Chili; comme en Australie; comme aux Etats-Unis; comme en Afrique du Sud; comme en Champagne.

On pourrait même dire: comme en Provence, car la seule véritable différence, c'est le moment où on assemble.

Car vous n'êtes pas sans savoir, j'espère, que l'encépagement des Côtes de Provence rosés comprend quatre cépages blancs: la clairette B, le sémillon B, l'ugni blanc B et le vermentino B (ceux-ci ne pouvant dépasser, selon les cas, 10 ou 20% de l'encépagement).

Vous êtes sceptiques? Je vous donne le texte du décret de 2009 (désolé, je n'ai pu trouver le dernier en date, celui de 2013): 

1° Encépagement :

a) Les vins rouges et rosés sont issus des cépages suivants :

Cépages principaux : cinsaut N, grenache N, mourvèdre N, syrah N, tibouren N ;

Cépages accessoires : cabernet sauvignon N, carignan N, clairette B, semillon B, ugni blanc B, vermentino B.

L'astuce, c'est que l'assemblage doit se faire au stade raisin ou moût, et non après la fermentation.

Des gendarmes venant sans doute contrôler chaque cuve...

Tiens, même Tavel - une appellation 100% rosé qui ne manque pourtant pas de couleur, accepte des cépages bancs dans son encépagement, à savoir la clairette, le piquepoul  et le bourboulenc...

Bon, pour en revenir à Vinovalie (qui a fait appel): qui est lésé, dans cette histoire, à supposer que les accusations soient fondées? Les pingouins? Les piscinistes?

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Pas le consommateur, en tout cas. Juste une opinion personnelle: pour en avoir dégusté pas mal au Chili, le rosé d'assemblage est souvent meilleur, parce que le blanc lui donne de la fraîcheur. En plus, même pas besoin de décolorer...

Et si on s'occupait des vrais problèmes de qualité? 

16:01 Écrit par Hervé Lalau dans France, Sud-Ouest | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |